Chambly : la chefferie de la CAQ : « Pas dans mes plans »

Avec la démission de François Legault, premier ministre du Québec, Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration/Francisation et député de Chambly, nomme au journal que la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ) « n’est pas dans ses plans ».

Quelques heures après l’annonce publique de la démission de François Legault, premier ministre du Québec, le Journal de Chambly s’est entretenu avec Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration/Francisation et député de Chambly, afin de savoir quelles étaient ses intentions pour la suite des choses. 

Il a d’abord laissé entendre que la chefferie du parti n’était pas dans sa mire. « Ce n’est pas dans mes plans. » Il revenait d’un bain de foule, au Centre sportif Robert-Lebel, après la soirée d’ouverture officielle du Tournoi provincial M13 de Chambly. « J’ai été surpris du grand nombre de personnes qui m’ont posé la question et m’ont dit qu’elles m’appuieraient », mentionne M. Roberge. Il ajoute avoir reçu le même genre de commentaires de la part de collègues, de membres du personnel politique, d’attachés de presse et de membres du cabinet. « Honnêtement, je ne m’attendais pas à ça. Ce n’est toujours pas mon intention. J’écoute ce que les gens ont à me dire à ce moment-ci », révèle le ministre de la Francisation.

Des candidatures se profileront pour occuper le siège de François Legault. « Je vais attendre. C’est trop tôt. D’autres personnes vont faire connaître leurs intentions et idées dans les prochaines semaines. Il faut laisser le temps aux gens de faire leurs réflexions », répond-il quant à qui pourrait prendre la tête de la CAQ.

« Ce n’est toujours pas mon intention. J’écoute ce que les gens ont à me dire à ce moment-ci. » – Jean-François Roberge

L’usure du premier ministre

Quand on lui demande s’il s’attendait à la démission de son chef, M. Roberge répond que « c’était possible, mais je ne l’anticipais pas ». Avant Noël, François Legault avait affirmé sa volonté de ne pas quitter son poste. « Je pense qu’il a fait sa réflexion pendant le temps des Fêtes », estime le député chamblyen.

Un nouveau sondage de Pallas Data, mené du 9 au 10 janvier derniers pour Qc125 et L’actualité, n’indique pas des chiffres réjouissants pour la CAQ. Derrière les péquistes (34 %), les libéraux (24 %) et les conservateurs (16 %), la CAQ se retrouve nez à nez avec Québec solidaire à 11 %. Malgré les départs récents des ministres Pierre Fitzgibbon (Économie), Lionel Carmant (Services sociaux) et Christian Dubé (Santé), Jean-François Roberge soutient que les membres du parti ne demandaient pas la démission de François Legault. « Il constatait qu’il y avait des Québécois qui n’écoutaient plus ce qu’il disait par sa présence. C’est un geste d’une grande humilité qu’il a posé », avance M. Roberge.

Le député de Chambly considère que le départ de François Legault n’était pas devenu inévitable. « Je pense quand même, qu’objectivement, la lecture du premier ministre est la bonne. Il y avait beaucoup de Québécois d’accord avec nos idées, mais qui n’étaient plus disposés à aller de l’avant avec la CAQ à cause de l’usure, normale, du premier ministre. Même si ça me fait de la peine, je pense que c’était la bonne décision », convient Jean-François Roberge.

Première course à la chefferie

À l’intérieur de la CAQ, « les gens sont soit sous le choc ou se projettent vers l’avenir », fait savoir Jean-François Roberge. Ce départ de François Legault, à neuf mois des élections générales provinciales, fait en sorte que la CAQ vivra la toute première course à la chefferie de son histoire. « Je pense qu’il y aura une certaine fébrilité, un enthousiasme, prévoit le Chamblyen. C’est comme si ça permettait l’arrivée de nouvelles personnalités, de nouvelles idées. Il y a peut-être un petit vent de renouveau qui va souffler. »

Le ministre de l’Immigration entrevoit l’avenir du parti avec confiance. « En grande partie, les Québécois ne veulent pas d’un référendum. Ils ne veulent pas d’un gouvernement à genoux devant Ottawa. Ils sont quelque part au centre-droit. Il veulent défendre l’identité, la langue et avoir une économie forte. Essentiellement, ce sont nos positions et valeurs », énumère-t-il. Il déclare ne pas être inquiet pour le sort de la CAQ. « Je ne vois pas comment il ne pourrait pas y avoir une remontée dans les sondages », avance-t-il.

Moments exaltants et sensibles

Jean-François Roberge retient de François Legault la création d’une troisième voix au pouvoir. « Enfin, les Québécois n’ont pas eu à choisir entre un gouvernement nationaliste et un gouvernement économique », juge-t-il.

M. Roberge et François Legault ont connu ensemble des moments « exaltants », comme la fondation du parti, et d’autres « plus sensibles », notamment la crise pandémique, lui à titre de ministre de l’Éducation. Après un mandat à l’opposition, M. Roberge a vécu les deux suivants aux rênes de la province. « J’ai été très fier d’avoir travaillé avec lui », complète le député local.

De son côté, Audrey Bogemans, députée caquiste dans la circonscription d’Iberville, n’a pas répondu aux questions du journal relativement au départ de François Legault.