60 ans du Journal de Chambly : une histoire locale

Le Journal de Chambly souligne un anniversaire marqué par une histoire ancrée dans la région. Son destin montre l’importance de l’actualité locale.

Le Journal de Chambly, intitulé au préalable « Le Journal », est né d’une histoire de famille. Celle d’Henri Sénior Blaquière. « C’est mon grand-père, confie Solange Blaquière. Il était imprimeur et travaillait avec mon père, Jacques, pour Le Devoir à Montréal. Il demeurait à Chambly et, sans connaître toutes les intentions du lancement du Journal de Chambly, il trouvait normal que la population soit informée de ce qu’il se passait dans la région. »

Un peu plus tard, Solange Blaquière déménageait à Chambly. « J’étais très petite. Le frère de mon père, Raymond, a ensuite pris le relais à la tête du journal. » Une rue de Chambly, à proximité de l’avenue De Salaberry, porte même le nom d’Henri-Blaquière. Elle se situe à proximité du parc des Patriotes.

Indépendant

En consultant les archives, un élément est frappant. Le Journal de Chambly a toujours été gratuit! « C’est l’un des rares outils de communication distribués aux portes à Chambly, souligne la mairesse, Alexandra Labbé. Cela permet un accès démocratique aux informations pour tous les citoyens. Le Journal de Chambly est un outil super intéressant pour bien comprendre ce qui se passe dans la municipalité. »

Au fil du temps, les liens entre la Ville et le Journal de Chambly, bien que toujours indépendants, ont permis aux deux entités de s’épanouir dans leurs rôles respectifs. « Le soutien au journal a toujours été non-négociable, poursuit Alexandra Labbé. En tant que Ville, nous avons toujours contribué en ce sens. »

Intérêt d’y annoncer

Cette gratuité fait sourire Solange Blaquière. « Je ne sais pas trop comment mon grand-père et ses fils ont fait au début pour parvenir à rentabiliser leur investissement. Peut-être par prêts, investissements ou dons. » Toujours est-il que ce modèle économique a persisté au fil du temps et des exemplaires sont toujours offerts au bureau du journal, situé sur l’avenue Bourgogne.

La visibilité est ainsi possible pour les commerçants. Dès les premiers numéros sortis, il est possible de voir le nom des entreprises composant le tissu commercial de la Ville. « C’est une bonne façon de véhiculer des messages, estime Louise Lacelle, designer à Décor Lacelle, annonceur régulier dans le Journal de Chambly. Le fait qu’il soit gratuit est déterminant, car nous ne l’achèterions pas tous. »

Si la mode se dirige vers les publicités sur le Web, la dirigeante de Décor Lacelle estime qu’investir dans la version papier du journal est toujours gagnant. « Il reste encore des générations de Chamblyens qui préfèrent le papier à l’Internet. De plus, j’aime tenir le journal entre les mains, c’est plaisant. Mon chum me met souvent des articles de côté sur la table lorsqu’il sait qu’ils peuvent susciter mon intérêt. Pour ces raisons, nous continuons d’être présents aux côtés du journal. » La « recette » du Journal de Chambly a encore plusieurs beaux jours devant elle.