Chambly : décibels dérangeants causés par une thermopompe

Des citoyens de la rue Saint-Jean se plaignent du bruit qu’émet la thermopompe d’un voisin. Ils estiment que le problème réside dans l’absence de « réglementation claire » de la part de la Ville de Chambly.

Une thermopompe suscite le débat sur la rue Saint-Jean, à Chambly. L’appareil, situé près de la ligne de démarcation et en corridor de deux maisons, trouble la quiétude.

Le voisin immédiat relate que la thermopompe émet un « bruit constant et régulier », été (climatisation) comme hiver (chauffage). « Le bruit de ventilation nous dérange, tant dans notre jardin que dans la maison », indique-t-il au journal. Il décrit la vibration comme un bruit sourd continu qui vient taper les murs des deux façades, rebondir et s’amplifier. « Nous avons dû mettre en place des panneaux acoustiques à l’intérieur dans les chambres qui sont des chambres d’enfant. Nous avons descendu notre chambre des maîtres au sous-sol », dépeint le voisin. Il raconte avoir mis des portes vitrées supplémentaires couchées aux abords des fenêtres du sous-sol pour constituer un quadruple vitrage et atténuer le bruit. « C’est une triste solution de fortune, qui plus est non esthétique », se résigne-t-il.

Site Web erroné

En août 2025, une plainte a été déposée à la Ville. Il était alors possible de lire sur le site Web de la Ville que le bruit d’une thermopompe ne devait pas dépasser plus de 50 décibels à la limite du terrain. Un inspecteur a procédé à des relevés sonores à trois endroits distincts. La première mesure, prise à environ 2 pouces de l’appareil, indiquait un niveau sonore de 84 décibels. La seconde évaluation, effectuée près du mur latéral gauche du voisin irrité, affichait environ 66 décibels. Enfin, la troisième mesure, réalisée à proximité de la façade du même bâtiment, indiquait un niveau de 71 décibels. L’inspecteur a toutefois informé le citoyen que, selon la réglementation municipale en vigueur, ces niveaux sonores ne permettaient pas de qualifier l’appareil comme une nuisance ou un bruit susceptible de troubler le voisinage. « Quant à l’élément mentionné à même notre site, le tout est erroné. Notre site Internet est tout nouveau et il s’agit d’une coquille datant de l’ancienne règlementation », a expliqué l’inspecteur, à travers un échange de courriels qu’a pu lire le journal.

Chambly informe que la notion de décibels a été retirée du règlement sur les nuisances en 2022. « Une lecture du nombre de décibels provenant d’un sonomètre lors de l’intervention d’un inspecteur n’est pas une preuve suffisante afin d’assurer un dossier pouvant être présenté à la cour municipale. En effet, l’inspecteur ne peut être considéré comme un expert à ce titre et le témoignage d’un ingénieur du son serait requis. Dans ce contexte, nous avons pris la décision de retirer la notion de décibels de notre règlement », justifie-t-elle.

Le voisin questionne donc sur les critères retenus pour clore que la thermopompe ne constitue pas une nuisance ou un bruit susceptible de troubler le voisinage. « Est-ce qu’une décision s’octroie sur la seule base discrétionnaire d’un inspecteur? », demande-t-il. « La décision relève de l’inspecteur, mais elle n’est pas arbitraire. Elle s’appuie sur le cadre réglementaire, sur des constats sur le terrain et sur l’exercice de son jugement professionnel », répond la Ville. À Carignan, en tout temps, il est interdit d’utiliser une thermopompe dont le niveau de bruit perçu au-delà des limites du terrain qui abrite l’appareil est supérieur à 55 décibels.

Une clôture en solution

« Si vous souhaitez atténuer davantage le bruit perçu, je vous suggère l’installation d’une clôture sur la ligne mitoyenne ou sur votre terrain. Cette mesure pourrait contribuer à réduire la propagation sonore », a conseillé l’inspecteur au voisin. La réglementation de la Ville ne permet pas une hauteur de plus de six pieds pour la clôture. Aucune législation n’est en vigueur pour la hauteur d’une thermopompe. La Ville n’a pas voulu émettre de commentaire à ce sujet.

Le voisin a fait appel à des soumissions pour des clôtures en composite. « Ça semble être la seule matière susceptible de faire barrage au bruit, mais toujours six pieds de haut maximal, ce qui rend finalement incertain l’effet escompté », observe-t-il. Il chiffre qu’il lui en coûterait entre 4 000 et 7 000 $, selon la distance ou la complexité du projet. « C’est une éventualité coûteuse, mais ce serait comme si la  »victime » devait encore plus payer qu’elle ne le fait déjà quotidiennement », estime l’homme mécontent.

Une étude sur le sujet

Une étude sur le contrôle du bruit des thermopompes en milieux résidentiels, réalisée par le Laboratoire d’acoustique de l’Université Laval, conclut que les unités extérieures de thermopompes résidentielles constituent une « source de bruit continu importante, dommageable pour l’environnement des milieux résidentiels ».

On y lit que les niveaux de bruit produits sont relativement variables, suivant la puissance des machines, leur technologie, leur degré d’usure et leur disposition autour de la résidence.

« Il faut éviter, en tout premier lieu, la proximité des fenêtres du voisinage et les réflexions nuisibles, sur un mur de façade ou sur un sol trop dur », est-il notamment écrit.