Carignan : un quartier à adapter selon sa circulation

Les résidents et les automobilistes se plaignent de la congestion, le matin sur la rue Gertrude, à Carignan, depuis la rentrée scolaire. La Ville a mis au point des actions pour fluidifier l’ensemble.

Habitante de la rue Gertrude à Carignan, Marie-Pierre n’en revient toujours pas. « J’ai dû attendre littéralement deux minutes pour pouvoir sortir de chez moi en voiture la semaine dernière. Je sais que ce n’est pas beaucoup, mais cela ne devrait pas arriver. »

En cause, le trafic dense qui sévit sur cette artère reliant le chemin Bellerive, très utilisé, et l’école du Boisé, nouvelle arrivante dans le paysage de Carignan. « Cela arrive durant les heures de pointe le matin, c’est-à-dire entre 7 h 15 et 8 h 15, poursuit la résidente carignanoise. Encore, je m’estime chanceuse, car ma maison est adossée à la rue Marie-Anne. Cela permet à mes enfants de pouvoir les accompagner à l’école en passant par derrière. Les autres, eux, doivent traverser la rue et ce n’est pas sécuritaire. »

Les raisons de ce phénomène? Une rue pas assez large pour permettre aux véhicules de se croiser en cas d’obstacle, comme une voiture en stationnement ou des travaux de construction. « La semaine dernière était un enfer!, surenchérit Caroline, qui demeure sur cette rue. L’école n’était pas supposée fonctionner à plein régime avec l’arrivée des secondaires un. De plus, le personnel de la Maison des aînés, qui arrive pour travailler, ajoute encore plus de trafic. Enfin, les vélos et les piétons empruntent cette voie et cela devient dangereux. On subit la situation. »

Problème réglé

En réponse aux requêtes des citoyens, la conseillère municipale Diane Morneau, responsable des secteurs Centre et du Parchemin, a pris plusieurs mesures. « Le problème est résolu. Nous avons demandé à la patrouille privée de la Ville de passer dans le secteur avant l’heure de pointe pour faire respecter les règlements, assure-t-elle. Le 9 septembre dernier, il est arrivé que des véhicules soient stationnés des deux côtés ou bien que du matériel de construction soit installé au milieu de la route. On veut à tout prix que les gens doivent passer en zigzag, cela ralentit considérablement le trafic. »

En parlant d’obstacle ralentissant le trafic, la conseillère a discuté avec la MRC de la Vallée-du-Richelieu. « Désormais, les camions de collecte de déchets passeront hors des heures critiques. Ils ne doivent pas passer dans un secteur d’école aux horaires d’ouverture et de fermeture d’école. Aussi, nous avons pris d’autres décisions afin d’alléger la rue Gertrude en imposant le début de tous travaux sur la rue à partir de 9 h et en permettant aux bus scolaires d’emprunter la rue Marie-Anne. »

Enfin, la seule sortie de la rue Gertrude se trouve à l’intersection avec le chemin Bellerive, ce dernier étant prioritaire, que ce soit pour les voitures, les camions ou les vélos de la route Verte qui l’empruntent. « Normalement, les automobilistes doivent emprunter la rue Henriette, plus large, qui comprend un arrêt à l’intersection avec le chemin Bellerive, tout comme ce dernier. Mais ils préfèrent aller au plus court et cela ne passe pas. »

En guise de solution, la Ville de Carignan songe aussi à créer une connexion avec la route 112 à partir de la rue Albani, voie perpendiculaire à la rue Gertrude. « En tout, ce sont 1 350 logements qui n’ont comme sortie unique que le chemin Bellerive, poursuit Diane Morneau. Nous avons déjà tenté de présenter un projet de prolongement jusqu’à la route 112 en partant d’Albani, mais nous nous heurtons au refus de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Nous avions pourtant fait une offre à l’agriculteur. Pour pouvoir tenter notre chance à nouveau, nous devons trouver de nouveaux arguments. »

Convaincre la CPTAQ

Pour la conseillère municipale, la situation est urgente. « Le ministère des Transports nous le confirme, l’intersection entre le chemin Bellerive et la route 112 est à plein régime! Elle voit passer 40 000 véhicules par jour! Un autre carrefour entre la route 112 et le quartier permettrait de diviser le trafic par deux. En soirée, j’ai déjà vu une file d’attente allant de la lumière jusqu’à la rue Daigneault, voire jusqu’à l’entrée de l’avenue Bourgogne! »

Diane Morneau assure que l’alarme est tirée et qu’il faut à tout prix une solution afin de fluidifier le trafic dans ce secteur de la ville. « Ce faubourg est populaire et l’ouverture prochaine du centre sportif densifiera davantage le secteur. Tout est prêt pour le prolongement de la rue Albani, même la lumière est déjà installée à l’intersection avec la route 112. Il ne manque plus que l’aval de la CPTAQ. On espère que d’autres institutions pourront nous aider à faire changer les positions. »