Les Jardins de la Terre

Chambly : l’économie sociale installée

Les Jardins de la Terre permettent à toute personne de s’insérer professionnellement en récoltant des légumes bio. La production est vendue en partie dans des points de chute à Chambly.

Dans les trois hectares de champs à Saint-Paul-d’Abottsford, ils sont pour l’instant cinq à récolter les légumes du moment en ce début d’après-midi. « On accueille vingt personnes chaque année pour des parcours de cinq mois, précise Marie-Salima El Kasmi, directrice générale de l’entreprise d’insertion Les Jardins de la Terre. Nous accueillons toute personne isolée professionnellement pour l’aider à retrouver le chemin du travail à travers de bonnes habitudes quotidiennes. »

Ainsi, des personnes de la MRC de Rouville, voire de Carignan et de Chambly, peuvent rallier la structure située le long de la route 112. « Le plus gros problème est le transport, car la voiture est indispensable. Pour le reste, c’est très simple!, confie Ève Monty-Tremblay, coresponsable maraîchère au sein de l’organisme. Les travailleurs n’ont qu’à arriver à l’heure, à enfiler des bottes et c’est parti! Les milieux communautaires, allant jusqu’à Chambly, nous proposent des candidats potentiels. Cela leur donne une expérience de travail qui permet une amélioration significative de leur confiance en soi et de leur autonomie. Le tout dans la bonne humeur. »

Des abonnés aux paniers

Le travail consiste à semer et à récolter dès le printemps et davantage à s’occuper de la ferme, ainsi que des semis l’hiver. « Nous avons un endroit où laver les légumes et une cuisine pour réaliser de la transformation alimentaire, sourit Marie-Salima El Kasmi. Nous proposons des paniers de huit articles parmi nos 40 variétés de légumes à nos abonnés jusqu’à Chambly, où nous disposons de plusieurs points de chute comme le Metro à Place Chambly et les garderies Franquette la grenouille ainsi que les Frimousses du Fort. Nous comptons au total 185 abonnés. »

Valérie Deshaies, directrice adjointe de Franquette la grenouille, est ravie de cette entente. « Chaque semaine durant la saison, Les Jardins de la Terre déposent leurs paniers pour leurs abonnés, dont plusieurs sont des parents de nos jeunes. De notre côté, nous prenons aussi notre part pour notre cuisine et il est possible que l’association nous donne les restants, s’il y en a. »

Économiquement, Les Jardins de la Terre s’intègrent dans le paysage. « Il se peut que nous complétions notre offre de paniers, par exemple avec des oeufs de producteurs locaux, précise Ève Monty-Tremblay. Notre but est de vendre au prix juste pour que producteurs, consommateurs et notre structure puissions nous y retrouver. L’un des gros points positifs de ce système est la transparence de la circulation de l’argent. Les gens savent ainsi que les fonds sont dirigés vers notre mission sociale. »

Plaisir de travailler

Les travailleurs, de leur côté, perçoivent un salaire indépendamment des récoltes.

« C’est le salaire minimum versé par Services Québec, assure Marie-Salima El Kasmi. L’objectif est d’offrir un effet positif sur notre communauté et les travailleurs peuvent ainsi trouver leur voie. Certaines personnes se redécouvrent ici. »

C’est le cas d’Olivia, présente sur les champs depuis quelques semaines. « C’était devenu lourd pour moi de travailler, explique-t-elle. J’éprouvais de l’anxiété au travail, au point que je ne mangeais plus. Ici, on éprouve beaucoup de plaisir à évoluer dans les champs au point que je souhaite reprendre mes études, mais cette fois dans le domaine de l’agriculture. »

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Les Jardins de la Terre au 450 379-5079.