Chemin Bellerive

Carignan : enquête en cours en raison d’un remblai

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a ouvert une enquête en raison d’un remblai érigé par un citoyen de Carignan sur le chemin Bellerive.  

Un mur de terre est bien visible aux abords de l’autoroute 10. 

Le 16 novembre 2023, la CPTAQ avait refusé la demande d’autorisation, qui visait la réalisation de travaux de remblai pour la construction d’un mur coupe-son, soumise par le propriétaire du lieu. Une écurie se trouve sur ces terres, à moins de 200 mètres de l’autoroute. La partie demanderesse souhaitait augmenter le nombre de chevaux présents. Il était indiqué que le futur paddock d’entraînement serait situé à moins de 125 mètres de l’autoroute. « Les véhicules circulant sur l’autoroute 10 pourraient occasionner des problèmes de santé très graves aux chevaux », faisait savoir la partie demanderesse. Dans le but de « réduire le stress » des chevaux, augmenté par le bruit du passage des véhicules sur l’autoroute, un « spécialiste de l’acoustique recommande l’érection d’un mur coupe-son d’une hauteur de 15 pieds », soutenait-elle.

D’autres solutions

La CPTAQ s’est questionnée sur les conséquences d’un tel aménagement. « Elle (CPTAQ, NDLR) saisit bien l’importance de mettre en place des mesures pour le bien-être animal, mais elle se demande s’il n’y aurait pas d’autres façons d’atteindre cet objectif pour limiter la perte de ressource sol et, ce faisant, les possibilités d’utilisation du lot à des fins d’agriculture », est-il possible de lire dans la décision. 

En raison de l’enquête en cours dans ce dossier, la CPTAQ n’a pas voulu émettre de commentaire. Le journal n’a pas été en mesure d’entrer en contact avec le propriétaire du lieu.

La Ville avait dit oui

Par une résolution adoptée le 5 avril 2023, la Ville de Carignan avait appuyé la demande d’autorisation visant l’aménagement d’une seule butte végétalisée, adjacente à l’autoroute 10. « Il avait la possibilité de faire du remblai sur une certaine partie, à un certain niveau, mais il a excédé la quantité permise », remarque Patrick Marquès, maire de Carignan.

« Ce sont des travaux de nature illégale. » – Patrick Marquès

De son côté, le Comité consultatif agricole de Carignan ne recommandait pas l’aménagement de deux buttes végétalisées. Il proposait plutôt l’aménagement de haies brise-vent qui auraient un « plus faible impact » sur le milieu agricole. « Ce sont des travaux de nature illégale. Des procédures judiciaires sont entamées pour que les travaux cessent et que le terrain soit remis à son état d’origine », termine le maire carignanois.