Chambly : la présence parasitaire demeure tabou

Après avoir inspecté les locaux de la garderie Chez Pierrot et Pierrette, à Chambly, le ministère de la Famille n’a constaté aucun manquement en ce qui concerne la propreté des locaux et des équipements.

Le 5 février dernier, le ministère de la Famille était à la garderie Chez Pierrot et Pierrette. Dans le voisinage, de la vermine s’est infiltrée à l’intérieur des murs. À la garderie, le Ministère indique que tout est conforme en matière de propreté.

MBM Gestion parasitaire, compagnie d’extermination, a une entente annuelle avec la garderie. Le contrat assure une présence mensuelle, à titre préventif. « Vaut mieux prévenir que guérir », établit Hélène Bouchard, présidente de MBM Gestion parasitaire. Elle a également été présidente de l’Association québécoise de la gestion parasitaire. Elle dénote l’existence de tabous concernant la présence de vermine. « Les gens pensent que quand on vit une situation parasitaire, c’est parce que c’est malpropre. Dans les faits, c’est tout à fait faux », identifie-t-elle.

Introduite en raison d’achats

Elle fait un lien avec la pandémie et la présence parasitaire. « Ça a changé nos habitudes de vie en matière de consommation. Plus on reçoit de colis à la maison, plus on est à risque d’introduire des parasites, comme la blatte (coquerelle) ou la fourmi pharaon », met-elle en reflet. Elle tisse aussi un parallèle avec la mondialisation. « Les conteneurs qui se promènent, il y en a partout dans le monde. Cela permet une introduction. »

Concernant les milieux insalubres, Mme Bouchard soutient que ce n’est pas la saleté du logement qui explique la présence de vermine. « Par contre, parce que le logement est sale, il sera plus difficile et plus long de s’en débarrasser », nuance-t-elle. L’experte en extermination ajoute que, dans un tel cas, il faudra un « bon ménage » ainsi que la collaboration des occupants.

Rongé par la honte

Hélène Bouchard revient sur la honte que peuvent vivre les personnes victimes d’une infestation. « Les gens vont avoir peur d’être jugés, particulièrement quand il y a une entreprise en gestion parasitaire qui est stationnée devant notre commerce ou maison », convient-elle.

Elle rappelle que nous cohabitons avec la nature. « On les considère indésirables, mais ils ne le sont que quand ils sont chez nous. L’extérieur, c’est leur environnement », dit-elle. Concernant la présence de rongeurs, elle cadre qu’une mauvaise gestion des déchets n’est pas nécessairement la cause de leur présence. « Ça va peut-être faire en sorte de leur donner plus de cachettes, donc, plus de temps pour régler le problème. Mais, dans tous les cas, ce n’est pas à cause de ça que nous en avons », relate-t-elle.

Des centaines d’introductions

La présidente d’entreprise réitère que la responsabilité revient aussi au propriétaire des lieux pour bloquer les accès. Elle incite à vérifier que le calfeutrage est adéquat afin de limiter l’introduction. Hélène Bouchard est catégorique sur le sujet. « Que ce soit à domicile, dans les hôtels, dans les écoles, dans les milieux alimentaires, dans les aéroports, dans les prisons, tout le monde est à risque. Des souris, des rats, etc., il y en a partout », affirme-t-elle. Concernant les écoles, elle met en reflet le portrait : « Pensez-y. Ce sont des centaines de boîtes à lunch qui entrent dans l’établissement tous les jours…»