Chambly : défibrillateurs à installer en Montérégie

La Fondation Jacques-de Champlain a lancé une campagne de sensibilisation autour des défibrillateurs. L’objectif est d’en mettre davantage à la disposition des citoyens et surtout de leur laisser savoir où exactement.

Le printemps arrive tranquillement et, avec lui, ce sont des milliers d’adeptes qui se retrouveront sur la scène sportive, intérieure comme extérieure. La Fondation Jacques-de Champlain, dédiée à soutenir les soins en réanimation, a choisi cette période pour mettre l’accent sur les défibrillateurs.

Eddy Afram, directeur du programme d’accès public à la défibrillation à la Fondation, constate que l’accès aux défibrillateurs est en amélioration. « On assiste à une lancée positive par rapport à l’état de la situation trois ans auparavant. On voit une croissance importante puisque nous sommes passés de 4 000 défibrillateurs à plus de 11 200 aujourd’hui au Québec, mais un grand chemin reste encore à faire puisque les maillons de la chaîne d’intervention ne sont pas aussi stabilisés qu’on le souhaiterait. On parle du bon samaritain, du citoyen sauveteur, de l’ami ou simplement du témoin de la victime qui s’effondre d’un arrêt cardiaque. »

Malgré tout, le directeur dresse un bilan pas aussi positif de la présence des DEA en Montérégie. « Si l’on regarde en nombre absolu, la Montérégie est la deuxième région du Québec à détenir le plus grand nombre d’appareils avec 1467 à ce jour. Mais pour 8 800 km2 de superficie, c’est piètre. L’important est de pouvoir obtenir un appareil au bon moment au bon endroit. Il reste de la place pour une amélioration. »

Intervenir lors d’un arrêt cardiaque est une question de secondes. Ainsi, Eddy Afram souhaite que, peu importe le lieu de Chambly où se trouve l’incident, la victime puisse obtenir de l’assistance immédiate. « Les témoins d’une personne qui s’effondre après un arrêt cardiaque sont ceux qui peuvent poser des gestes ayant le plus d’influence sur le taux de survie, poursuit-il. Pour les soutenir, il faut donc un défibrillateur à proximité qui soit inscrit dans notre registre afin que les services d’urgence puissent guider le sauveteur. »

Disparités

Chambly compte plus d’une vingtaine de défibrillateurs, répartis sur son territoire selon la carte interactive de la Fondation, visible sur son site Internet. Est-ce suffisant? Peut-on s’attendre à en voir davantage dans les lieux un peu moins fréquentés? « Logiquement, un peu comme toute chose, les DEA se retrouvent dans les zones densément peuplées, assure le directeur. Cela me dit qu’il y a encore des efforts à faire au chapitre des régions, surtout dans des zones résidentielles qui ne sont pas particulièrement denses. Par exemple, on pourrait cibler un centre communautaire, un restaurant ou un dépanneur. »

Pour le moment, aucune obligation légale n’existe concernant la présence d’un DEA sur un territoire donné. « On a légiféré l’accès aux extincteurs à poudre, les avertisseurs de fumée, mais pas les appareils qui sauvent des vies, fait remarquer Eddy Afram. Ça fait partie, d’ailleurs, du dernier élément que l’on attend du gouvernement du Québec, qui s’est engagé dans son plan d’action sur le service hospitalier d’urgence déposé par le ministre, M. Dubé, en 2022-2023. »

Les complexes sportifs ne sont pas non plus tenus par une quelconque obligation concernant les défibrillateurs, selon le membre de la Fondation Jacques-de Champlain. « C’est ce qui est un peu absurde, aujourd’hui, poursuit le directeur. La CNSST travaille, selon notre compréhension, à émettre certaines recommandations pour les milieux de travail, mais certaines fédérations sportives se sont dotées de règlements internes dans lesquels elles l’exigent. Autrement, on doit voir plus auprès des regroupements professionnels, comme l’Ordre des dentistes du Québec, qui l’a imposé. »

Des solutions

Dans les milieux ruraux, Eddy Afram estime qu’il existe des solutions pour permettre aux DEA d’être davantage répandus. « La présence de premiers répondants est un élément de la chaîne, mais cela ne peut pas être le seul. C’est bien beau d’avoir des paramédicaux en sept ou dix minutes, mais lorsqu’on sait que le taux de survie baisse de 7 à 10 % par minute perdue, on ne peut pas mettre tout l’effort de cette réanimation sur le système. Donc, où trouver les DEA? On peut cibler des endroits regroupant des points d’intérêt communs et relativement rapides d’accès. On peut penser à un hôtel de ville. Il existe aussi des appareils connectés soit à des domiciles privés, à des haltes routières, voire à des points visibles de l’extérieur. »

Pour Eddy Afram, les avantages du DEA sont non négligeables. « Un tel appareil représente un coût de 1 500 $ et possède une durée de vie de dix ans, rappelle Eddy Afram. Un ratio de 150 $ par an n’est vraiment pas cher, considérant le taux de succès de la défibrillation rapide. De plus, le fonctionnement est très simple. L’appareil ne peut pas faire de court-circuit ou autre dysfonctionnement durant son utilisation. Il suffit de suivre les recommandations, aucune formation n’est nécessaire. »