Chambly : la mobilité active s’installe en ville
Le 5 juin est la Journée mondiale de l’environnement. À l’heure d’une volonté tournée vers l’écologie, la mobilité active est la solution de rechange à la voiture. À Chambly, une stratégie est développée en ce sens.
La mobilité active n’est pas un concept nouveau à Chambly. « C’est même l’un de mes chevaux de bataille et l’une des raisons de mon engagement politique, assure le conseiller municipal Serge Savoie, président de la Table des transports. Nous avons d’ailleurs un beau réseau au sein de la ville. »
Ce réseau est alimenté de pistes cyclables bonifiées par la route Verte ainsi que de trottoirs et chemins pour les piétons autour du bassin. « Il est vrai que nous voulons favoriser le plus possible la mobilité active dans le centre-ville, poursuit Serge Savoie. L’objectif est qu’elle soit fluide, sécuritaire et conviviale. Si tout le monde prend sa voiture dans ce secteur, on va avoir un problème. »
Plan de la ville
Le vélo est justement l’un des arguments brandis par le conseiller municipal pour justifier la mobilité active. D’ailleurs, la congestion routière, constatée sur la route 112, pourrait être fluidifiée. « Mais pas tout le monde peut prendre son vélo, tempère-t-il. Mais il est vrai que nous avons de belles connexions avec les autres villes pour les bicycles. En ce sens, tous nos quartiers doivent être connectés afin que nos citoyens puissent se rendre où ils veulent. À mon avis, c’est le cas. Pour preuve, nous avons une certification Vélo sympathique. » Cette dernière met en lumière les bons coups d’une ville concernant le développement de son réseau de pistes cyclables. « Dans tout cela, on inclut les marcheurs. Tout cela représente la mobilité active. »
Parmi la population touchée par la mobilité active figure celle de la mobilité réduite. Pour Serge Savoie, atteint de cécité, la question est concrète. « Il faut que notre réseau soit le plus sécuritaire possible. Moi-même, je suis une personne à mobilité réduite dû à mon handicap visuel. Quand je me déplace seul avec ma canne blanche, je suis à même de constater que partout à Chambly, c’est quand même sécuritaire. Il reste quand même le dossier des traverses sur la route 112. On veut les améliorer, particulièrement au niveau de Salaberry, Fréchette et Maurice. On sait ce que l’on veut faire, cela entre dans notre grand plan directeur de transformation du boulevard De Périgny en boulevard urbain. Nous sommes en train de collaborer avec le Ministère des Transports, mais tant que ce dernier ne donne pas son accord ou demande plus de précisions, nous sommes pieds et poings liés. »
Dans le même ordre d’idées, le président de la Table des transports songe à instaurer une zone 30 dans les rues résidentielles de la ville. « Oui, c’est vraiment pour que tout le monde se sente plus en sécurité, mais ce n’est pas uniquement pour les cyclistes et les marcheurs. C’est une initiative que je pousse personnellement. Je tiens à préciser que les boulevards Brassard et Fréchette, et les rues collectrices ne seront pas impactés. C’est une mesure qui servira aussi à apaiser le bruit dans les quartiers et à permettre aux enfants de jouer dans les rues avec plus de sécurité. »
Comportements à adopter
Chambly s’est doté d’une flotte de BIXI cet été. Plusieurs stations sont réparties à travers la ville. Reste désormais à inciter les gens à les emprunter, tout comme leurs vélos personnels ou encore les trottinettes, afin de faire de la mobilité active un nouveau mode de vie. « Une belle campagne est lancée actuellement pour faire la promotion de nouvelles habitudes, poursuit Serge Savoie. Personnellement, je donne l’exemple, car je marche beaucoup. Concernant les vélos, nous avons un événement d’apprentissage pour les enfants, prochainement, au parc des Ateliers. Toutes ces actions vont tranquillement faire changer les habitudes même si l’on ne peut contraindre quiconque à le faire, comme les gens qui ont des limites fonctionnelles. »
En bout de ligne, Serge Savoie est persuadé que la mobilisation active deviendra une norme au fil des années. « Tranquillement, nous amenons les gens à adopter ces comportements. Et pour cause, la grande majorité des gens représentent des piétons. Parce que tout le monde, même la personne qui ne jure que par sa voiture, doit marcher à un moment ou un autre. Et dans tout cela, il faut voir les bienfaits collectifs et individuels. »


