Chambly-Rouville : des fraudes plus sophistiquées
Les tentatives de fraude se multiplient actuellement sur Marieville. La Sûreté du Québec invite les citoyens à faire davantage preuve de vigilance.
« Pas de colporteur ». Sur la porte de sa maison à Marieville, Natacha a apposé un collant qui se veut limpide. « Parfois, des vendeurs viennent sonner aux portes pour vendre n’importe quoi. Je préfère les éloigner directement. »
Dans ce secteur de la rue du Pont, certains citoyens se sont plaints de tentatives de fraude à la porte, mais aussi par téléphone. Valérie Beauchamp, porte-parole de la Sûreté du Québec, confirme le phénomène. « Depuis quelque temps, les fraudeurs se font passer pour de faux policiers au téléphone. Ensuite, ils vont prétexter une enquête ou une fraude pour demander les coordonnées bancaires, voire passer chez la victime pour récupérer les cartes bancaires. Ils poussent le détail au point qu’ils peuvent contrôler ce qui est écrit sur l’afficheur du téléphone de la victime. Ils en font de même en se faisant passer pour une institution bancaire. Cette stratégie a surtout été observée en Montérégie et en Estrie. »
Les vérifications sur Internet peuvent aider, mais l’adresse des malfrats va encore plus loin. « Il arrive même qu’ils prennent le nom de policiers ou d’anciens policiers pour rendre leur histoire encore plus crédible », ajoute la porte-parole.
Scénarios
Toujours sur la rue du Pont, Sharon reconnaît que les passages de colporteurs sont fréquents. « Cela dépend de l’heure, mais cela arrive souvent. Parfois, ils ont leur carte d’identification, d’autres fois, non. De mon côté, je n’ouvre pas toujours. » La Marievilloise est sur ses gardes, d’autant que plusieurs histoires circulent. « Des fraudeurs ont sonné chez ma mère. C’était une personne qui prétendait livrer un colis commandé sur Internet, sauf qu’elle n’avait rien demandé. Pour obtenir le colis, il fallait juste passer sa carte de crédit sur le terminal, c’était 1 $. Ma mère s’est méfiée et n’a pas donné suite, car le livreur n’avait pas de camion. »
Afin d’éviter de se faire avoir, Valérie Beauchamp recommande plusieurs réflexes à adopter. « Il faut d’abord vérifier à qui l’on parle. Il ne faut pas hésiter à parler à la police ou à la banque concernée pour s’assurer de la véracité de l’histoire. De plus, il ne faut jamais divulguer ses coordonnées bancaires par téléphone. Un policier ne demandera jamais d’argent. »
En cas de besoin d’aide, la porte-parole de la SQ assure qu’il ne faut pas hésiter à en parler à ses proches. « Un sentiment de honte peut habiter les victimes qui ont été piégées, confie-t-elle. Il ne faut pas hésiter à partager l’histoire avec la famille. Les personnes âgées sont les principales victimes de ces stratagèmes. »
Vigilance permanente
Sur le territoire de Chambly, Éric Boulianne, sergent sociocommunautaire à la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent, revient sur la fréquence des fraudes aux faux représentants. « On en compte quatre à Chambly depuis le début de l’année 2026. Nous ne prenons pas en compte les autres types de fraude dans cette statistique, mais nous sommes débordés. L’arrivée de l’intelligence artificielle permet aux fraudeurs de proposer du contenu sur Internet se confondant avec la réalité. »
Auteur de conférences sur les fraudes, le sergent sociocommunautaire revient sur les indices permettant de détecter une arnaque. « C’est universel, précise-t-il. Si quelqu’un vous contacte alors que vous n’avez rien demandé, si l’offre est trop belle pour être refusée et si l’individu vous met de la pression pour que vous donniez votre réponse, c’est un drapeau rouge qui se lève. »



