Chambly : des personnalités attachantes lors de la Balade de rêve
En se proposant comme conductrice lors de la Balade de rêve offerte aux adultes ayant une déficience intellectuelle (DI) et/ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA), Clea Reynolds a découvert quatre personnalités « attachantes », chacune à sa façon.
La Balade de rêve de la Fondation Le Renfort est organisée pour une clientèle ayant une déficience intellectuelle (DI) et/ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Clea Reynolds, propriétaire de la Galerie de Miss Rey à Chambly, a levé la main pour devenir chauffeuse d’un jour. Son bolide est un Honda Civic 2014 coupe EX. Le modèle sport rouge lui a fait rencontrer quatre passagers qui ont marqué sa vie, tour à tour, le temps d’une randonnée d’une quinzaine de minutes.
Quatre personnalités différentes
Avant que ses passagers n’intègrent son véhicule, Clea Reynolds a fait les présentations en bonne et due forme. « Ils embarquent dans une voiture avec un étranger. Ça pourrait les bouleverser. Mais ils en étaient très heureux », remarque celle qui participait pour une toute première fois à l’événement. Selon l’usager, le segment de route diffère. « Des fois on parle… ou on ne parle pas. Il faut être à l’écoute de l’autre », souligne-t-elle avec délicatesse.
La première passagère a été Josée. Clea Reynolds la décrit comme étant l’artiste de la gang. Elle exprime son talent notamment à travers la peinture au diamant. « Je me suis dit qu’elle était tombée dans la bonne voiture. J’irais n’importe quand au musée avec elle! », envisage-t-elle.
Xiao-Fei a été la seconde passagère. « C’est ma petite danseuse », définit Clea Reynolds. Le toit ouvrant, bras dans les airs, les chansons ont défilé. « On crinque la musique et on danse! J’irais à la discothèque avec elle anytime! », évalue cette fois la conductrice.
Jacques-André, troisième participant, a 63 ans, le même âge que Clea Reynolds. Elle l’a identifié comme étant son philosophe.
« On a parlé des vraies choses », établit Mme Reynolds. Elle soutient que son passager a dénoté son accent et lui a demandé si elle parlait une autre langue que le français. Jacques-André étant natif de l’Ontario, ils ont basculé vers l’anglais. Ainsi, ils ont parlé de leurs origines et des leçons paternelles respectivement reçues. « C’était très intéressant. Avec lui, un café et une jasette, n’importe quand! », conclut-elle.
Elle termine avec Olivier, son politicien souriant préféré. « Je suis le premier ministre du Québec », disait-il en saluant les passants et en appuyant abondamment sur le klaxon. Avec lui, le rire était était dans la place. « Il a mis son bras autour de ma tête, comme s’il était mon chum. Il était très à l’aise avec moi », déclare-t-elle. Sur une trame de fond d’élections municipales à venir, « Oli, je vote pour toi! », confie Clea Reynolds.
« Ça m’a permis de connecter avec eux individuellement, humainement. Ce n’est pas quantifiable, la gratitude et le sentiment que ça procure », identifie Mme Reynolds. Elle a tellement apprécié l’expérience qu’elle a déjà signifié sa présence pour l’année prochaine.
Femmes en minorité
Clea Reynolds était minoritaire en tant que femme derrière le volant. Elle chiffre que 130 usagers se sont partagé 113 voitures. Elle affirme que seulement 12 femmes étaient conductrices, dont l’une d’un tracteur agricole. Elle a souhaité immortaliser le moment en les prenant en photo. « C’est tellement rare. C’est un monde masculin, que celui des voitures », reconnaît-elle.
De père en fille
Ce véhicule rouge, entretenu aux petits soins, Clea Reynolds l’a acheté lors du décès de son père. » Il était maniaque de chars sport « , rappelle-t-elle. Elle se remémore la Porsche décapotable, aussi rouge, qu’il possédait quand elle était enfant. » J’ai grandi avec un papa qui aimait les voitures. Il m’a transmis sa passion « , identifie-t-elle.


