À la rescousse du merlebleu de l’Est et de l’hirondelle bicolore

Par andrecorbeij
À la rescousse du merlebleu de l’Est et de l’hirondelle bicolore

Au fond du nichoir numéro 13 se trouvent trois oisillons qui sont sur le point de quitter le nid familial. Cette scène, qui peut sembler bien banale, est toutefois un gage de réussite pour les scouts de Marieville.

Au printemps dernier, les scouts Pionniers et Pionnières de la 45e Vallée des Monts de Marieville ont décidé d’installer 20 nichoirs le long de la piste cyclable entre Marieville et Rougemont pour donner un coup de main à ces deux espèces d’oiseaux menacées au Québec.

Le projet semble avoir porté ses fruits, car les nichoirs ont réussi à attirer 14 couples d’hirondelles bicolores dont 21 hirondeaux ont pris leur envol à la fin de l’été dernier.

Chaque semaine durant la période de nidification, les scouts feront à nouveau la tournée des nichoirs, fiches d’inspections en main et ils vérifieront rigoureusement le contenu.

D’ailleurs, les cyclistes peuvent remarquer en bordure de la Route des champs à Marieville ces nichoirs numérotés et marqués de la croix scoute, depuis l’inauguration du secteur ornithologique Le projet merlebleu, le 30 mai.

L’année dernière, aucun merlebleu ne s’est présenté, mais les scouts gardent bon espoir de le compter parmi leurs résidents cet été.

Travail utile pour l’Université McGill

Le naturaliste Pierre Laliberté, qui a été l’idéateur du projet merlebleu,

est très heureux de voir les jeunes scouts s’intéresser à la démarche scientifique dans un tel projet avec la récolte et la compilation de données.

« Ce travail est important et précieux puisque les résultats seront acheminés à l’Université McGill qui compilera ces données pour la classe des oiseaux nicheurs », explique-t-il.

« À mon arrivée à Marieville il y a 6 ans, mes meubles n’étaient pas encore arrivés dans la maison. J’étais accoudé sur le bord de ma fenêtre et le premier oiseau qui est venu se poser sur ma corde à linge, c’est un merlebleu. Et je ne l’ai jamais revu! C’est là que l’idée de proposer aux jeunes le projet merlebleu est né », confie le naturaliste.

Il rappelle qu’un monsieur Dion a été le premier à installer des nichoirs dans des sentiers dans la région d’Oka et la population de merlebleu s’est soudainement mise à augmenter.

Pierre Laliberté indique que la région de Marieville est présentement peu visitée par l’oiseau et il croit fermement que le projet merlebleu pourra contribuer à en accroître la population.

Mobilisé pour le merlebleu

Le merlebleu à pratiquement disparu du Québec durant les années 1960-70, en raison de l’absence de clôtures de perche, la diminution de champs vierges et l’augmentation des herbicides et pesticides.

Aux États-Unis, plusieurs organismes se sont mis à développer différents types de nichoir expérimental pour l’attirer et cette vague s’est transportée jusqu’au Québec.

Rappelons que Le Projet merlebleu a été réalisé grâce à la collaboration financière de la MRC de Rouville et à la supervision du naturaliste Pierre Laliberté. Un montant de 500 $ a permis aux jeunes scouts âgés de 14 à 18 ans d’entamer la construction d’une quarantaine de nichoirs. 19 d’entre eux ont été installés.

« Il fallait beaucoup d’audace pour mener à bien ce projet écologique dont les retombées pour notre milieu naturel sont dignes de mention. Le projet saura susciter la curiosité des utilisateurs de la piste cyclable. Pour ces jeunes, l’expérience qu’ils vont acquérir leur servira toute leur vie», a déclaré Philippe Gagné, responsable du Parc régional linéaire, MRC Rouville.

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