À la recherche de chansons presque perdues

À la recherche de chansons presque perdues

Mélisande Gélinas-Fauteux et Alexandre Moulin de Grosbois-Garand, un couple dans la vie comme sur la scène, invitent les citoyens à partager avec eux leurs souvenirs de chansons folkloriques. (Photo : courtoisie)

Un groupe de musique de Beloeil parcourt les berges de la rivière Richelieu à la recherche de chansons folkloriques de la région et en appelle aux citoyens.

Un texte de

Mélisande Gélinas-Fauteux et Alexandre Moulin de Grosbois-Garand, un couple dans la vie comme sur la scène, se sont donné une nouvelle quête. « Mon mari et moi faisons un projet de recherche de chansons folkloriques-traditionnelles des berges du Richelieu », signale la chanteuse du groupe Mélisande [électrotrad].

Ensemble, ils arrangent à la sauce électronique les chansons traditionnelles québécoises qu’ils font voyager à travers le monde et le temps. « On joue beaucoup en Californie, en Australie et partout dans le monde. Notre musique intéresse beaucoup les anglophones francophiles, car nous leur proposons de la musique world du Québec. On partage la culture québécoise à l’étranger. »

C’est de Beloeil, où ils résident, une des municipalités qui borde le Richelieu, que l’idée est née.

Appel aux souvenirs des citoyens

C’est toujours dans cette veine que le couple s’est lancé tout un défi. « Nous sommes à la recherche de chansons provenant des rives du Richelieu. C’est pourquoi nous parcourons les villes et villages longeant les berges afin d’enregistrer des chansons folkloriques de cette région! Nous faisons une petite entrevue avec les gens et ensuite, ils nous chantent leur chanson. Ces enregistrements seront légués au Musée canadien de l’histoire ainsi qu’aux Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval à Québec pour ne pas que ces chansons tombent dans l’oubli! »

Ce travail de longue haleine qui a commencé en janvier se poursuit auprès des 25 municipalités ciblées de Sorel à Lacolle en passant par Chambly. « Nous avons jusqu’à présent une quinzaine de témoignages sur les souvenirs de chansons folkloriques du Richelieu que nous ont données des personnes, mais rien pour l’instant à Chambly. Nous ne recherchons pas des chanteurs, mais des personnes qui se rappellent ces chansons anciennes pour pouvoir les préserver. »

Leur projet a reçu l’aval du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada, qui ont alloué une subvention aux musiciens.

Vers un troisième album

En plus d’enrichir les archives de la chanson folklorique québécoise en léguant les futures recherches à l’Université Laval à Québec ou encore au Musée canadien de l’histoire qui semblent intéressés, Mélisande souhaite enregistrer un troisième album sur le travail qui sera effectué. « Je veux que ce travail devienne le plus disponible possible pour aussi rendre un hommage aux aînés. » L’album serait à paraître en 2019, et le projet pourrait ne pas se terminer là.

Dans ce troisième album, l’équipe a voulu aller à la rencontre des gens. « On va voir les FADOQ, les différents groupes de la Légion royale canadienne, des associations comme celle des Chevaliers de Colomb, j’assiste à des bingos, aux activités des clubs de l’âge d’or, dans les CHSLD, pour faire connaître mon projet et trouver des personnes qui sont d’accord pour partager les chansons traditionnelles dont ils se souviennent sur le Richelieu. Un moment, j’étais tellement obsédée par ces recherches que j’abordais les gens dans la rue, ou encore je cognais aux portes de tout le monde. »

Parfois, elle tombe sur des trésors que les personnes rencontrées acceptent de partager. Une dame a ainsi fait écouter l’enregistrement de son père, fait dans les années 80, où il chantait une centaine de chansons traditionnelles ou encore familiales. « Nous faisons de très belles rencontres qui soulèvent souvent pas mal d’émotion, car nous voulons avoir une conversation avec chacune des personnes qu’on enregistre. »

L’artiste s’est donné jusqu’en mars pour récolter un maximum de chansons. « Je pensais que cela serait plus facile de trouver des chanteurs, mais il y a des craintes chez les personnes âgées. C’est un vrai travail d’enquête. Ce sera impossible de faire un recensement exhaustif. Ce serait le travail d’une vie. Mais j’aimerais collecter une chanson traditionnelle sur le Richelieu au moins dans chacune des 25 municipalités que j’ai ciblées. »

Les résidants comme les natifs des berges du Richelieu sont invités à prendre contact avec les membres de Mélisande sur le site www.melisandemusic.com afin de les rencontrer pour partager leur histoire et leurs chansons. Il est possible de les appeler au 450 813-1187.