Chambly : repasser son permis après 80 ans

À 82 ans, la Chamblyenne Yolande Demers a dû repasser un test de la route afin de maintenir son permis de conduire, une situation « anxiogène » qui lui a permis de revisiter des notions du Code de la sécurité routière.

À l’âge de 75 ans, un conducteur doit déclarer à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) son état de santé à travers une autodéclaration médicale. À partir de 80 ans, et tous les deux ans par la suite, les règles changent. Il faut, cette fois, soumettre à la SAAQ une évaluation de son état de santé remplie et signée par les professionnels de la santé.

Âgée de 82 ans, Yolande Demers l’a fait pour une seconde fois. Malgré l’évaluation des professionnels de la santé, qui indique qu’elle est « apte à la conduite auto sans avoir à passer de test sur la route », la SAAQ a exigé que la Chamblyenne repasse l’examen. « J’ai paniqué, exprime l’octogénaire devant le constat. J’y pensais sans arrêt ».

Gérer l’anxiété

Mme Demers avait une trentaine de jours devant elle pour passer l’examen. Anxieuse de nature, elle a mis toutes les chances de son côté pour gérer cet état d’être. « Je me suis lancée dans les livres de conduite automobile. J’ai suivi les cours de la SAAQ sur Internet, et j’ai répondu aux mises en situation », mentionne la femme studieuse. Elle a aussi suivi un cours d’une heure avec une école de conduite.

Envisager le pire

Dans l’intervalle, elle a envisagé le pire. « J’en ai même souhaité de perdre mon permis tout court, en me disant ne m’achalez plus », confie Mme Demers, devant le stress. Résiliente, elle se préparait mentalement à ne plus avoir accès à son automobile. « Je me serais organisée autrement. Il y en a qui n’ont pas d’auto ici et qui s’arrangent. C’est sûr que la vie se serait compliquée, mais, en même temps, ça va m’arriver. Ce n’est pas la fin du monde non plus », convient-elle.

L’heure du test

Son examen a eu lieu à Longueuil. En une demi-heure, elle n’a pas eu à aller sur l’autoroute. Il n’a pas été question non plus de stationnement en parallèle ou de reculons. À son retour à la base, elle a obtenu sa validation de réussite. « J’étais fière », déclare celle qui, en théorie, est bonne pour deux autres années derrière son volant.

Peu d’échecs

La SAAQ indique que « très peu » de personnes (environ 1 %) se font retirer leur permis à la suite de l’examen médical et de la vue. Par contre, plusieurs d’entre elles (un peu moins de 50 %) auront des conditions à respecter. Il est notamment question d’éviter de conduire à la noirceur, de porter des verres correcteurs et de conduire un véhicule à transmission automatique.

Le formulaire d’autodéclaration médicale pour la cohorte des 75 ans a été introduit en 2021. Cette procédure a remplacé le contrôle médical obligatoire à 75 ans (précédemment en vigueur). Les conducteurs visés doivent remplir un questionnaire sur leur santé. Advenant une réponse positive à une ou à plusieurs questions, le conducteur se verra remettre un rapport médical et/ou un rapport visuel à faire remplir par un professionnel de la santé. Il est obligatoire de s’y soumettre, sans quoi un rapport médical et visuel sera exigé.

La SAAQ nuance que l’aptitude à conduire n’est pas une question d’âge, mais bien une question d’état de santé. Elle soutient que l’amélioration des conditions de vie et l’augmentation de l’espérance de vie font que les Québécois vivent plus longtemps et plus en santé. Par conséquent, les conducteurs de 75 ans sont davantage en santé que par le passé et plus nombreux sur la route. « Mais il n’en demeure pas moins que le vieillissement normal implique une diminution de la capacité à demeurer concentré et à faire preuve d’attention partagée lorsqu’il y a plusieurs stimuli », soulève la SAAQ.

En 2024, le nombre de formulaires d’autodéclaration transmis était de 62 623. Il est passé à 73 153 en 2025.