2021 : le temps de la réflexion

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Par Frédéric Khalkhal
2021 : le temps de la réflexion
L’année 2021 nous laissera le temps de penser à ce que nous souhaitons après la COVID-19. (Photo : courtoisie - ISAAC Instrument)

L’année 2021 sera celle de la fin de la COVID-19. Ce souhait résume à lui seul les vœux habituels de santé, de joie et de bonheur que nous nous envoyons en janvier. Pour cette première édition de l’année, nous voulions avoir cette réflexion avec vous : et après? Dans quel monde voulons-nous vivre demain?

Ce virus a su accélérer la tendance bien amorcée du tout numérique, montrant les bénéfices à en tirer et les faiblesses de ce mode de vie.
L’année 2020, plus que de nous réinventer, nous a fait réfléchir à notre avenir, à notre manière de vivre et d’agir dans une société qui voit ses fondations s’effriter à cause de la pandémie. Plongés dans l’isolement et la distanciation physique, nous avons sauté à pieds joints dans ce que nous appelions, en nous gardant encore une petite gêne, l’ère numérique. Au travail, à l’école, en famille et en magasin, tout se passe désormais derrière un ordinateur.

Il a même fallu utiliser un nouveau mot pour désigner un enseignement en personne plutôt qu’à travers un écran d’ordinateur. Ce qui était naturel est devenu ‘’présentiel’’.

Netflix, le cauchemar des parents qui souhaitent voir leur enfant jouer dehors en socialisant, est devenu un exemple à suivre pour encourager les enfants confinés à continuer d’apprendre en confinement. La plateforme L’école ouverte, largement plébiscitée par le gouvernement, en est l’exemple.

Le téléphone, qui a été utilisé au début du confinement pour tisser un lien entre les élèves et les enseignants, a été définitivement balayé des pistes de solutions par l’arrivée de ZOOM et de ses cours à distance.
Pendant ce temps, les parents pouvant faire du télétravail se sont aménagé un petit coin dans leur chambre, dans le salon, dans un bureau pour les plus chanceux, afin d’être confortables devant leur écran, loin des partys de bureau ou des discussions à la machine à café.

Mais à l’heure où le télétravail connaît un intérêt grandissant, cette solution ne semble pas adaptée à tous. C’est ce qui ressort d’une note de l’Observatoire Grand Montréal.

60 %
C’est le nombre d’emplois de la région métropolitaine qui ne sont pas propices au télétravail, selon l’Observatoire Grand Montréal.

Selon les dernières estimations, 60 % des emplois de la région métropolitaine ne sont pas propices au télétravail. Parmi les 40 % de travailleurs dont l’emploi est, à différents égards, plus propice au télétravail, une proportion non négligeable pourrait retourner progressivement travailler à temps complet dans les locaux de leur employeur. L’étude prévoit qu’entre 20 % et 30 % des travailleurs de la région poursuivront le télétravail à temps partiel au cours des prochaines années.

L’avenir économique
La pandémie nous a montré par-dessus tout que l’être humain était un animal social. La distanciation physique causée par cette pandémie a généré des batailles de complotistes et de complicistes sur les réseaux sociaux. Nous nous sommes encore un peu plus éloignés du temps des rencontres sur le perron de l’église, dans les bistrots entre amis, où dans nos commerces locaux à refaire le monde en partageant des rapports humains.

D’ailleurs, ces endroits sont depuis plusieurs années en voie de disparition. Est-ce que la COVID-19 n’a pas accéléré un mode de vie que nous commencions déjà à avoir?

L’achat en ligne en est devenu un exemple frappant. Avec l’arrivée du Web, ses géants ont émergé, bénissant presque l’arrivée de cette crise qui n’a vu que croître leurs bénéfices.

Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft (GAFAM) ont été les précurseurs de la construction d’un monde numérique que la planète a accepté bien avant la pandémie. Ils en récoltent les fruits désormais, en faisant, avec l’aide de la COVID-19, des profits pharaoniques au détriment du commerçant du coin de la rue qui participe à la vie communautaire et sociale de chaque ville.

Quant à l’environnement, nous pouvions entendre qu’il sortait grand gagnant de cette pandémie. Cependant, même si les passages à la station-service se sont faits plus rares, l’utilisation de plastique à usage unique a fait se remplir les sacs d’ordures débordant de masques dans les rues. Plusieurs régions ont même remarqué une hausse de la quantité de déchets générés sur leur territoire.

L’arrivée des vaccins nous donne l’espoir de vivre la fin de ce virus, mais elle nous donne aussi le temps de penser à la vie que nous voulons avoir et donner à nos enfants. La pandémie est arrivée subitement, nous prenant de court. L’adaptation a été instantanée, sans nous donner le temps de la réflexion.

Toutefois, nous avons plusieurs mois encore pour préparer la sortie de la crise et imaginer un monde à l’ère humaine. Le télétravail, est-ce une solution? ZOOM devra-t-il quitter définitivement les lieux d’enseignement? Voulons-nous encore des commerces pour animer nos villes? Voulons-nous encore nous voir par écrans interposés?

Ce sont autant de questions posées par notre rédaction pour vous apporter quelques pistes de réflexion en ce début d’année, que l’on nous souhaite sans COVID-19.

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