Chambly : en souvenir d’une cousine victime d’un féminicide

La Chamblyenne Claudine Ayotte publie le livre Pour que la lumière des lucioles ne s’éteigne jamais, après le féminicide dont a été victime sa cousine, en juin 2025. L’initiative permettra de remettre des sous à un organisme qui vient en aide aux victimes de violence conjugale.

En juin dernier, Joanie Imbeault a été victime d’un féminicide, à Vaudreuil-Dorion. Il s’agit de la cousine de la Chamblyenne Claudine Ayotte. « Je me souviens encore de cette journée et à quel point je me sentais impuissante. Ce soir-là, je me suis mise à écrire. J’ai continué au fil des mois, songeant à ce que mon oncle et ma tante pouvaient ressentir quotidiennement depuis le 17 juin », relate-t-elle. C’est ainsi que son livre, Pour que la lumière des lucioles ne s’éteigne jamais, est né.

La Chamblyenne explique que le lien de proximité n’était pas élevé entre sa cousine et elle. Cela ne change pas le fait qu’elle a été ébranlée par l’annonce de son décès, dans ce contexte de féminicide. « Ça a donné un choc. On ne s’attend pas à ce que ça arrive dans nos propres familles. C’est une façon de démontrer mon soutien », déclare-t-elle.

Urgence d’agir

Par respect, avant de publier, Claudine Ayotte a fait lire ses écrits aux parents de la défunte, qui avait 32 ans. « Ils ont été très touchés », remarque-t-elle. Le manuscrit a ensuite été soumis à deux maisons d’édition. Depuis 2026, les féminicides se sont succédé. « J’ai ressenti l’urgence d’agir face au nombre de féminicides depuis le début de l’année et au délai de réponse des maisons d’édition », indique la femme.

Elle souligne donc s’être tournée vers des compagnies d’autoédition québécoises. Par dépit, en raison des coûts, elle a plutôt opté pour Amazon. Elle en a fait imprimer quelques dizaines d’exemplaires.

Pour chaque livre vendu, un montant sera remis à un organisme qui vient en aide aux victimes de violence conjugale, choisi par les parents de Joanie. L’oncle de Mme Ayotte mettra sur pied une fondation pour sa fille, dans une visée de prévention et d’éducation. 

Le lancement officiel du livre a eu lieu le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Claudine Ayotte soutient qu’à travers la lourde épreuve, un lien plus fort s’est développé avec son oncle et sa tante.

La présence des lucioles

La Chamblyenne explique le titre du livre, qui fait référence aux lucioles. « Le papa de Joanie a demandé un signe. Une petite luciole s’est alors déposée sur lui », fait-elle savoir. Lors de l’écriture du livre, elle a également noté la présence de l’insecte lumineux dans sa cour arrière. « C’était super beau. C’était inspirant. Il ne faut pas qu’on les oublie, ces femmes-là », termine Mme Ayotte.