Chambly : les équipements sportifs entrent dans le débat politique
Le débat sur l’état des équipements sportifs municipaux a surgi lors de la séance du conseil municipal de mardi dernier. Un sujet qui pourrait bien revenir sur la table à l’heure des élections prévues le 2 novembre.
Alexandre s’est présenté au micro face aux élus du conseil municipal, mardi dernier. Chamblyen et père de famille, il a demandé si le projet de pumptrack, soit une piste en boucle pour les vélos, les planches à roulettes et autres trottinettes, serait bientôt réalisé à Chambly. « Je recherche sur le site Internet, je ne vois plus le projet. Qu’en est-il? J’ai une pétition de plus de 320 personnes qui soutiennent cette initiative. Montréal en a une, Longueuil aussi, Carignan, Boucherville ou encore Sainte-Julie aussi. Ce n’est pas normal qu’une ville comme la nôtre n’en ait pas. »
« Si l’on veut garder notre compte de taxes en-dessous de la moyenne, on ne peut pas faire cela. » – Alexandra Labbé
Une remarque qui a trouvé une oreille attentive de la part de la mairesse, Alexandra Labbé, qui a ajouté : « J’ai envie de vous dire que ce n’est pas le seul équipement qu’il n’est pas normal que la ville n’ait pas. Je suis d’accord qu’une pumptrack ne prend pas beaucoup d’espace et que ce n’est pas un gros investissement. On est sur le point d’adopter un Programme triennal d’immobilisations (PTI, NDLR) et il n’y a pas de marge de manœuvre au moment où l’on se parle. Néanmoins, le conseil a toute la latitude pour s’ajuster et le projet pourrait facilement se mettre dans les priorités. »
Le prochain maire
Malgré tout, Alexandra Labbé n’a pas promis qu’un tel équipement verrait le jour dans les prochains mois. « Je ne peux pas prendre un tel engagement, car je n’ai même pas encore présenté ma candidature comme mairesse lors des prochaines élections, sourit-elle. Il est possible que la pumptrack fasse partie des sujets de la campagne. D’ailleurs, les équipements en feront partie, et cela ne me dérange pas de mêler la politique à tout cela. »
Outre ce projet de piste, le terrain de soccer synthétique prévu à côté de l’école secondaire a été mis sur pause, tout comme la piscine municipale extérieure. L’Association de hockey mineur réclame une deuxième patinoire afin de pouvoir accueillir ses joueurs aux entraînements à des heures acceptables. « Nous n’avons pas de piscine, car elle nous a lâchés. Cela fait plus de dix ans que l’on aurait dû investir dedans. Des morceaux de béton tombaient chaque année. Ces décisions avaient été prises avant que nous soyons en place. Nous avons de généreuses subventions gouvernementales pour ce type de projet, mais les coûts ont explosé depuis la pandémie! J’ai envie de vous dire qu’on la construit demain, cette piscine, en la payant comptant. Mais si l’on veut garder notre compte de taxes en-dessous de la moyenne, on ne peut pas faire cela. »
Bilan contre bilan
Jean-François Munos, candidat au district 2 lors des prochaines élections, a interpellé la mairesse concernant le bassin de Chambly. « Ne pourrait-il pas y avoir une solution à la piscine à cet endroit? » Alexandra Labbé a assuré que l’idée faisait déjà son chemin. « On avait penché pour un projet de piscine en eaux vives et devinez ce qui nous arrive? Le centre nautique, qui avait été sous-entretenu, nous a lâchés aussi! On est arrivés en 2022 et nous avons réalisé 110 M$ de déficit d’investissements dans les parcs et espaces verts. On a plein de nouveaux sports et de structures que l’on voudrait rajouter. On est arrivés à la tête de la Ville dans une circonstance où nous avions déjà des retards d’investissements énormes! Maintenant, comment fait-on pour jongler entre des parcs, où nos enfants jouent, qui sont dangereux, et les immeubles patrimoniaux où nous sommes propriétaires? On en a fait énormément pour les parcs avec des réparations urgentes. C’est un équilibre délicat à trouver. »
Candidat à la mairie, Mario Lambert ne se satisfait pas de ces explications. « En termes d’équipements sportifs, Chambly est dépassé en comparaison avec Saint-Bruno ou encore Sainte-Julie. Il est facile de dire que l’on fait des choix, mais le Centre Ostiguy a coûté 30 % plus cher que prévu. Il faut arrêter de tomber dans la complaisance et dire que la faute revient au conseil municipal dix ans auparavant. Quand j’étais conseiller municipal, le centre aquatique a alerté pendant des années que la piscine était finie. On ne peut pas se déresponsabiliser. En tant que maire, il faut assumer les situations. »
