Chambly : la mairesse pointée du doigt par sept conseillers

Sept conseillers municipaux sur huit accusent la mairesse de Chambly, Alexandra Labbé, de ne pas remplir ses fonctions.

Plusieurs pouvaient voir l’opposition grandir aux séances du conseil municipal de Chambly entre certains conseillers municipaux et Alexandra Labbé, mairesse de Chambly.

Aujourd’hui, c’est une opposition claire qui s’affiche entre sept conseillers municipaux et la mairesse. Rappelons que la très grande majorité des conseillers signataires avaient soutenu la candidature de Mme Labbé en même temps que la leur lors de son élection en 2021 et, ou,  lors de sa réélection en 2025. À présent, les élus signataires demandent à la mairesse « de réfléchir aux conditions nécessaires pour assurer une gouvernance pleinement fonctionnelle et la meilleure représentation possible des intérêts des citoyennes et citoyens de Chambly. »

Absence de la mairesse 

Les conseillers municipaux signataires reprochent à Mme Labbé « qu’après près d’une année d’efforts, il n’a pas été possible de rétablir une collaboration fonctionnelle avec la mairesse. » Les conseillers dissidents précisent dans leur publication que la mairesse a assisté à « 25 % des rencontres de travail », depuis le début de son mandat en 2025, qu’« au conseil de la MRC, son taux de présence est d’environ 50 % pour les années 2020 à 2024 et 2026 comparativement à 89 % pour les autres maires et mairesses », ou encore que pour les rencontres avec la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent « le taux de présence de la mairesse est passé de 100 % en 2020 et en 2021 à environ 40 % en 2024 et en 2026, le plus bas de toutes les municipalités membres ces années-là. La moyenne des autres maires et mairesses est supérieure à 85 % ».

Nous apprenons également dans ce communiqué qu’un accompagnement externe au conseil avait été demandé pour rétablir un dialogue fonctionnel entre le conseil et la mairesse. « Nous avions commencé ce printemps. Le but était de travailler avec la mairesse et identifier ce qui ne fonctionne pas dans notre méthode de travail. Ce processus n’a pu être mené à terme en raison du retrait de la mairesse avant sa conclusion. Elle ne nous a jamais donné l’information sur les raisons de son retrait », nous explique M. Thibault, contacté par le journal.

Alexandra Labbé n’a pas souhaité répondre au journal pour l’instant afin de prendre connaissance de l’ensemble des éléments qui lui sont reprochés. Elle nous a simplement indiqué dans un message que « le contenu du communiqué est trompeur. Il ne reflète pas mon réel engagement. Je fais mon travail. Je remplis mes fonctions. Par ailleurs, le conseil est pleinement fonctionnel. Pour le moment, je consulte pour connaître les recours pour protéger la Ville. »

En soin

Rappelons que Mme Labbé a annoncé qu’elle était atteinte d’un cancer du sein en avril 2025, avant les élections municipales. La Ville avait alors indiqué que des ajustements à son horaire seraient apportés pendant la durée des traitements afin de s’assurer que les affaires municipales se déroulent sans interruption. « La mairesse continuera d’exercer ses fonctions dans la mesure du possible, en étroite collaboration avec le personnel municipal », avait fait savoir la Ville.

Le maire suppléant, Carl Talbot, indiquait alors au journal qu’« En tant que maire suppléant, je suis là pour l’épauler et assurer que la Municipalité roule et continue de rouler. »

Questionné sur le sujet, M. Thibault indique que la maladie de la mairesse n’est pas une surprise, « mais entreprendre des réunions de travail, ça a quand même une importance vitale pour être capable de pouvoir discuter des enjeux. »

Les signataires

Jean-Philippe Thibault, conseiller municipal du district du Bassin, a été en charge d’envoyer le communiqué, cosigné par Carl Talbot, district du Canton, Francine Guay, district Charles-Michel-de-Salaberry, Annie Legendre, district de la Petite Rivière, Serge Savoie, district Antoine-Louis-Fréchette, Justin Carey, district du Ruisseau et Jean-François Molnar, district des Grandes-Terres. « Même si c’est moi qui ai envoyé le communiqué, je ne suis pas le porte-parole de quelque formation politique que ce soit. C’est une décision qui a été prise par l’ensemble des signataires, c’est-à-dire sept des huit conseillers municipaux. Nous n’avons pas voulu simplement l’envoyer chacun de notre côté », d’indiquer au journal Jean-Philippe Thibault.

Notons cependant que ce dernier avait pris la parole à plusieurs reprises au conseil municipal et notamment lors de la dernière assemblée, le 15 septembre, pour dénoncer « le manque de transparence » de la Ville dans le dossier de l’ancien golf de Chambly.

Seul Luc Ricard, élu dans le district Louis-Franquet, ne s’est pas associé aux signataires.