Ouragan Irma: des Chamblyens pris en otage

Ouragan Irma: des Chamblyens pris en otage

Crédit photo : Courtoisie

Une famille de Chambly a vécu le cauchemar à Saint-Martin. Si les femmes et les enfants ont été évacués en Guadeloupe comme en temps de guerre, Hervé Roux est toujours coincé sur l’île, dévasté par l’ouragan Irma.

Quelques heures avant la tempête, la famille se prépare. La maison où ils logeaient étant munie d’équipements anticycloniques, ayant permis à la demeure de résister à Louis en 1995. La famille venait pour s’installer au soleil, a indiqué M. Roux au Journal de Chambly, par le biais des réseaux sociaux. Les communications depuis Irma sont difficiles. Les gens peuvent seulement charger leurs téléphones dans la voiture pour ceux qui en ont toujours une, ou avec une génératrice.

«La journée est superbe, les enfants s’amusent dans la piscine, le spa, on fait l’apéro. On a tous conscience que la nuit sera longue et intense, on rejoint nos chambres respectives tôt dans la soirée avant que le show commence», écrit le Chamblyen, sur sa page Facebook, où il arrive encore à donner quelques nouvelles à ses proches.

Horreur

Vers 4 h du matin, la tempête commence à battre son plein. Les volets anticycloniques se tordent et les baies vitrées se gonflent vers l’intérieur des pièces. Alors que l’intensité du vent se met à monter, Hervé Roux tire le rideau pour voir ce qui se passe à l’extérieur.

«Le garde-corps de la terrasse s’arrache, il pleut dans la chambre. On se réfugie dans la salle de bain. Je vérifie la baie qui se gonfle à chaque rafale, elle pousse les meubles. Je ne peux pas la tenir si elle casse, je meurs», décrit celui qui est aussi pilote d’avion.

Le vent emporte le deuxième volet et il ne reste plus que la baie vitrée. Selon le père de famille, la force du vent est telle, que le cadrage a lâché.

L’eau coule du plafond à plusieurs endroits et la famille a les deux pieds dans l’eau.

«Dehors, c’est la guerre, tout est dévasté.»
– Hervé Roux

«Je vérifie par la fenêtre et j’aperçois une partie de la charpente. En s’arrachant, elle a détruit la cursive qui nous permettait d’accéder à la chambre», ajoute-t-il.

Si sa voiture a disparu, une dizaine d’autres se retrouvent tout près, poussées par le vent.

«Je réalise la puissance du vent et je sais que la baie ne résistera pas. On se réfugie dans les toilettes où nous resterons huit heures», se souvient M. Roux.

Le vent tourne finalement et attaque l’autre façade de la chambre. Une fois l’œil de l’ouragan passé, les vents ont commencé à décroître tranquillement. «Dehors, c’est la guerre, tout est dévasté», remarque Hervé Roux.

«On est en vie, c’est le chaos. Hervé est toujours à Saint-Martin à tenter de sauver sa vie. Nous avons été évacués en Guadeloupe en attendant notre retour en France. Les enfants vont bien, traumatisés à tout jamais», mentionne sur Facebook sa conjointe, le 9 septembre.

Inquiétude

La situation ébranle particulièrement la chanteuse de Chambly, Catherine Avoine, qui a passé plusieurs semaines à Saint-Martin l’hiver dernier pour faire des spectacles. «Quand j’ai vu la nouvelle, j’ai étouffé. Il y a tellement de gens que je connais qui habitent sur la mer. Je voulais faire quelque chose pour aider, des collectes de fonds, mais j’ai vite compris que nous n’en étions pas rendus là. Pour l’instant, les gens ne sont même pas capables de sortir de leur maison», se désole-t-elle.

Avant le passage d’Irma, les amis de Catherine Avoine se montraient rassurants, indiquant s’être mis en sécurité. «Je leur disais de venir ici, que je pourrais les accueillir, mais ils me disaient qu’ils seraient corrects, qu’il n’y aurait jamais rien de pire que Louis en 1995», raconte la Chamblyenne.

Les images de la ville dévastée bouleversent la chanteuse, qui voit les établissements où elle a fait ses premiers spectacles à Saint-Martin complètement démolis. «On m’a dit que ça prendrait 10 ans tout reconstruire. C’est là que tu réalises que peu importe les classes sociales, elles vivent toutes le même sinistre», constate-t-elle.

«Il faut que les gens puissent sortir, mais pour cela, ils doivent avoir un endroit où aller», conclut l’artiste.