Vers la grève illimitée du transport scolaire

Vers la grève illimitée du transport scolaire

Une grève illimitée dans le transport scolaire est à prévoir à partir du 9 avril. (Photo : archives)

Un mouvement de grève illimitée est à prévoir dans le transport scolaire dès le 9 avril qui touchera les Commissions scolaires Marie-Victorin, Des Grandes Seigneuries, la CSDM, des Trois-Lacs et Lester B. Pearson.

Le syndicat des Teamsters a fait parvenir des avis de grèves au ministère du Travail dans les dernières heures. Ces débrayages paralyseront les activités de trois transporteurs scolaires et débuteront le 9 avril, à moins d’une entente de dernière minute entre les parties.

« Je n’ai pas vraiment d’espoir que nous arrivions à une entente. Il y a encore deux rencontres de prévues pour s’entendre avec le gouvernement et les employeurs, mais ils ne semblent pas vouloir répondre à nos revendications. Nous, nous sommes prêts à aller à la guerre », explique le directeur des Communications et des Affaires publiques du syndicat Stéphane Lacroix.

Un fonds de grève de 45 millions de dollars permettra d’indemniser en partie les chauffeurs en grève et le syndicat est prêt à aller jusqu’au bout.

Pour les parents

Bien conscient que le mouvement pourrait ne pas être populaire auprès des parents d’élèves, le syndicat a voulu annoncer rapidement les actions qu’il comptait mener. « Nous avons l’obligation légale d’annoncer le mouvement de grève, mais nous le faisons maintenant pour informer la population afin qu’elle se prépare », de préciser M. Lacroix.

Les transporteurs touchés

Ce sont une cinquantaine de chauffeurs qui seront affectés, ainsi, dans l’éventualité d’une grève, ce sont plusieurs municipalités de la Rives-Sud qui seront touchées. Il pourrait y avoir près de 6 500 élèves privés de transport scolaire pour une durée indéterminée (2 000-2 500 en Montérégie). Des grèves sont d’ailleurs à prévoir chez d’autres transporteurs scolaires au cours de prochaines semaines qui pourraient affecter Chambly et des villes avoisinantes.

« Cela pourrait durer quelques jours comme quelques semaines puisqu’il s’agirait d’une grève générale illimitée. Pour que des personnes, qui touchent 20 à 25 000 $ par année soient prêtes à aller en grève, vous pouvez imaginer le niveau d’irritabilité qui est atteint chez eux. »

« Des rencontres sont prévues d’ici les 9 et 10 avril avec les employeurs, mais les négociations progressent à pas de tortue, a expliqué le président de la Section locale 106 des Teamsters, Jean Chartrand. À moins d’un déblocage de dernière minute, je ne vois pas comment on pourrait éviter ces débrayages. »

Les revendications

La question salariale est au cœur des négociations et les chauffeurs trouvent « ridicules » les augmentations annuelles qui tournent autour de 1 %. Le président de la Section locale 106 des Teamsters, Jean Chartrand, presse le gouvernement de rectifier le tir : « Le gouvernement du Québec devra se pencher sur ce dossier en priorité s’il veut éviter de porter l’odieux du déclenchement de plusieurs grèves. »

Les conditions de travail sont aussi la cause du déclenchement de cette grève.

« Les conditions de travail dans cette industrie sont difficiles : conditions climatiques, état des routes qui laisse à désirer, stress de devoir conduire dans les bouchons de circulation, manque de respect des autres usagers de la route à l’égard des autobus scolaires, comportement des élèves et horaires coupés s’ajoutent à des salaires médiocres », précise le syndicat.

Syndicat des Teamsters

Le syndicat des Teamsters représente les intérêts de près de 125 000 travailleuses et travailleurs au Canada, dont près de 40 000 au Québec. La Fraternité internationale des Teamsters compte 1,4 million de membres en Amérique du Nord.