Homophobie : la lutte n’est pas gagnée

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Par Jean-Christophe Noël
Homophobie : la lutte n’est pas gagnée
Rafaël Provost, directeur général de l’organisme Jeunes adultes gai-e-s. (Photo : archives)

Dans le cadre de la Journée internationale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie, le journal s’est entretenu avec le Chamblyen Rafaël Provost, directeur général de l’organisme Jeunes adultes gai-e-s (JAG).

« Il y a du travail à faire au niveau des préjugés qui ne sont pas si différents de ceux d’il y a une vingtaine d’années », établit d’emblée Rafaël Provost. Il le constate de par la présence du JAG à travers les écoles du territoire. Le JAG est un organisme communautaire de sensibilisation, de soutien et de référencement qui dessert la population de la Montérégie Ouest, Centre et Est.

La sensibilisation passe aussi par l’entremise des réseaux sociaux, comme TikTok, qui rejoignent une clientèle jeune. Le JAG a dernièrement utilisé ladite plateforme pour décortiquer l’acronyme LGBT+ (lesbienne, gai, bisexuel et trans). Aux dires de M. Provost, un million de visionnements plus tard, l’organisme avait accumulé pas moins de 5 000 commentaires haineux. « Ça ne provient pas que des vieux. On parle de jeunes également. On est là pour rester pour un petit bout je pense », convient le DG.

Au sein de ses rencontres dans les écoles et les milieux professionnels, le JAG déconstruit les mythes, les préjugés. Il met de l’avant des modèles positifs permettant aux gens de s’identifier à la réalité LGBT+. Quand Rafaël Provost était au secondaire il y a une dizaine d’années, jamais il n’a vu de « coming out ». Désormais, le JAG en est témoin lors de ses visites dans les institutions scolaires. D’ailleurs, des comités LGBT+ prennent forme à même les établissements.

Irréductibles

En voyez-vous des irréductibles qui, peu importe la sensibilisation, n’accepteront jamais les LGBT+? « Il y en a mais c’est pour eux qu’on travaille. Ils ne posent peut-être pas de questions mais ils entendent. C’est pour ceux qui ne comprennent pas que nous faisons ça », explique le Chamblyen.

Personnellement, Rafaël Provost encaisse l’homophobie encore fréquemment. « Quand on sort du stéréotype de ce que devrait être un homme »masculin », ça dérange », fait-il part. Il ajoute que les regards posés sur lui sont parfois lourds, même à Chambly. Des automobilistes prenant la peine de baisser leur vitre latérale afin de l’invectiver gratuitement font aussi partie de sa réalité. Il se fait tout de même un devoir de s’exposer pour ceux dont l’estime personnelle demeure fragile. « J’ai hâte d’arriver au jour où l’apparence des gens et l’étiquette de l’orientation ne les définiront plus : nous aurons passé de l’intolérance à l’indifférence », conclut l’homme.

Nouvelle plateforme

Le Conseil québécois LGBT (CQ-LGBT) lance aujourd’hui la plateforme en ligne INCLUSION LGBTQ2+, un nouveau répertoire d’activités de formation et de sensibilisation aux enjeux LGBTQ+.

Cette nouvelle plateforme en ligne offrira aux Québécois un répertoire de formations qui référera à plus de quarante organismes formateurs établis à travers le Québec, tous experts des réalités LGBTQ+. Les utilisateurs pourront faire appel à la ressource de leur choix afin de sensibiliser et d’éduquer des groupes de personnes qui se trouvent dans tous les milieux : entreprise, scolaire, santé, communautaire, etc.

À l’aide d’une carte interactive qui regroupe les ressources disponibles sur le territoire, la population québécoise pourra choisir l’organisme le plus susceptible d’offrir une formation qui répond  ses besoins en un clin d’œil. L’outil a été conçu pour permettre aux utilisateurs d’effectuer une recherche en se basant sur l’emplacement géographique et la thématique de la formation recherchée, le tout disponible en français et en anglais. L’expertise des organismes y est mise en avant :

Un outil qui répond à un besoin

Une récente étude menée par Léger démontre un besoin de sensibiliser et de former les Québécois aux enjeux LGBTQ+ au sein de tous les types de milieux :

•65 % des personnes LGBTQ+ ont déjà été victimes de harcèlement homophobe ou transphobe en milieu de travail;

•15 % des employés faisant partie de la communauté LGBTQ+ ont déjà quitté un milieu de travail parce qu’il n’était pas inclusif;

•Seulement 14 % des Québécois.e.s ont reçu de l’information ou une formation sur l’inclusion des personnes LGBTQ+;

•20 % d’entre elles et d’entre eux se sentent mal équipés pour cultiver un milieu de travail inclusif et sûr.

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