Chambly : la gestion des maisons patrimoniales en cause

À la suite du refus de démolir la maison patrimoniale située au 83, rue Saint-Pierre à Chambly, plusieurs élus du conseil municipal ont pointé du doigt les exigences actuelles sur l’entretien des maisons patrimoniales. La question sur l’adaptation de cette politique pourrait bien se poser.

Magali Paquette et Serge Tardif avaient un rêve. « On souhaitait habiter à Chambly pour nous rapprocher de la famille. Aussi, le bassin de Chambly est magnifique en été. Ensuite, on a eu ce coup de coeur pour cette maison patrimoniale. On voulait quelque chose de spécial. » Finalement, l’aménagement au 83, rue Saint-Pierre a été accompli en décembre 2024.

Lors du plus récent conseil municipal, le couple s’est vu refuser la démolition de sa maison pour réaliser son projet après un processus de plus d’un an. Une décision qu’il ne comprend pas. « Au départ, nous voulions simplement rénover. C’est un architecte recommandé par la Ville qui a émis l’hypothèse qu’une démolition pour une reconstruction à l’identique mériterait considération. On nous interdit de mettre de l’aluminium sur la structure alors qu’il y en a déjà. Il est où, le patrimoine? À part l’allure générale, il n’y a rien. Une rénovation coûterait 800 000 $, selon nos estimations. C’est plus de deux fois la valeur de la maison! »

Positions différentes

Après un passage au comité de démolition, Magali Paquette et Serge Tardif ont reçu le soutien de Jean-Philippe Thibault au conseil municipal. Le conseiller du district du Bassin a voté en faveur de la démolition. « Ma position diffère de celle prise lorsque je siégeais au conseil de démolition, explique-t-il. En tant que membre du conseil municipal, je prends en compte les intentions des propriétaires, de l’ensemble du contexte, de l’intérêt des citoyens et de l’histoire de cette rue. »

Jean-Philippe Thibault va plus loin en pointant du doigt le processus. « Je suis mal à l’aise avec le règlement. Il faut améliorer la gestion de la détérioration avec des obligations plus claires et plus sévères. Ce n’est pas aux propriétaires actuels de payer les erreurs du passé. J’aimerais que personne d’autre n’ait à vivre la même situation. »

Changements

Son intervention a trouvé écho parmi plusieurs conseillers, comme Francine Guay. « Il faut des termes qui étudient la gestion de la détérioration. Il faut agir en amont et non quand il est tard dans le processus. » Luc Ricard appuie ces déclarations. « Il va falloir faire quelque chose. Faudra-t-il jouer à la police du patrimoine? Comment faire pour trouver des budgets pour aider à sauver tout cela? L’analyse aurait dû être faite depuis un bon bout de temps, mais c’est sûr que le conseil municipal veut sauver ce qui reste de patrimonial dans la ville. »

De son côté, Alexandra Labbé estime que la politique patrimoniale répond aux besoins actuels.

« Nous avons fait beaucoup de travail en ce sens ces dernières années. Est-ce que l’on peut faire mieux? Possiblement. Mais nous sommes meilleurs que beaucoup d’autres villes de la région. Néanmoins, il est vrai que ce sera toujours difficile de responsabiliser les vrais coupables. On verra au fil des discussions ce que l’on peut faire. »

En attendant, Serge Tardif invite les voisins à venir leur parler. « Des gens se sont plaints après avoir vu la pancarte de démolition. Mais venez parler avec nous pour avoir un avis éclairé! J’avais obtenu 24 appuis à la suite d’un porte-à-porte que j’avais réalisé. »