Association du hockey mineur de Chambly 

Chambly : sécurité mise en jeu dans un tournoi de hockey

Le tournoi de hockey du Chamblyen William Cormier a basculé en l’espace d’un instant, alors que le garçon de 12 ans a reçu un coup de patin à la tête, un geste délibéré de la part de son adversaire.

William Cormier participait au Tournoi M13 de Gatineau. Lors de la troisième rencontre de son équipe, les Rapides 1 de Chambly, il s’est échappé vers le filet. Un adversaire l’a fait trébucher et, en revenant vers lui, il lui a volontairement asséné un coup de patin à la tête, sous les yeux des parents du Chamblyen. La séquence a été filmée et a circulé en boucle sur les réseaux sociaux. Cynthia Wilson, mère de William, revient sur ces images. « Ça fait mal. C’est dur de voir notre enfant comme ça, se faire blesser intentionnellement », exprime-t-elle avec émotion.

Le Chamblyen de 12 ans a perdu connaissance lors de l’impact. La mère déplore l’absence de secours sur la glace. « L’entraîneur chef est allé chercher l’équipe de sécurité pour demander assistance. Il s’est fait dire qu’il n’y avait personne sur place », décrit Mme Wilson avec stupéfaction. Ce sont les entraîneurs qui sont intervenus en attendant l’arrivée des secours. Il n’était toutefois pas possible d’accéder à une civière. « Personne dans l’aréna ne savait où elle se trouvait. Tout le monde semblait se déresponsabiliser de tout ça », observe la mère. C’est finalement le père de William qui a dû trouver lui-même une civière, dans un local, au sous-sol de l’amphithéâtre. « C’est de la négligence, que personne ne soit au courant d’où se trouve le matériel. C’est une faute grave », considère Mme Wilson. Le match a été arrêté une quarantaine de minutes. Ce coup a sonné la fin du tournoi pour William. Après une nuit à l’hôpital, il est retourné à l’aréna pour encourager les siens, des gradins. Au moment d’écrire ces lignes, la famille suivait le protocole de commotion cérébrale avec William, qui vit des maux de tête ainsi que de la fatigue. Le garçon a d’ailleurs des antécédents à ce sujet. 

« On n’a pas besoin d’un comité pour voir que c’est inacceptable. » – Cynthia Wilson

Joueur suspendu

Sur la séquence, le joueur adverse a écopé de deux minutes de punition pour avoir fait trébucher, avant le coup à la tête. Deux minutes supplémentaires ont été ajoutées. Il a tout de même pu finir la partie et le tournoi avec son équipe. « Je ne suis pas une experte, mais il me semble que ces images parlent d’elles-mêmes. On n’a pas besoin d’un comité pour voir que c’est inacceptable, un geste comme ça. Le joueur adverse participait aux demi-finales pendant que mon fils était dans les estrades à cause de lui », s’indigne Cynthia Wilson. L’équipe adverse ne s’est pas adressée aux parents de William après l’incident.

Une révision de la séquence a été demandée à Hockey Québec (HQ). Dans ce cas-ci, la suspension automatique de trois matchs a été portée au joueur. « Personnellement, trois matchs pour le geste n’est pas assez quand on compare certains gestes moins violents qui sont des fois plus punis, si l’on se fie au tableau des sanctions », déclare Marc-André Talbot, président de l’Association du hockey mineur de Chambly (AHMC). Après la sanction de HQ, la décision est communiquée à l’organisation concernée, qui effectue le suivi. Le comité de discipline concerné peut ajouter des matchs de suspension aux trois parties. Le joueur fautif passe devant le comité de discipline de l’Association de hockey mineur des Collines de l’Outaouais. Au moment d’écrire ces ligne, il n’a pas été possible de savoir si l’organisation ajouterait à la suspension. Dans le cas d’un tournoi, un montant de 250 $ est exigé pour une révision en guise de dépôt. Le montant est remboursé si l’équipe qui en fait la demande a gain de cause. « Comme des milliers de matchs sont disputés chaque fin de semaine au Québec, c’est un dépôt temporaire qui sert à s’assurer que seules les demandes réellement justifiées sont soumises », motive HQ. 

Assurer la sécurité

HQ fait part au journal que la gestion et les opérations des tournois relèvent des régions. Pour les règles entourant la sécurité dans les arénas lors de tournois, l’organisation sportive mentionne que chaque équipe doit avoir un préposé à la santé et sécurité au hockey (PSSH) formé.  « La personne détenant la qualification de PSSH doit obligatoirement faire partie du personnel qui agit au niveau de l’équipe derrière le banc lors d’un match », dépeint HQ. Il existe aussi ce qu’elle nomme son Plan d’action en cas d’urgence. Elle ajoute qu’au cours d’un tournoi ou d’un championnat, une personne accréditée en premiers soins par l’un des organismes reconnus ou qui détient un diplôme d’études médicales ou paramédicales doit aussi être présente pendant la durée de l’événement. 

Lors du Tournoi provincial M13 de Chambly, du 12 au 25 janvier prochains, 44 équipes défileront sur la glace du Centre Robert-Lebel. L’AHMC soutient que la sécurité de ses jeunes athlètes est primordiale. Cynthia Garand, présidente du tournoi, mentionne que la Clinique Kinatex assurera la sécurité lors des fins de semaine. En semaine, des pompiers bénévoles prêteront main-forte. Cette façon de faire est nouvelle de cette année. « On avait toujours des gens compétents parmi nos bénévoles, mais on veut resserrer encore plus. On n’a jamais eu de fâcheux événements, mais on ne peut pas prendre le risque », convient Mme Garand. La présidente du tournoi affirme que l’aréna est doté d’une infirmerie, avec civière et équipement médical nécessaire. Elle rappelle qu’à Chambly, une ambulance rôde toujours et demeure accessible rapidement.