Chambly : les PME s’organisent suite aux tensions à Postes Canada

Alors que les tensions sont vives entre la direction de Postes Canada et ses employés, les entreprises chamblyennes essaient de trouver des solutions pour préserver leur fonctionnement. Au point de trouver un rythme de croisière.

À l’entrée du bureau, quelques enveloppes. « On ne reçoit que le service d’Hydro-Québec et des communications du gouvernement, précise Stéphane Meunier, propriétaire de l’entreprise Broderie et Impression DSM, dans le quartier industriel de Chambly. Pour le reste, nos clients nous apportent et récupèrent eux-mêmes leurs fournitures. On est bien peu impactés par les mouvements sociaux de Postes Canada. »

Même sentiment du côté de Monam Industries, situé sur le boulevard Industriel. « Nos comptes fonctionnent par Internet. Concernant le courrier, nous avons notre propre système avec nos chauffeurs. » Enfin, Orthèse Conseil confirme ne pas faire appel à Postes Canada bien souvent. « C’est rare, car ce sont les fournisseurs qui nous envoient leur matériel et ce sont eux qui décident du mode de transport. »

Mouvement de grogne

La semaine dernière, les employés de Postes Canada ont voté pour un mouvement de grève après celui qui avait déjà eu lieu l’hiver dernier. Les PME replongeront-elles dans l’incertitude concernant une partie de leurs communications? Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) rejette cette éventualité en bloc. « Ce vote, ordonné par la ministre, force les membres du STTP à accepter ou à rejeter les offres finales de Postes Canada. Or, ces dernières ne répondent pas du tout aux principales revendications des membres du STTP. Par conséquent, le Syndicat demande à ses membres de rejeter en bloc les offres, parce que les travailleurs et travailleuses des postes méritent mieux. »

Concernant le fonctionnement du service de la poste, le STTP assure que le but est de garder un rythme habituel. « Hélas, les rumeurs et la désinformation sèment la peur et la confusion parmi nos membres et la population, et leur font croire que si les offres sont rejetées, les travailleuses et travailleurs des postes vont débrayer.

Pour le moment, notre seul moyen de pression est l’interdiction nationale de travailler des heures supplémentaires, et si les membres décident de rejeter les offres patronales, le Syndicat entend inviter Postes Canada à reprendre immédiatement les négociations.

Le STTP s’engage à demeurer à la table jusqu’à ce que des conventions collectives négociées soient conclues, et nous attendons la même chose de la part de Postes Canada. »

Clientèle rentable

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a récemment publié un sondage dans lequel près des deux tiers de ses membres pourraient tourner le dos à Postes Canada en cas d’un dysfonctionnement du service de courrier en raison d’une grève. « La dernière grève avait eu lieu en plein temps des Fêtes et avait pour but de faire mal à ses clients, soulève Jasmin Guénette, porte-parole de la FCEI. Quand un tel phénomène arrive, l’impact financier peut être énorme pour les PME. Certaines fonctionnent encore par courrier pour les envois de factures et de chèques, si bien qu’elles manquent de liquidités et, à terme, ne peuvent payer leurs obligations financières. »

Pour le cadre de la FCEI, les relations entre les PME et Postes Canada ne sont pas près de s’améliorer. « Les PME sont inquiètes concernant la bonne continuité de leurs opérations. Si cela continue, elles souhaiteront se tourner vers des partenaires perçus comme plus fiables dans un secteur où la compétition est féroce. Les PME ne vont pas rester les bras croisés et elles représentent l’une des dernières clientèles rentables pour Postes Canada. »