Actualisation des mesures dans le réseau scolaire

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Par Jean-Christophe Noël
Actualisation des mesures dans le réseau scolaire
Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation, a énoncé les nouvelles mesures du retour en classe. (Photo : archives)

Le ministre de l’Éducation et député de Chambly, Jean-François Roberge, a annoncé les nouvelles mesures en lien avec cette rentrée scolaire suivant la période des Fêtes.

Comme annoncé par François Legault, le retour à l’école s’effectuera le 11 janvier pour les élèves du préscolaire et du primaire. Les élèves du secondaire, de la formation générale aux adultes (FGA) et de la formation professionnelle (FP) emboiteront le pas le 18 janvier.

Ces mesures additionnelles, valides jusqu’à la fin du mois de juin, s’inscrivent dans une approche se voulant « pédagogique, sanitaire et soucieuse de la santé mentale », mentionne Jean-François Roberge. L’objectif principal étant de réduire la pression sur le réseau scolaire, sur les parents et sur les élèves.

La première mesure décrite est la mise en place, d’ici la fin du mois de janvier, de formules de tutorat qui aideront les élèves éprouvant des difficultés, qui ont des retards scolaires. Le programme sera lancé via la plateforme Répondez présent. Cette plateforme de recrutement permettra de lancer un appel au personnel volontaire issu des centres de services scolaires, aux retraités de l’enseignement ainsi qu’aux étudiants se préparant à une carrière dans le monde de l’éducation. Ceux-ci deviendront des tuteurs pour accompagner des élèves ciblés par les enseignants.

Le second ajout est la création de forums de discussion pédagogiques en ligne qui seront offerts pour aider les élèves ayant besoin de soutien à l’extérieur des heures de classe et au-delà des programmes de tutorat. Aussi, une application mobile sera déployée pour que les élèves aient accès à des ressources, des témoignages, des vidéos et du clavardage « pour briser l’isolement en cette période stressante », justifie le ministre de l’Éducation.

Le journal s’est entretenu avec le président du Syndicat de Champlain, Éric Gingras, qui émet toutefois des doutes quant à l’utilité concrète des outils mentionnés, et les possibilités réelles de recruter des tuteurs externes. « On l’a vu dans le passé, peu de retraités sont revenus en début d’année pour prêter main-forte aux écoles. Les gens sont déjà épuisés, alors penser qu’ils pourront faire du tutorat en plus de leurs tâches me semble superflu. »

Dès la semaine prochaine, tous les élèves du réseau scolaire public auront accès à un outil technologique (tablette ou ordinateur), au primaire et au secondaire, au besoin.

Dorénavant, les élèves de 5e et 6e année devront porter le masque, même en classe. Quant aux élèves de 1ère à la 4e année, ils devront arborer le masque dans les aires communes. Pour les élèves de niveau secondaire, de la FGA et de la FP, le masque de procédures sera désormais obligatoire. Deux masques de procédure par jour seront fournis par élève.

Évaluation des apprentissages

Il avait été annoncé qu’il n’y aurait que deux étapes cette année, donc deux bulletins. Le premier bulletin devait être remis au plus tard le 22 janvier. Un délai a été accordé et le corps professoral aura jusqu’au 5 février pour remettre ledit bulletin. La pondération des bulletins varie également. Ainsi, la valeur du premier bulletin se voit diminuée et, conséquemment, la valeur du second bulletin se voit augmentée.

Dans un souci d’allègement, Jean-François Roberge a par la suite annoncé l’annulation de la passation d’épreuves ministérielles, en cette année exceptionnelle. Des documents seront rendus accessibles pour cibler et regrouper les incontournables, les savoirs essentiels pour que les élèves réussissent leur année scolaire et démarrent l’année subséquente du bon pied.

Qualité de l’air

La ventilation dans les écoles a été le point central de nombreuses discussions. Jean-François Roberge a fait le point sur le sujet. Des tests ont été réalisés pour mesurer le taux de dioxyde de carbone (CO2) dans 330 écoles pour 1369 classes, en milieux urbain et rural, incluant des écoles construites avant et après 1984 où les normes diffèrent. Dans le réseau scolaire, un taux ne dépassant pas 1000 parties par million (ppm) est toléré. L’échantillonnage des tests indique un taux moyen de 804 ppm, soit 20 % de mieux que la limite. Toutefois, parmi ces résultats, 3 % de ces locaux testés ont échoué l’épreuve et présentent des problèmes. Jean-François Roberge mentionne que « toutes les écoles seront testées pour évaluer le taux de CO2, donc la qualité effective de la ventilation. »

Le Syndicat de Champlain salue le fait que plusieurs demandes des enseignants aient été entendues, telles que la priorisation des savoirs essentiels, l’annulation des épreuves ministérielles et le report des bulletins. Toutefois, son président déplore le manque de propositions concrètes amenées en matière de qualité de l’air, alors que « c’est sur la ventilation des écoles du Québec que repose l’anxiété générée par la rentrée ».

Santé publique

Le Dr Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique, a également pris part à la mêlée de presse. Il a rappelé en premier lieu que la transmission du virus se passe principalement sur de courtes distances, les gouttelettes ne demeurant pas en suspension dans l’air longuement. En milieu scolaire, il recommande le respect des normes sanitaires de base, l’inspection systématique faite pour mesurer différents paramètres dans les écoles et, quand il y a des anomalies, des correctifs doivent être apportés rapidement, accompagnés d’un monitoring des locaux pour lesquels la ventilation est déficiente.

Pour les écoles ventilées naturellement, Dr Massé recommande d’ouvrir les fenêtres et les portes avant, après et entre les cours. Il demande aussi de garder la porte de classe ouverte le plus possible et de ne pas utiliser de locaux, de classes ou de salles de réunions mal ventilés.

Purificateur d’air

Certaines classes se sont munies d’un purificateur d’air, ce que le groupe d’experts de la santé publique ne recommande pas pour les raisons suivantes : il n’a pas été démontré que le purificateur permettait de limiter la transmission par aérosol; pour être efficace, il faudrait un purificateur pratiquement à côté de chaque personne pour aspirer les gouttelettes, celles-ci voyageant sur une courte distance; ça peut créer des mouvements d’air qui, eux-mêmes, peuvent mettre des aérosols en suspension; ça peut provoquer du bruit nuisible à la concentration; disposer d’appareils de la sorte peut donner un faux-semblant de sécurité et faire baisser la garde au détriment des autres mesures sanitaires plus efficaces.

Campagne de vaccination 

Parmi la série d’humains prioritaires à vacciner, Richard Massé indique que les professeurs et les éducatrices, étant essentiels, seront mis sur liste, mais pas avant les personnes âgées en CHSLD ou en résidences.

En collaboration avec Chloé-Anne Touma

 

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