Chambly : mieux partager la route entre cycliste et véhicule
Le Chamblyen Marc-André Houle l’a échappé belle alors qu’il a été accroché par un véhicule en circulant à vélo sur le chemin des Patriotes. Un rappel que le partage de la route entre cyclistes et automobilistes n’est pas un dossier réglé.
Au début du mois, Marc-André Houle roulait sur le chemin des Patriotes. Il raconte qu’il venait de compléter ses 25 kilomètres quand un véhicule, arrivé à sa hauteur, a effleuré son coude de son rétroviseur. « Ce n’est pas la première fois que l’on passe très proche de moi », remarque le Chamblyen, qui fait du vélo de route depuis 2012. S’est ensuivie une chute spectaculaire qui a ébranlé le cycliste.
Ni vu, ni connu
Le véhicule ne s’est pas arrêté. Marc-André Houle « ose espérer » que le conducteur n’a pas été conscient du contact. « Si jamais ça devait arriver par accident, s’il vous plaît, automobilistes, arrêtez et venez voir si le cycliste, qui est cul par-dessus tête et qui a un moment d’absence totale, a besoin d’aide », implore-t-il.
Dans cette mésaventure, il aura vécu plus de peur que de mal. Mis à part quelques égratignures et une épaule endolorie, il s’en sort bien. « J’ai été chanceux », admet l’homme de presque 50 ans. Il ne peut en dire autant de son vélo, qui, brisé, ne sortira plus de la saison.
M. Houle a pu rejoindre une halte routière, où il s’est assis à une table de pique-nique afin de reprendre ses esprits. Un homme non loin, qui chargeait son véhicule, a ramené le cycliste éprouvé et sa monture à bon port.
Poursuivre la sensibilisation
Marc-André Houle tient à nuancer qu’il observe que « la grande majorité » des gens respectent les cyclistes, comme « la grande majorité » des cyclistes sont prudents à vélo. « C’est malheureusement la minorité qui affecte tout », soutient-il. En racontant son histoire, il souhaite contribuer à ce que se poursuive la sensibilisation concernant la relation entre cyclistes et automobilistes. « Je ne veux pas attendre d’en mourir et que ça devienne une grosse nouvelle pour en parler. Ce n’est pas le résultat, le problème, mais le geste posé. Autant les cyclistes que les automobilistes, soyons prudents. Ce genre de petite histoire peut causer des drames », résume-t-il. Considérant les sources de distraction multiples, le cycliste met l’accent sur l’importance de maximiser son attention sur la route.
Des chiffres sur le territoire
Selon des chiffres de la Direction de la recherche en sécurité routière, en 2022, 39 cyclistes ont été impliqués dans un accident avec un véhicule routier en mouvement sur le territoire de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent. Sept ont eu lieu à Chambly, 5 à Carignan, 1 à Richelieu et aucun à Saint-Mathias-sur-Richelieu. En 2023, c’étaient 11 à Chambly, 1 à Richelieu et 0 pour Carignan et Saint-Mathias, sur un total de 32. En 2024, la Régie a vécu une recrudescence avec 46. Douze à Chambly, relativement à aucun pour les trois autres municipalités concernées. En 2025, selon des données préliminaires en date du 12 août (les données de juillet et août ne sont pas toutes entrées dans le système), il y a 13 incidents pour le moment, dont 2 à Chambly et 1 à Richelieu.
La Régie mentionne qu’en général, la cohabitation entre les différents usagers de la route semble respectueuse, selon ses observations.
Distance sécuritaire
La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) rappelle que le conducteur d’un véhicule doit laisser une distance sécuritaire entre lui et un cycliste. « Cela permet d’éviter les accidents si le cycliste doit faire une manœuvre d’évitement, par exemple pour contourner une bouche d’égout ou un trou sur la chaussée », justifie l’organisation gouvernementale.
Elle renchérit, précisant que si un dépassement doit être effectué, il faut ralentir et laisser, entre le véhicule et le cycliste, une distance de 1 m dans une zone de 50 km/h ou moins et de 1,5 m dans une zone de plus de 50 km/h. Elle ajoute que de ne pas respecter cette réglementation ou de ne pas céder le passage aux cyclistes là où ils ont priorité constituent des infractions au Code de la sécurité routière qui peuvent entraîner une amende de 200 $ à 300 $ ainsi que deux points d’inaptitude.
