Carignan : encore au palmarès des pires routes du Québec
Le 15 mai, CAA-Québec a dévoilé son palmarès des pires routes du Québec. Ce n’est pas la première fois que Carignan occupe une place peu envieuse dans ce palmarès et certains citoyens se posent des questions.
En 2021, chemin de la Grande-Ligne, à Carignan, avait décroché le titre des pires routes du Québec. Cette année, c’est au tour du chemin Bellerive, toujours à Carignan, d’occuper la cinquième place des pires routes de la Montérégie.
Pour le maire de la municipalité concernée, « La Ville ne souhaite pas commenter le sondage de la CAA portant essentiellement sur la mobilisation des usagers des routes », indique au journal Patrick Marquès.
La 10e campagne Les pires routes de CAA-Québec s’est déroulée du 2 au 27 avril 2025. Tous les usagers de la route (automobilistes, cyclistes, piétons, camionneurs, etc.) pouvaient signaler la pire route de la province sur le portail piresroutes.com. Un seul vote par route, par jour, par adresse courriel était permis. Au total, 3 027 votes ont été comptabilisés afin d’établir le palmarès final pour Les pires routes 2025. À propos de CAA-Québec.
« Tous voudraient un réseau routier de meilleure qualité, mais les moyens sont limités. Notre campagne est un rappel annuel que des choix doivent être faits, bien souvent entre l’entretien du réseau actuel et le développement de celui-ci », d’indiquer Nicolas Ryan, directeur des affaires publiques.
Des citoyens exaspérés
Les citoyens de Carignan sont très actifs pour signaler les problèmes d’infrastructures dans leur municipalité par le moyen de ce palmarès, mais pas que. Le chemin Brunelle à Carignan n’a pas été signalé à CAA-Québec et pourtant, l’exaspération monte là aussi auprès des citoyens quant à l’état de la route. « Nous parlons ici d’une route entièrement refaite il y a moins de deux ans, pour un coût de plus de 1,5 million de dollars. Comment expliquer que des travaux d’une telle envergure n’aient tenu que quelques mois? Et plus encore, comment justifier l’inaction actuelle, alors que le problème est connu, documenté et dénoncé?
L’impression est claire : le dossier traîne en longueur, sans volonté apparente d’agir ni de rendre des comptes. Ce manque de réactivité est non seulement inacceptable, mais il alimente aussi un profond sentiment d’injustice et de mépris envers la population », a signalé dans un courriel au journal Sébastien Bondu, un résident de Carignan.
En 2022, une aide gouvernementale de près de 800 000 $ avait été octroyée à la Municipalité pour mener des travaux d’envergure sur cette artère en 2023. Cette aide est venue financer à 50 % les travaux de réfection du chemin Brunelle, chemin parallèle à l’autoroute 10, qui ont été évalués à 1,5 million de dollars, comme le journal l’indiquait à l’époque.
À refaire
Aujourd’hui, la Ville a programmé, en août, la reprise des travaux en profondeur du chemin Brunelle, moins de deux ans après.
« Les travaux réalisés en 2023 semblent bâclés ou réalisés avec des matériaux de qualité douteuse. Il y a un manque de vision à long terme : plutôt que d’investir dans des solutions durables, la Ville a préféré un projet de façade, aux conséquences désormais visibles. Il y a une absence de reddition de comptes : où sont les responsables de ce gâchis?, de s’indigner M. Bondu. Le chemin Brunelle est devenu le triste symbole d’une gestion municipale qui a failli à ses responsabilités fondamentales. On ne parle pas ici d’une simple erreur, mais d’une incompétence criante, dont les impacts sont ressentis chaque jour par la population. Il est plus que temps que la Ville de Carignan rende des comptes et mette en place une véritable stratégie de gestion responsable et durable de ses infrastructures routières. »
Un chemin fermé
Pour M. Marquès, « Dans l’ensemble, le réseau routier est en bon état ». Mais il n’élude pas le problème du chemin Brunelle.
« Les travaux de traitement de surface ont été réalisés au mois de mai 2023 et dès le printemps 2024, nous avons noté une détérioration anormale du traitement de surface. Nous avons, à ce moment, pris la décision de nous faire conseiller, tant juridiquement que techniquement, afin de déterminer s’il y avait eu des manquements, soit à l’étape des études menant à la recommandation de cette technique de réhabilitation de chaussée ou lors de la réalisation. Ces études, qui nécessitaient des validations sur le terrain, sont maintenant complétées et les recommandations de reconstruction nous ont été transmises. Les prochaines étapes consistent à mandater un consultant pour la réalisation des plans et devis et la surveillance de travaux, pour ensuite réaliser des travaux correctifs. Puisque ces travaux correctifs sont importants et que nous devons respecter notre règlement de gestion contractuelle, la réalisation de ceux-ci est planifiée au cours du printemps 2026.
Entretemps, nous avons pris la décision de fermer le chemin Brunelle à la circulation en faisant des corrections ponctuelles. Nous ne commenterons pas davantage le volet juridique de ce dossier puisqu’il s’agit d’un dossier judiciarisé. »
Sur le site de la Ville, il est possible de lire que « Le chemin ne sera ouvert qu’à la circulation locale durant une période de deux mois. La Ville de Carignan informe les utilisateurs du chemin Brunelle qu’elle procédera à des travaux majeurs de réfection de la
chaussée (fondation de la chaussée et pavage) entre le chemin Salaberry et le chemin de la Source. Les travaux seront amorcés le lundi 29 août pour une durée approximative de deux mois, si les conditions météorologiques sont favorables. »
Rappelons qu’en 2021, la Ville avait instauré une taxe d’amélioration routière qui a pris fin dès 2024. La Ville n’a pas indiqué au journal le montant qui avait été récolté par cette initiative. M. Marquès a répondu que « les travaux routiers d’amélioration sont réalisés et financés par l’ensemble des revenus de taxation ainsi que de subventions gouvernementales diverses ».
