Un 10e anniversaire à saveur particulière

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Par Jean-Christophe Noël
Un 10e anniversaire à saveur particulière
Le Centre Équestre de Chambly réclame la reprise des cours à cavaliers réduits. (Photo : courtoisie)

Le Centre Équestre de Chambly reprend du collier, mais n’avait pas envisagé que les célébrations de sa dixième année d’existence se verraient affectées par la COVID-19.

« Ce que nous avons la permission de faire, mais qui est à mon avis ridicule, c’est de faire des monte libre encadrés mais nous n’avons pas le droit de donner des cours », découpe Martyne Prévost, propriétaire des lieux.

Cela veut dire que les élèves autonomes peuvent chevaucher un cheval pendant une soixantaine de minutes sans entraîneur au milieu.

« Mais une monte libre avec trois personnes et trois chevaux, c’est un cours totalement supervisé offrant de nouvelles notions avec un entraîneur au centre. C’est la même chose, mais on n’a pas le droit de le faire », nuance avec incompréhension Mme Prévost, qui proclame qu’un cours d’équitation avec des cavaliers réduits est aisément réalisable dans le contexte sanitaire exigé.

Camps de jour

Les camps de jour reprendront au centre équestre. Martyne Prévost table sur les dispositions à prendre et avance son manuel de fonctionnement en temps de pandémie.

« Nous sommes contents que ça reprenne, mais entendons-nous : il est plus difficile de maintenir les mesures sanitaires avec des jeunes de 6 ou 7 ans qu’avec des grandes filles autonomes qui pourraient prendre des cours », s’explique encore très mal la principale intéressée

Marge de profits

Aux dires de Mme Prévost, « les marges de profits d’un centre équestre sont minuscules. » Bénéficiant d’un mince coussin financier, elle a pu tenir le coup sans revenus.

« Les prêts c’est bien beau, mais ce n’est pas une subvention, ce sera à rembourser. Il est urgent pour nous que les cours reprennent à nouveau, d’autant plus que nous sommes capables de respecter les mesures sanitaires et de distanciation. On le fait déjà », martèle-t-elle.

Sans en nommer, Mme Prévost parle de centres équestres qui, eux, ont repris les cours. « Nous autres, on suit les règles, mais on trouve ça vraiment injuste. Certains sont plus délinquants que nous tandis que nous, on explique à nos clients que nous respectons les directives ministérielles. Je le répète, les cours pourraient reprendre sans aucun problème pour les cavaliers autonomes. »

Nouvelle mesures

Comme toutes les entreprises, le Centre Équestre de Chambly a dû se mettre à la page du jour.

« Nous avons dû reformer notre personnel et installer nos mesures sanitaires. Dans une écurie, c’est facile de respecter les normes de santé publique étant donné que nous sommes dehors et que l’espace est vaste. Les montes libres se font à trois à la fois. Au retour, le cheval et la porte du box doivent être nettoyés. Les parents ne peuvent pas entrer dans l’écurie afin de réduire le nombre de personnes à l’intérieur. Nous avons masque et désinfectant, on se lave les mains infiniment, tout est respecté », exprime Mme Prévost, sous forme de cri du cœur évoquant que tout est en place pour que les cours à cavaliers réduits redémarrent sans quoi, un vague de fermeture de centres équestres seraient à prévoir.

Collège La Cabriole

Un volet scolaire existe au Centre Équestre de Chambly. Le Collège La Cabriole permet à des étudiants d’amasser une attestation d’études collégiales en techniques équines ou un certificat préposé(e) au écuries.

« Depuis deux semaines, nous avons eu la permission du ministre de recommencer pour finir les cours pratiques. Nous avons fait valoir au ministre de l’Éducation qu’avec l’espace que nous avons, c’était faisable. Les filles vont pouvoir compléter leur diplôme », explique la propriétaire.

Dixième anniversaire

Pour souligner cette dixième année, il y devait y avoir des retrouvailles entre anciennes cavalières. En raison de l’interdiction de se rassembler, celles-ci n’auront pas lieu. Il était aussi prévu que plusieurs compétitions internes se déroulent. Selon ce que Cheval Québec décidera, il n’est pas impossible qu’elles n’aient pas lieu.

« On fête notre dixième anniversaire dans la COVID-19. La pandémie, on va s’en souvenir », conclut Martyne Prévost

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