Le football scolaire en perte de vitesse

André Corbeij andre.corbeij@tc.tc
Publié le 4 février 2015

MONTÉRÉGIE - Le dernier Super Bowl a attiré son lot d’ardents défenseurs le week-end dernier. Si sa cote d’amour pour le football ne dérougie pas chez nos voisins du Sud, il en va autrement dans notre Belle Province où ce sport accuse une perte de vitesse depuis deux ans, constate le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) en Montérégie.

L’organisme a dressé un portrait de la situation et a recensé le nombre d’inscriptions par année dans toutes les disciplines qu’elle offre, dont le football. Si le football demeure une discipline bien présente dans les écoles de la région, le nombre de joueurs par équipe ne cesse de diminuer.

En 2009, on en comptait 1755 alors qu’en 2011, le nombre de joueurs avait chuté à environ 1300. Les inscriptions ont été plus nombreuses en 2013, où l’on en comptait 1845 et en 2014, avec 1762 joueurs. Les villes de Saint-Jean et Marieville seraient d’ailleurs les plus touchées, selon l’enquête du RSEQ.

Les responsables de l’organisme estime que si n’est fait pour renverser la tendance, la prochaine saison pourrait être hypothéquée pour certaines équipes.

Le fléau des commotions cérébrales

Le RSEQ a profité de son enquête pour faire le tour des équipes et connaître les raisons du désistement des jeunes envers cette discipline afin de mettre en branle un plan de relance.

«Nous avons sondé les intervenants pour avoir une image globale de la situation. Il est apparut que les commotions cérébrales revenaient souvent dans les réponses. Une émission comme Enquête diffusée l’année dernière et qui portait sur les commotions cérébrales qu’on associait beaucoup au football n’a pas aidé. Ce reportage a inquiété plusieurs parents qui ont hésité à inscrire leurs jeunes au football», croit Marc-Olivier Gagné, coordonnateur football au RSEQ Montérégie.

Le Journal s’est d’ailleurs entretenu avec des entraineurs des écoles secondaires de notre région au cours des derniers mois et la tendance observée se confirme: les jeunes sont de plus en plus désintéressés par le football, ce qui a même poussé certains entraineurs à quitter le bateau.

Cela occasionne des maux de tête aux entraineurs qui doivent surtaxer les jeunes en les faisant jouer à plusieurs positions.

Marc-Olivier Gagné est conscient que le football représente davantage de risques de commotions cérébrales. Mais en contrepartie, il croit que la qualité de l’enseignement et la formation des entraineurs pourraient régler une bonne partie du problème.