35 ans que le CAVAC vient en aide aux victimes d’actes criminels

C’est du 14 au 20 mai 2023 qu’était soulignée la Semaine nationale des victimes et survivants d’actes criminels partout au pays. L’occasion de mettre en évidence les centres d’aide aux victimes d’actes criminels, essentiels.

La Semaine nationale des victimes et survivants d’actes criminels est aussi un moment qui vise à apprécier le pouvoir de la collaboration existant entre tous les partenaires qui œuvrent auprès des personnes victimes chaque jour et qui peuvent faire une différence dans leur parcours.

L’entourage des victimes

Geneviève Caumartin a vécu le traumatisme de voir sa mère, Francine Bissonnette, étranglée à mort par son conjoint Daniel Déry il y a quelques années à Chambly.

Un traumatisme non seulement marquant psychologiquement, mais aussi effrayant lorsqu’on doit affronter la machine judiciaire du jour au lendemain, sans que l’on en connaisse les coulisses. « On m’a assigné une personne à mon dossier pour me soutenir au sein du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) à Longueuil. Mais les délais judiciaires étant ce qu’ils sont, il y a eu des changements de personne référente dans mon dossier. Oui, c’est utile d’avoir quelqu’un qui nous accompagne, ne serait-ce qu’à la cour. Le jour du témoignage, ce n’est pas facile de croiser la famille du meurtrier. J’aurais aimé, au début du processus, que quelqu’un m’accompagne. Le service proposé est bien, mais il semble différent  en fonction de la région. À Montréal, une connaissance m’a expliqué qu’elle avait eu un accompagnement beaucoup plus rapproché », explique au journal Mme Caumartin.

Le CAVAC

Les CAVAC constituent une ressource importante pour les personnes victimes et leurs proches, ainsi que pour les témoins d’infractions criminelles. L’an dernier, les CAVAC ont offert des services à 68 140 personnes à travers la province, ce qui représente une légère hausse par rapport à l’année précédente. De ce nombre, 32,5 % ont reçu de l’aide à la suite d’un crime commis dans un contexte de violence conjugale et 24,5 % en lien avec des violences sexuelles. Les CAVAC ont rendu des services principalement aux personnes victimes directes d’un crime (81,5 %), mais aussi à leurs proches (11,1 %) et aux témoins d’infractions criminelles (4,9 %). « Nous sommes financés par le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels du ministère de la Justice du Québec. Dès qu’une victime est impliquée dans un processus judiciaire, nous entrons en contact avec elle pour connaître ses besoins de soutien. Nous sommes aussi présents dans les bureaux de police, où nous avons accès aux rapports d’événements pour pouvoir contacter les personnes qui en ont besoin. Nous tentons d’intervenir le plus rapidement possible auprès des victimes afin de leur proposer un accompagnement judiciaire, ou encore de leur proposer un service psychosocial. Ces deux services sont les plus demandés et ils sont là pour traiter l’urgence. Notre intervention psychosociale n’est pas sur du long terme. Nous travaillons dans l’urgence sur du court et du moyen termes », explique au journal Marie-Christine Villeneuve, coordonnatrice aux communications et aux relations publiques Réseau des CAVAC. Un exemple très concret de l’importance de la collaboration est celui du tribunal spécialisé en matière de violence

« C’est important d’avoir un accompagnement. Une personne avec qui l’on peut être quand on pleure au tribunal ou encore tout simplement pour ne pas y aller toute seule. » – Geneviève Caumartin

sexuelle et violence conjugale présentement déployé au Québec. Le Réseau des CAVAC a été aux premières loges de son implantation au cours de la dernière année, étant un acteur principal de ce nouveau processus d’accompagnement. « Bien que beaucoup de travail demeure à faire, nous sommes confiants que les résultats de ce grand chantier seront très bénéfiques pour les personnes victimes et qu’ils contribueront à leur offrir le soutien adéquat et la place qu’elles méritent au sein de notre système de justice » est conscient l’organisme. « Géographiquement, nous sommes désormais implantés partout au Québec pour proposer des accompagnements personnalisés. Nous ne sommes pas encore arrivés au bout de notre offre de services. Comme toujours, il y a des besoins spécifiques qui méritent d’être adaptés et sécurisés, comme les services aux communautés autochtones ou encore à la communauté LGBTQ+. On souhaiterait avoir plus de ressources, car, avec les années, les services sont en demande. On commence à voir, dans certaines régions, des listes d’attente se créer. En Montérégie, cela se passe bien », d’ajouter Mme Villeneuve.

« C’est important d’avoir un accompagnement. Une personne avec qui l’on peut être quand on pleure au tribunal ou encore tout simplement pour ne pas y aller toute seule. Ils savent comment gérer certaines situations. En ce qui me concerne, j’aurais aimé avoir plus de présence quand je me suis présentée à la cour. Par contre, je suis certaine que je pourrais les contacter aujourd’hui encore en cas de besoin », d’ajouter Mme Caumartin. 

Historique

C’est au cours des années 1980 que l’Association québécoise Plaidoyers-Victimes (AQPV) fait des représentations auprès du ministre de la Justice d’alors, Herbert Marx, afin que soit adoptée une législation québécoise qui établirait clairement les droits des victimes d’actes criminels et rendrait possible l’ouverture de centres d’aide pour toute personne victime d’un crime ainsi que pour ses proches. En 1988, l’Assemblée nationale adopte la Loi sur l’aide aux victimes d’actes criminels. Cette loi crée, entre autres, le Bureau d’aide aux victimes d’actes criminels (BAVAC), aujourd’hui renommé la Direction de l’aide aux personnes victimes d’actes criminels (DAPVIC), rattaché au ministère de la Justice.

Par cette loi, le BAVAC reçoit le mandat de favoriser l’implantation et le maintien de centres d’aide aux victimes d’actes criminels partout au Québec. Pour financer ces centres d’aide, la loi crée également le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels (FAVAC).

Quelques jours à peine après l’adoption de la Loi sur l’aide aux victimes d’actes criminels, le ministre de la Justice, Herbert Marx, annonçait publiquement l’ouverture du premier CAVAC, à Québec.