Chambly : des garderies veulent accueillir davantage
Deux garderies de Chambly, La Boîte à soleil et Franquette la grenouille, ont sollicité l’aide de la Ville pour réaliser leurs projets d’agrandissement. L’administration chamblyenne a refusé, invoquant un manque de fonds.
Alexandra était dans les gradins du conseil municipal de Chambly la semaine dernière. Mère de famille chamblyenne, elle fait partie de la délégation d’une dizaine de personnes, représentant les garderies La Boîte à soleil et Franquette la grenouille, venues chercher des réponses.
Elle veut une explication au refus de la Ville de Chambly relativement à la demande d’aide financière pour les aménagements extérieurs des deux centres de la petite enfance (CPE). Une décision publiée sur l’ordre du jour. « J’habite à Chambly depuis des années et je suis obligée de me rendre à une garderie à Saint-Jean-sur-Richelieu par manque de places. On a besoin de ce projet. » Mélanie Gauthier, directrice générale de Franquette la grenouille, précise les ambitions des deux garderies. « Nous voulons agrandir nos structures, ce qui permettrait d’accueillir 80 enfants supplémentaires chacune de notre côté. Actuellement, la liste d’attente monte à 1 400 noms. Le fait que la Ville ne nous aide pas est une déception, même si elle affirme qu’elle nous a donné un taux préférentiel lors de l’acquisition du terrain pour cet agrandissement. »
Priorité aux Chamblyens
L’enjeu de ce problème est double. Tout d’abord, au chapitre du nombre d’enfants à accueillir. « Le gouvernement du Québec a conservé ses montants inchangés pour investir, mais les coûts ont augmenté depuis, assure Mélanie Gauthier. Donc, la garderie doit investir des capitaux supplémentaires pour réaliser ce projet. »
La Boîte à soleil a demandé 252 275 $ et Franquette la grenouille, 179 588,33 $. Des montants que la directrice de garderie explique. « L’autre enjeu est la provenance des enfants. Cela fait des années que je gère la garderie à Chambly et j’ai toujours priorisé les enfants de la ville sauf exception, comme les employés, par exemple. Aujourd’hui, un règlement stipule qu’à moins qu’une ville ait fait un apport suffisant, 50 % des places lui seront accordées, le reste sera ouvert aux personnes extérieures. Cela ira par ancienneté. C’est au ministère de la Famille de juger. Dans d’autres villes, les garderies peuvent bénéficier de dons de terrain. C’est leur manière de contribuer. »
Ainsi, les garderies demandent un coup de main à la Ville, mais pas forcément au porte-monnaie. « Cela peut être de l’argent, certes, mais aussi de la main-d’œuvre, des arbres, du gazon ou encore des accessoires totalisant la somme demandée, assure Mélanie Gauthier. Or, nous ne sommes pas sûrs que la Ville a compris que nous sommes ouverts à cette possibilité, car nous n’avons pas eu l’occasion d’échanger. Néanmoins, nous sommes toujours aussi déterminés à réaliser notre projet. »
Fonds indisponibles
Alexandra Labbé, mairesse de Chambly, revient sur l’historique de ces deux agrandissements, précisant que la volonté de les réaliser remonte à quelques années déjà. « Je me rappelle qu’en 2021-2022, on a tout fait pour trouver des terrains à taux préférentiel, c’est-à-dire en dessous des prix du marché. On s’était mis en marche pour s’assurer que cela se concrétiserait. Mais la disponibilité des fonds a changé avec tout le temps qui s’est écoulé depuis. »
La mairesse revient sur les obligations de la Ville, qui l’empêchent, selon elle, de venir en aide aux deux CPE. « La Ville a des missions comme la voirie, le déneigement, les nids-de-poule et aussi des parcs. On garde à l’esprit cet aspect de la famille dans notre mandat. Pour les CPE, ce n’est pas une responsabilité municipale, mais du ministère de la Famille. On a analysé votre demande.
Ce qui revient aussi est que nous avons un fonds, destiné aux parcs, presque vide et on a déjà fait des investissements autour d’une des deux garderies.
On a déjà respecté des engagements dans le processus. Est-ce que ce projet bénéficiera à l’ensemble de la population? Est-ce que ces sommes sont de notre responsabilité première en tant que municipalité? La réponse est que nous n’avons pas les moyens d’aider sur ce coup-ci. »
