Chambly : la Ville se dit dupée dans son projet d’achat de l’ancien golf
La Ville indique avoir ignoré que Trigone avait un lien avec l’achat qu’elle comptait faire du terrain de l’ancien golf de Chambly. La Ville pensait négocier avec une société à numéro indépendante et le représentant du golf de Chambly.
« La phase 2 du projet constituait une démarche distincte de celle ayant mené à la réalisation de la première phase par l’entreprise Trigone. Il était alors convenu que la deuxième phase serait réalisée par la société 9549-0611 Québec inc., dont monsieur André Pépin est le président et l’unique bénéficiaire », indique dans un communiqué la Ville de Chambly.
Cette dernière, qui pensait avoir acquis l’ancien golf pour la somme de 6 millions de dollars, soulignant la bonne affaire pour l’acquisition de 1 961 261 pi² (180 294 m²), a dû se résigner et constater que le propriétaire du terrain n’avait jamais donné son accord.
« Les négociations et les échanges intervenus dans le cadre de ce projet ont été menés par monsieur Pépin, à titre de développeur, ainsi que par monsieur André Chartrand, lobbyiste dûment inscrit au registre applicable et représentant les intérêts des propriétaires du Club de golf Chambly inc. Au cours de ces échanges, MM. Pépin et Chartrand n’ont pas porté à la connaissance de la Ville l’existence d’un lien potentiel entre la société 9549-0611 Québec inc., le projet envisagé et l’entreprise Trigone ou ses représentants. »
M. Pépin n’est pas le propriétaire de l’ancien golf et aucun lien ne rattache les propriétaires du golf Chambly à M. Pépin. « C’est avec étonnement que la Ville de Chambly a pris connaissance des allégations formulées dans la demande de passation de titre, dans laquelle une compagnie en lien avec Trigone est désignée comme demanderesse. » La propriété du terrain est revendiquée devant les tribunaux par une autre entreprise à numéro, anciennement Trigone.
Devant les tribunaux
Le 18 août 2026, la Cour supérieure du Québec a jugé la plainte de la société 9343-3332 Québec inc., anciennement Trigone, recevable. Par le biais d’une demande introductive d’instance, cette dernière souhaite obliger le Club de golf de Chambly à lui vendre le terrain, pour ensuite le vendre à la Ville de Chambly selon les modalités qu’avait déjà mises de l’avant la Municipalité.
Une demande introductive en passation de titre est un recours judiciaire qui permet de forcer une partie à signer un acte de vente immobilier lorsqu’une des deux parties refuse de le faire injustement, notamment en refusant de respecter une promesse d’achat valide. Une validité que contestent ouvertement les propriétaires du golf, qui iront se défendre devant les tribunaux.
Avertissement
Déjà, en septembre 2025, les propriétaires du golf indiquaient clairement au journal que le golf n’était pas à vendre à ce prix-là. Barry McLean, président du Club de golf de Chambly et propriétaire, à parts égales, de l’endroit avec deux membres de sa famille, indiquait même être surpris de voir que la Ville annonçait avoir acheté son terrain à quelques semaines des élections municipales. Contacté par le journal, il nous a indiqué qu’il attendrait la fin de la judiciarisation du dossier pour nous répondre.
Le journal révélait que, le 2 septembre 2025, un courrier de la notaire, responsable de la vente de l’ancien golf, informait la Ville, qui souhaitait avoir un rendez-vous pour procéder à l’achat du terrain, qu’il n’y avait aucune promesse de vente signée entre la Ville de Chambly et le Club de golf de Chambly.
Depuis plus d’un an, le propriétaire du golf ou encore la notaire responsable de la transaction indiquent qu’il n’y a pas de promesse de vente signée.
Comment la Ville a-t-elle pu identifier M. Pépin et sa compagnie comme étant le promoteur dans ce projet? Comment la Ville a-t-elle pu négocier avec M. Chartrand, alors que les propriétaires du golf ont indiqué clairement que M. Chartrand ne les représentait plus?
Des questions qui restent en suspens et que commencent à se poser plusieurs élus de la Ville qu’il a été possible d’entendre lors de la dernière séance du conseil municipal. « À la lumière des faits actuellement portés à sa connaissance et de l’évolution du dossier, la Ville analyse les suites à donner quant au développement de la phase 2. Toutes les avenues juridiques et administratives demeurent à l’étude », conclut le communiqué émis par la Ville.
Il n’a pas été possible de joindre M. Pépin et M. Chartrand n’a pas retourné notre appel.


