Chambly : la mairesse fait une mise au point sur la dissidence de sept conseillers municipaux

Alexandra Labbé a choisi ses réseaux sociaux pour faire sa mise au point concernant la volonté de sept des conseillers municipaux qui ont dénoncé publiquement l’absence de la mairesse lors de réunions de travail.

« Il est clair que cette coalition d’élus contrevient au code d’éthique et de déontologie adopté par le conseil. Je me réserve la possibilité d’intervenir à ce sujet, je poursuis mon analyse à cet effet. Si j’ai eu parfois à m’absenter dans les derniers mois, c’était pour prendre soin de ma santé afin de pleinement servir la population de Chambly. Par ailleurs, je les remercie pour leur confiance et surtout pour leur soutien au cours des derniers mois », a précisé Alexandra Labbé, mairesse de Chambly, par courriel au journal, après une publication qu’elle a diffusée sur ses réseaux sociaux.

Rappel des événements 

Rappelons que plus tôt cette semaine, sept conseillers municipaux de Chambly, sur huit, ont annoncé dans un communiqué qu’ils reprochaient à la mairesse son absence dans les différentes réunions de travail.

Les sept élus signataires demandent de ce fait à la mairesse « de réfléchir aux conditions nécessaires pour assurer une gouvernance pleinement fonctionnelle et la meilleure représentation possible des intérêts des citoyennes et citoyens de Chambly. »
Le journal apprenait, de Jean-Philippe Thibault, conseiller signataire du district du Bassin que les absences dénoncées de la mairesse posaient problème avant même l’annonce de sa maladie et de sa réélection en 2025. « Cette absence est progressive depuis quelque temps, avant la déclaration de sa maladie », nous a indiqué M. Thibault. Une déclaration qui a été faite avant sa réélection en 2025. Le jour de la réélection de Mme Labbé comme mairesse, tous les conseillers signataires, à l’exception de Francine Guay, étaient aux côtés de la mairesse pour célébrer la victoire.  

« Il est clair que cette coalition d’élus contrevient au code d’éthique et de déontologie adopté par le conseil. » – Alexandra Labbé 

Possibilité de recours

Dans son intervention sur les réseaux sociaux, Mme Labbé précise que « des informations trompeuses ont été communiquées à mon sujet et je souhaite réitérer que mon approche décentralisée, qui laisse plus de place aux conseillers et conseillères, demande un engagement sincère de la part de chacun. En cette première année de mandat, on a insisté pour me faire participer à des réunions sans ordre du jour et non documentées. Ce type de rencontres, contraire à mes valeurs, remet en question les méthodes de travail du conseil et crée de la confusion », peut-on lire.

Elle ne cache pas son intention d’aller plus loin dans ce dossier. « Dans un tel contexte, si des élus ont décidé de faire une coalition pour modifier les façons de faire, il faudrait qu’ils énoncent clairement leurs objectifs, qu’ils fassent preuve d’un minimum de transparence en expliquant aux citoyens ce qu’ils souhaitent obtenir comme résultats. Je serai prudente dans mes commentaires sur leurs allégations puisque j’analyse toujours les recours à ma disposition », précise-t-elle.

Elle rappelle d’autre part qu’elle n’a jamais caché sa maladie avant sa réélection. « Il y a près d’un an, vous m’avez fait confiance pour une troisième fois. Vous l’avez fait en connaissance de cause, sachant que je faisais face à un terrible diagnostic et que malgré tout j’investirais toutes mes énergies pour que Chambly soit un endroit où il fait bon vivre et que vous soyez au cœur des décisions du conseil municipal. » Elle précise d’autre part que cela n’a pas été un prétexte pour ne pas être présente sur le terrain. « Tenter de faire parler des chiffres sur ma présence à diverses réunions est réducteur et ne reflète en rien ma capacité à assumer mes fonctions, ni ne mesure la qualité de mon engagement. »

Recours 

Toute personne ayant des motifs raisonnables de penser qu’une élue ou un élu municipal ou une ou un membre du personnel de cabinet n’a pas respecté le code d’éthique et de déontologie de sa municipalité peut communiquer des renseignements à la Commission municipale du Québec (CMQ) concernant ledit comportement. La CMQ conduit les enquêtes administratives et peut transmettre à l’élue ou à l’élu municipal visé, s’il y a lieu, une citation en déontologie municipale. Elle entend les parties sur le contenu de la citation, tranche et sanctionne, le cas échéant, les manquements commis par une élue ou un élu municipal aux règles prévues dans le code d’éthique et de déontologie de sa municipalité.

La dernière fois que la CMQ a été saisie à Chambly, elle a assuré la tutelle de la Ville entre 2019 et 2021 à la suite d’enquêtes de l’UPAC et de la CMQ sur l’éthique de l’ancien maire Denis Lavoie. Le gouvernement du Québec avait alors placé la Ville de Chambly sous le contrôle direct de la CMQ.