Chambly : la circulation sur la rue de Richelieu en question

Plusieurs résidents de la rue De Richelieu à Chambly réclament un changement rapide de la circulation routière dans le quartier. Le flux et les comportements sont ciblés.

La rue De Richelieu semble touchée par la grâce en raison de son emplacement et de son cadre de vie. Le long de la rivière Richelieu, elle démarre à proximité du parc des Rapides pour se terminer au parc de la Commune. Au total, un bon kilomètre d’une rue bordée d’arbres, de maisons imposantes avec, en bruit de fond, la rivière qui s’écoule.

Mais depuis plusieurs semaines, Gérald Martin, à l’image d’autres résidents de la voie, en a assez. Habitant depuis 26 ans dans la rue, le Chamblyen cible le trafic. « Beaucoup de choses ont changé ici, explique-t-il. On voit arriver plus de voitures, plus de vélos, de piétons et maintenant des trottinettes électriques. Si bien que cette rue, destinée au trafic local, voit ses règles de circulation inadaptées au contexte actuel. On risque bien d’avoir un accident grave dans pas longtemps! »

Pierre, vivant à quelques maisons depuis 1994, assure que l’artère conviviale, à sens unique, devient dangereuse. « On voit des gens montrer leurs grosses cylindrées et des pelotons de cyclistes foncer têtes baissées. On constate, récemment, l’arrivée des trottinettes électriques rapides, qui slaloment entre les piétons et les voitures, sans respect pour la circulation. Cela pourrait bien virer à la catastrophe. »

Histoire de sens

Les résidents constatent la dangerosité de la circulation depuis le mois de mai. « C’est bien normal, les gens viennent pique-niquer au parc des Rapides, on n’a rien contre le loisir, reprend Gérald Martin. Mais il faut ajuster les règles de circulation, car tôt ou tard, un enfant va se faire happer à toute vitesse. J’ai assisté à deux accidents, récemment, impliquant des trottinettes. Il faut que la Ville ajuste les règles. »

Dans leurs plaintes à la Municipalité de Chambly, les résidents réclament une inversion du sens unique. « La circulation n’est pas logique actuellement, assure Murielle Provost, résidente à proximité du parc des Rapides. Une fois engagé, nous n’avons pas le choix d’aller jusqu’au bout de la rue pour en sortir, alors qu’un double sens au niveau de la rue Lafontaine permettrait de regagner l’avenue Bourgogne plus vite et d’alléger le trafic sur la rue. Par le passé, la rue Lafontaine avait bien les deux sens, pourquoi ce n’est plus le cas? Cela réglerait 90 % du problème. »

De l’autre côté de la rue, Gérald Martin insiste sur le fait qu’inverser le sens de la circulation serait bénéfique, selon lui. « Actuellement, il y a trois accès pour arriver sur mon segment de rue : la rue De Richelieu, la rue du Centre et la rue des Voltigeurs.

Une inversion permettrait de limiter l’intérêt d’emprunter cette voie aux résidents, ce qui serait bien plus sécuritaire, au lieu d’avoir le trafic de tout un quartier. »

Question de temps

Autre argument que défendent les résidents, le coût de l’opération. « Il est quasiment de zéro et cela ne demande aucune infrastructure!, poursuit Gérald Martin. On a parlé à la Ville, qui explique que cela devrait passer au conseil municipal d’août. Mais ce serait une bonne nouvelle que cela se fasse encore plus rapidement. »

Les résidents ont établi un dialogue avec la Ville. Le conseiller municipal Carl Talbot s’est montré ouvert à un dialogue et à la possibilité de répondre favorablement aux requêtes des citoyens. « J’ai constaté que plusieurs éléments relevaient du  »gros bon sens ». J’ai envoyé mon rapport à l’administration de la Ville et à la Table des transports. On va voir ce que l’on peut faire à court et moyen termes, mais je ne peux dévoiler de calendrier précis pour le moment. »

Concernant la sécurité autour des trottinettes électriques, la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent réfère à l’article 319 2e alinéa du Code de la sécurité routière afin de rappeler les usages autour de ce moyen de transport. « Il est interdit de circuler en sens inverse de la circulation ou de ne pas avoir d’équipement/accessoire voyant la nuit. Le cellulaire et les écouteurs sont interdits. Les amendes pour ces manquements sont estimées à 80 $. »