Chambly : perdu dans le système
Sébastien Colin ne travaille plus depuis deux ans en raison d’une blessure à la hanche. Le Chamblyen cherche désespérément un orthopédiste dans le service public pour l’opérer.
Sébastien Colin est installateur de revêtements souples. Une activité que le Chamblyen n’exerce plus depuis deux ans en raison d’une blessure à la hanche. « C’est une déchirure du labrum, explique-t-il. Je suis en arrêt de travail depuis février 2024. Cela fait vingt ans que je m’accroupis quotidiennement pour poser des planchers. Au début, mon médecin de famille pensait que c’était juste une tendinite, mais le physiothérapeute a eu un autre diagnostic. »
À 51 ans, l’installateur a dû trouver un orthopédiste pour l’opérer. Une tâche pas si évidente. « Des professionnels m’ont dit que j’étais trop vieux pour ce type d’opération, regrette Sébastien Colin. Ce fut une claque au visage. Des médecins du privé sont prêts à m’opérer pour un coût de 16 000 $. »
Afin de faire avancer son cas, le Chamblyen a ouvert un dossier à la Commission des normes de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST). « Ma demande a été refusée, car cela a été enregistré comme accident. Or, il n’y a pas de date d’événement puisque c’est de l’usure. On a essayé de faire passer cela en maladie, mais sans succès. »
Actuellement, Sébastien Colin vit avec 50 % de son salaire. « Avec ma conjointe, on limite les frais. Heureusement, j’ai une collection de bandes dessinées que je vends par moments pour payer les factures. C’est dur. Il faut vraiment que ma situation se règle. »
Un espoir est né lorsqu’un médecin de Montréal a accepté de l’opérer. « Mais depuis, il est parti au privé. Je cherche partout au Québec, mais il n’y a apparemment pas d’orthopédiste spécialiste des hanches au Québec. J’ai contacté un médecin en Ontario, mais le délai d’attente est déraisonnable! »
Pas de médecin
Une autre solution est apparue pour l’installateur de revêtements souples. « On m’a proposé un métier de surveillance des chantiers. Comme je peux tenir debout, ce serait sans problème! Mais mon dossier est ouvert à la CNESST et tant que ce sera le statu quo, je ne peux pas travailler. J’ai reçu un courrier proposant une conciliation avec mon patron de la part de la CNESST, sauf que je ne suis pas en conflit avec lui. Je suis pris en otage dans le système. »
Contactée, la CNESST n’a pu donner davantage de précisions « pour des raisons de confidentialité ». De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre précise, concernant les cas généraux. « La chirurgie du labrum est offerte au CISSS de la Montérégie-Centre. Il s’agit d’une intervention très spécialisée, ce ne sont pas tous les chirurgiens qui la pratiquent. C’est l’évaluation de l’orthopédiste qui déterminera la suite des choses (examens, traitements ou interventions requises etc.). »



