Chambly : se réchauffer en période de grand froid
Montréal propose des haltes-chaleur temporaires pour les personnes en situation d’itinérance. Bien que la réalité montréalaise diffère de celle d’ici, qu’offrent nos villes pour permettre aux itinérants de se réfugier lors de périodes de grand froid?
À Montréal, des haltes-chaleur temporaires sont accessibles pour les personnes en situation d’itinérance. La ville de Chambly ne possède pas de halte-chaleur spécifique sur son territoire. Certains édifices municipaux, comme le Pôle culturel, demeurent toutefois accessibles pendant les heures d’ouverture afin d’offrir un lieu temporaire de répit.
Pour répondre plus largement aux enjeux liés à l’itinérance, la Ville se tourne vers l’organisme POSA/Source des Monts, qui offre un service de travailleurs de rue auprès des personnes en situation d’itinérance. Sans révéler de lieux, Sandra Bolduc, directrice générale (DG) de POSA, confirme qu’il existe à Chambly des campements où vivent des itinérants. « En journées froides, on s’assure d’aller les voir et de leur rappeler que l’on est là. On essaie de leur trouver du logement, mais il n’y en a pas », remarque la DG. Elle ajoute qu’en bon samaritain, un citoyen a accepté d’héberger l’un des itinérants ciblés.
Mme Bolduc insiste sur le fait que plus de villes devraient avoir recours au Programme de supplément au loyer. La mesure couvre la différence entre la part payable par le locataire (25 %) et le loyer convenu avec le propriétaire. « C’est un excellent investissement, car une personne dans la rue finit inévitablement par la criminalité. Les frais encourus, ne serait-ce que par ses contraventions et dépenses juridiques aux frais des citoyens, sont plus élevés que de payer son loyer pendant un an », met-elle en contexte.
« En journées froides, on s’assure d’aller les voir et de leur rappeler que l’on est là. » – Sandra Bolduc
Trousse de première nécessité
POSA remet aussi des trousses de première nécessité comprenant des articles comme des chauffe-mains, des gants, une tuque et un cache-cou. L’organisme propose également une halte climatique à son centre de jour. Qu’il fasse chaud ou froid, il est possible de s’y déposer. Des repas peuvent y être distribués, au besoin. POSA a fait une demande, dernièrement, au Secrétariat à la jeunesse afin de bonifier son installation avec une douche. Pour mieux desservir les usagers vulnérables, la DG présentera sous peu à son conseil d’administration un projet en lien avec l’itinérance, de Chambly à Saint-Césaire. Le dossier devrait être déposé à la Table d’itinérance locale.
Autres ressources
Action Dépendance, à Saint-Jean-sur-Richelieu, est un hébergement temporaire qui accueille des personnes venant notamment de Chambly. « Certains qui sont natifs d’ici ne veulent pas sortir de leur ville », fait savoir Sandra Bolduc. Dans ce cas, ils se débrouillent avec du « couch surfing », alternant d’un ami à l’autre, avant de retourner à la rue.
Dans le cadre du Programme initiatives de travail de milieu auprès des aînés en situation de vulnérabilité, le Centre de bénévolat de la Rive-Sud offre un accompagnement spécifique aux personnes de plus de 50 ans qui pourraient se retrouver en situation d’itinérance.
Carignan, Richelieu et Marieville
La Ville de Carignan mentionne, à ce jour, n’avoir recensé aucune situation d’itinérance sur son territoire. « Nous sommes une municipalité principalement résidentielle et agricole, avec peu d’infrastructures urbaines ou de pôles d’attraction favorisant l’établissement de personnes en situation d’itinérance. Historiquement, cette réalité n’a donc jamais été observée ni signalée », relate la Municipalité. Advenant qu’une situation d’itinérance soit portée à son attention, elle affirme qu’elle ferait appel aux organismes communautaires, les ressources du CISSS de la Montérégie-Centre et les municipalités voisines.
La Ville de Richelieu n’a pas de lieux municipaux disponibles en ce moment pour que s’y abrite un itinérant. Elle soutient sensibiliser sa population par l’entremise de son infolettre.
De son côté, la Ville de Marieville affirme demeurer « très attentive aux besoins des personnes vulnérables », particulièrement lors des périodes de grand froid. Elle travaille aussi en collaboration avec les organismes communautaires et les partenaires du milieu pour s’assurer que des solutions d’hébergement d’urgence sont accessibles lorsque nécessaire.
