Chambly : Alexandre Forest : l’humoriste de la terre
L’humoriste Alexandre Forest sera en spectacle le 8 mai, au Délires et Délices de Chambly. L’homme de 32 ans, en rodage, se démarque notamment par son attachement à la terre, qu’il enracine jusqu’à son humour.
Alexandre Forest est en période de rodage en vue de son premier one man show. Le Mélanien a effectué sa sortie de l’École nationale de l’humour en 2016. Comme plusieurs humoristes, il a habité la métropole en raison de ses contrats dans le domaine. En 2024, il a effectué un retour au bercail, à Sainte-Mélanie, dans Lanaudière. « L’appel de la terre est revenu. Revenir dans la forêt, c’est identitaire pour moi », reconnaît-il.
L’artiste présente un humour moderne, mais toujours marqué par sa vie à la campagne. Dans ses capsules sur le Web, la présence du milieu agricole, du terroir, est mise en évidence. Ce champ est intégré à même son humour. Il raconte au journal l’humour qui caractérisait son père, un agriculteur sociable connu des autres citoyens. « Ça a toujours coexisté. L’humour est toujours présent en travaillant. Ça va de soi. Je suis prêt à dire que c’est de là que vient mon sens de l’humour », identifie Alexandre Forest.
Attachement au passé
On le voit parfois déambuler dans les brocantes, chez les antiquaires ou les friperies. Une forme d’attachement au passé, à l’histoire, s’en dégage. Il cite Louis Lebeau, un créateur et artisan ébéniste, décédé en 2016. « Toute cette matière, c’est comme l’accumulation des savoirs de l’humanité. On y retrouve la compréhension du matériel », relate Alexandre Forest. Il tisse un lien avec l’ère actuelle. « On imagine que l’on réinvente le monde et qu’on l’améliore en garrochant du plastique un peu à la grandeur. On réalise qu’il y a bien des affaires qui étaient pourtant déjà réglées », observe-t-il .
Un chat bien engraissé
L’un des personnages qu’incarne le citoyen de Sainte-Mélanie est celui qui semble avoir vécu la misère des années de guerre. Il replonge dans un Québec austère, où le peuple était intimement lié à ses récoltes et directement dépendant du fruit de celles-ci. « C’est un espèce de mariage entre le dur de la vie et l’univers du conte », dépeint Alexandre Forest. Dans ce monde fictif, son chat, bien engraissé, devient une option de nourriture après un long hiver aride et rigoureux. Alexandre Forest assure toutefois que le félin ne court aucun danger lorsque se ferme la caméra. Ce personnage est développé conjointement avec Rebecca Colère, son amoureuse. Complice, celle-ci est fortement impliquée dans la création du contenu de l’humoriste.
« Ça fait riche »
L’une de ses marques de commerce est la phrase « Ça fait riche ». Elle découle du personnage dans lequel il imite sa mère, qui témoigne son intérêt pour ce qui reflète l’image que « ça fait riche ». « Ma mère n’est pas la plus fan de ce personnage, confie-t-il en riant. Elle dit « Voyons, je ne suis pas d’même ». C’est aussi une canalisation de femmes que j’ai croisées dans ma vie, comme mes tantes, des amies de la famille, ma belle-mère. Il y a aussi une partie de moi qui existe à travers ça », révèle-t-il. Sur le chemin, l’expression « Ça fait riche » est devenue la phrase la plus nommée du public à son endroit.
L’amour du bois
Le campagnard est passionné d’ébénisterie. Manuel et curieux, il partage cet amour du bois avec ses abonnés. De façon plutôt ludique, il retape notamment d’anciens outils pour leur offrir un prolongement de vie. « Je pense que l’intérêt des gens par rapport à ça, c’est que l’on s’est beaucoup séparés du processus de la matière, de comment les choses existent. Ça fascine et rassure les gens de voir que c’est faisable, que ce n’est pas si sorcier », émet-il comme hypothèse. Le trentenaire, qui a grandi sur une ferme, a toujours manipulé les outils. Il précise que tout est parti lors de la découverte d’un rabot. « Je me demandais comment ça fonctionnait. Ça n’a fait qu’ouvrir une boîte de Pandore positive. J’ai une fascination pour laquelle je n’ai pas encore trouvé de fin », convient-il en terminant.
Ces « moments manuels » sont mentalement salutaires pour lui. Il en a besoin. Alors qu’il met à profit ce volet, l’imaginaire travaille en même temps et des idées se clarifient. En ce sens, l’ordinateur n’est jamais bien loin dans la shop à bois pour y noter du nouveau matériel en émergence.
