Chambly : la fonderie Fondrémy fête ses 50 ans

La fonderie Fondrémy vient de fêter ses cinquante ans. Au coeur du secteur industriel de Chambly, l’entreprise familiale est devenue une institution.

La fonderie Fondrémy, c’est d’abord des souvenirs d’enfance pour Didier Lemair, le plus jeune de la fratrie à la tête de l’entreprise cinquantenaire. « Dès dix ans, on y travaillait tous les étés, sourit l’ingénieur en génie métallurgique du groupe. On grattait et peaufinait les pièces de sable pour en faire des pièces de fonderie. »

Thierry, son aîné, se souvient aussi des travaux réalisés en famille alors qu’il était encore tout jeune. « Je n’aimais pas aller à l’école, alors mon père m’amenait à l’entreprise pour travailler. On a fait tous les travaux possibles ici. J’ai appris sur le tas. À l’heure de m’orienter professionnellement, je ne savais pas où aller et j’ai donc choisi de faire un DEP en usinage. Ensuite, je me suis spécialisé pour finir par prendre de l’expérience chez un usinier. Enfin, nous avons pu créer notre département en usinage, en 2013, pour être autonomes dans ce domaine. »

Aujourd’hui, les trois frères gèrent l’entreprise, Francis étant celui qui s’occupe des finances. « Le puzzle s’est imbriqué naturellement, explique-t-il. On a décidé de reprendre l’entreprise familiale en y contribuant chacun à notre manière. Nous sommes la troisième génération qui reprend le flambeau et c’est une grande fierté de continuer cet héritage. Travailler entre frères est un mode de vie. On peut s’exprimer, il règne une certaine relation de confiance. »

L’œuvre du grand-père

Tout a commencé dans les années 60, lorsque Rémy Lemair a décidé de créer son entreprise. Le démarrage s’est effectué en 1975, avec trois employés et une superficie de 3 000 pieds carrés. « Il venait de France et travaillait au Québec, raconte Didier. Or, il n’aimait pas la mentalité dans le travail. Ainsi, il a créé son entreprise avec sa vision et son savoir-faire. Mon grand-père avait développé beaucoup d’expertise en fonderie. Le nom de l’entreprise est d’ailleurs un jeu de mots avec son prénom. »

Au fil de son développement, l’entreprise, qui compte une centaine de travailleurs, s’est adaptée aux défis qui se sont présentés à elle. « Je suis parti dans le service des ventes en 2020, explique Thierry. Cela a permis de rassurer les clients, car la fonderie est un domaine très particulier et, comme j’y ai travaillé des années, je connais bien ce secteur. Nous avons pu prendre des initiatives, comme en 2023, avec l’achat d’une entreprise basée à Richelieu. Elle sert aujourd’hui de centre de recyclage d’aluminium. Nous récupérons ainsi les restes de tout le monde pour devenir autonomes dans notre approvisionnement en la matière. »

Le Québec est touché, depuis plusieurs années, par une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs spécialisés. Fondrémy n’échappe pas au phénomène et apporte ses solutions. « On offre de la formation à l’interne, précise un employé. Elle est régie par le ministère de l’Éducation. »

La décision de Donald Trump, président américain, de taxer doublement les droits de douane concernant l’acier et l’aluminium n’effraie pas Fondrémy. « On s’alimente au Québec et nos clients sont des Canadiens, en grande majorité. Donc, nous ne vivons pas de problème. »

Une entreprise qui dure

Parmi ses réalisations, l’entreprise chamblyenne propose des pièces en bronze ou encore en aluminium. « On réalise des travaux reliés à l’électricité, au transport de l’eau ou encore aux ponts », rappelle Didier Lemair. Pour Francis, travailler dans la fonderie est une passion. « C’est un vieux métier mais où nous travaillons sur le développement, poursuit Francis. Les procédés sont vieux et les mettre à jour, c’est un beau défi. »

Le ministre de l’Immigration et député de Chambly, Jean-François Roberge, a tenu à souligner cet anniversaire. « L’important est qu’une personne a migré pour créer une entreprise qui dure dans un contexte familial. C’est-à-dire que nous traitons bien tous nos collaborateurs. »