LGBT+ : être fier au quotidien

Photo de Jean-Christophe Noël
Par Jean-Christophe Noël
LGBT+ : être fier au quotidien
Confronté à l'annulation du défilé de Fierté Montréal, le JAG s'est rassemblé dans un parc à Saint-Lambert. (Photo : courtoisie)

C’est avec surprise que le Chamblyen Rafaël Provost, directeur général de l’organisme Jeunes adultes gai-e-s (JAG), a encaissé l’annulation du défilé annuel organisé par Fierté Montréal.

Cela faisait des semaines que l’équipe du JAG se préparait au défilé. Une partie de l’équipe était déjà d’ailleurs sur place pour accueillir son contingent de plus de 80 participants en lien avec l’événement qui devait se tenir le 7 août dernier. Le cortège électrique n’aura pas eu l’occasion de justifier sa présence.

Environ 80 bénévoles et 100 agents d’accueil rémunérés n’étaient pas au rendez-vous. C’est en raison de ce manque de personnel que le directeur général de Fierté Montréal, Simon Gamache, s’est vu contraint d’annuler à la dernière minute le rassemblement. « Je regarde en avant. Être résilient fait partie des qualités de la communauté LGBT+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et plus) », fait part Rafaël Provost quant au revirement de situation inattendue.

« C’est rare que la communauté LGBT+ attaque les gens sur leur hétérosexualité. » – Rafaël Provost

Plan B

Face à l’annulation imprévue, le DG du JAG s’est mis en mode solution. Spontanément, son équipe et lui ont eu pour réflexe d’organiser sur la Rive-Sud de Montréal un événement dans les heures qui ont suivi. C’est dans un parc à Saint-Lambert qu’une quarantaine de personnes ont célébré leur fierté. « Ça a fait du bien car on n’avait pas envie de se retrouver seuls lors de cette journée », établit M. Provost.

Un défilé encore important

« L’événement permet à beaucoup de gens d’être eux-mêmes. C’est l’occasion pour des Montérégiens qui n’ont pas toujours l’occasion de s’afficher ouvertement de célébrer leurs couleurs, dans un safe space », définit Rafaël Provost. Il renchérit sur l’importance de la parade en soulevant notamment des commentaires haineux envers la communauté LGBT+ qui ont déferlé sur les réseaux sociaux à la suite de l’annulation . « Ce n’est pas mal vu que d’être hétérosexuel. C’est rare que la communauté LGBT+ attaque les gens sur leur hétérosexualité […] la journée où l’on ne pourra pas être fiers d’être qui nous sommes et de le partager partout, tout le temps, on se doit d’avoir un événement comme ça », conclut l’homme qui souhaite que cette fierté puisse s’exprimer quotidiennement.

 

Partager cet article