Carignan : des élèves très libres
Des résidents vivant dans le secteur de la nouvelle école primaire de Carignan se plaignent de dégradations survenant sur l’heure du midi. Dans leur collimateur, des élèves de première secondaire qu’ils estiment responsables.
« Mais où vont-ils? Dans le coin, il n’y a nulle part où aller, même pas un dépanneur. Regardez, ils marchent sur la piste cyclable. » Il est 11 h 25 en ce lundi, à proximité de la nouvelle école primaire de Carignan. Autour de celle-ci, des rues étroites et uniquement des quartiers résidentiels ainsi que des champs à perte de vue. Michel, vivant tout près, revient chez lui et gare sa voiture dans son allée.
Le Carignanois a décidé de prendre des ajustements par rapport à son travail afin de rentrer plus tôt chez lui. « Vous voyez, ils sont des dizaines à passer, mais le vendredi précédent, c’était bien pire! Lorsque je suis rentré chez moi ce jour-là, j’ai vu des jeunes dans mon jardin en train de lancer des pierres dans mon fossé. Ils avaient de l’eau jusqu’aux genoux! Ensuite, j’en ai surpris un autre sous mon tempo en train de chercher je ne sais quoi. Ils se sont excusés et sont partis. Désormais, je devance ma pause de midi à 11 h pour protéger ma maison. »
Comportements différents
Michel espère que la situation ne va pas durer, même si les beaux jours arrivent. « Ces enfants n’ont rien à faire là. Est-ce que cela va se terminer en attroupement de jeunes comme on a vu récemment à Repentigny? J’espère que la première secondaire dans cette école restera temporaire. Je vais écrire à la Ville pour savoir si un patrouilleur peut venir par moments pour assurer la sécurité. »
Dès 10 h 55, les premiers jeunes quittent l’établissement scolaire pour marcher dans la rue Marie-Anne Ouest. En cette douce fin de matinée, certains ont pris le parti de manger debout sur la route. Plus loin, un jeune s’assoit aussi au milieu de la rue en attendant ses amis. Des batailles de boules de neige sont improvisées, d’autres enfants se courent après. D’ailleurs, un camion de livraison est passé à deux doigts d’en renverser deux. Certains jeunes, plus calmes, marchent tranquillement sur le bas-côté. Voilà le décor auquel on est en droit d’assister sur les rues Marie-Anne Ouest, Albani, Gertrude et Henriette.
Non loin de là, Raj est victime aussi du passage des élèves. « Ils viennent sonner à ma porte et partent en courant lorsque je viens ouvrir. Cela arrive souvent. » Lola, vivant aussi dans le quartier, a vu les adolescents à l’oeuvre. « Aujourd’hui, des jeunes se promènent en groupes de 15 à 20, crient, marchent sur les terrains et sont très dissipés. Une dame a eu des infractions à sa maison cette semaine! Plusieurs citoyens se sont mobilisés pour vérifier leur enregistrement vidéo pour vérification. »
Éducation
Mis au courant de certains agissements, le Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) a tenu à se montrer rassurant. « Je suis allée voir de moi-même lundi dernier, précise Jessica Fortin, directrice adjointe de l’école secondaire de Chambly. J’ai recadré certains jeunes, mais, selon moi, 95 % des élèves adoptaient un comportement adéquat. À cet âge, ce ne sont pas des délinquants. On leur a appris ce qu’est un terrain privé et qu’il fallait le respecter. »
Le CSSP ne remet pas en cause le fait de laisser les jeunes sortir de l’espace scolaire et y voit une manière d’éduquer les élèves. « On parle de sortie, après le repas, de trente minutes. Ils doivent rentrer à l’heure pour leurs cours, poursuit la structure. L’an passé, les parents d’élèves de première secondaire insistaient pour que les jeunes goûtent à la liberté. Il faut leur apprendre. On continue de leur montrer les bonnes manières. »
