50 ans de camaraderie

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Par Jean-Christophe Noël
50 ans de camaraderie
La Ligue de hockey les Vétérans de Chambly souligne ses 50 années d'existence. (Photos : Jean-Christophe Noël)

Tous les articlesLa Ligue de hockey les Vétérans de Chambly (LHVC) souligne ses cinquante années d’existence à travers diverses activités qu’elle a mise en place pour l’occasion.

« Ce qui se passe dans la chambre reste dans la chambre ». C’est le vieux cliché qui caractérise la confrérie existant dans une équipe de hockey. Le Journal de Chambly est allé profaner la tradition en s’introduisant dans l’une des chambres d’une équipe de la ligue dans le cadre de la seconde édition de la Classique hivernale.

Dans le vestiaire de la patinoire réfrigérée de la Ville de Carignan, l’ambiance était palpable de fébrilité. Deux parties se disputaient entre les quatre équipes de la ligue.

La LHVC a donné ses premiers coups de patins en 1972. Cinquante ans plus tard, les joueurs actuels ont repris le flambeau tendu par les bras meurtris des anciens. « Les gars s’occupent bien de la ligue. Tout le monde y met du sien », explique Éric Laperrière, président de la ligue amicale pour 35 ans et plus depuis la saison 2014-15, quant à la longévité de la ligue.

Joueurs à surveiller

Comme dans toutes bonnes ligues de garage, il y a des joueurs qui se démarquent, pour différentes raisons. « On a toujours un p’tit jeune qui arrive de quelque part. On est rendu avec Mathieu Ouimet. C’est lui la future star », confirme le président.

Aux antipodes, la majorité des ligues ont également le joueur qui traine de la patte, celui que les capitaines ne souhaitent pas avoir dans leur équipe. « On en a un, avoue en riant M. Laperrière. Je ne te le nommerai pas tout de suite par exemple ». Son identité n’aura toutefois jamais été révélée.

Plaisir entre boys

Un repêchage a lieu à chaque début de saison afin d’équilibrer les équipes. Tous les joueurs ont une cote. Une date limite des transactions est même en place dans l’éventualité d’une iniquité entre les formations. Au-delà des beaux jeux, des buts mémorables et de la victoire, c’est la camaraderie qui prime dans la LHVC. Les activités et l’après-match renforcent les liens entre les joueurs.

Normand Adam joue dans la LHVC depuis 26 ans. Humblement, il refuse toutefois d’être considéré comme une légende. Son père était présent lors des premiers balbutiements de la ligue au début des années soixante-dix. Normand Adam « trainait » à l’aréna dès son jeune âge. « Les mentalités ont changé. Avant, il n’y avait pas de repêchage. Les joueurs restaient dans la même équipe. Ça fait que dans les partys, personne ne se parlait », se souvient-il.

Puis dans les années quatre-vingt, la façon de procéder a été modifiée permettant une fusion plus fluide entre les individus de la ligue.

Les parties se déroulent le vendredi. Le lendemain, la majorité ne travaille pas. Normand Adam se souvient du temps où il était permis de « veiller tard » à l’aréna Robert-Lebel. « On pouvait rester jusqu’à 5 h du matin. Il y avait de la guitare, on chantait, on buvait de la bière en masse », confie celui qui a été président de la LHVC à une certaine époque.

« Tout le monde met sa switch à off. On est là pour avoir du fun. Ça décompresse et ça part bien la fin de semaine », termine M. Adam.

Roger Doucet

De 1970 jusqu’à sa mort en 1981, c’est le ténor Roger Doucet qui a été l’interprète attitré de l’hymne national canadien Ô Canada lors des parties de hockey au Forum de Montréal. Sa tête blanche et sa voix singulière ont été rangées parmi les immortels. Il est également celui ayant intégré une portion anglophone dans la version francophone de l’hymne, version qui perdure encore à ce jour au Centre Bell. Yves Gendron, membre-bénévole de la ligue depuis plusieurs années, l’a personnifié avant les deux parties. « Il représente le Forum, les grosses années des Canadiens, les Coupe Stanley. Il a marqué la plupart des gars de mon âge », partage M. Gendron.

Soirée féérique

Pour Jean Loubert, joueur et organisateur principal de la Classique hivernale, la soirée a été féérique. L’homme emballé se dit touché par l’esprit de camaraderie qui transcende à travers la ligue. Outre la mise en forme, il encense l’importance du caractère sociale que permet la ligue. « C’est beaucoup plus que le sport derrière ça. C’est une forme de thérapie », soutient-il.

La première édition de la Classique hivernale avait eu lieu en 2017, sur la rivière Acadie à l’Île Goyer. M. Loubert assure qu’une troisième édition aura lieu mais il ne garantit pas que ce sera l’an prochain. La LHVC a été fondée par Claude Potvin maintenant âgé de 93 ans. « Il a encore à coeur de voir que ce qu’il a démarré est encore bien vivant », termine M. Loubert

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