Saint-Bru…, oups, Carignan sur le golf

Publié le 14 septembre 2016

La fille d’un organisateur politique, étudiante en droit première année et stagiaire pour l’été? Un fonctionnaire sur la tablette? On comprendrait pourquoi! Toujours est-il que quelqu’un quelque part au ministère pondit un jour un opus désincarné, pompeusement nommé Guide de procédures en matière d’annexion. Genre comptez les pattes, divisez par 4. Ajoutez 12, multipliez par la racine cubique du carré de l’hypothénuse, soustrayez le PH du sol. Appuyez fort, formule en 7 copies. En foi de quoi, vous pouvez maintenant ponctionner votre voisine d’une partie de sa clientèle. Par autorité du bureau 309, 13e étage. Autorité, vous dites? La véritable autorité vient de la compétence. En dehors du bon sens, il n’y a pas d’autorité qui tienne! Je n’ai rien contre les fonctionnaires. J’en ai même épousé une. Mais, cette fois-ci, je crois qu’on a affaire à un technocrate technocratisant.

Et dire que c’est sur ce « guide » aux règles burlesques que le Conseil de Ville de Saint-Bruno et le maire Murray crurent bon s’appuyer pour initier un processus d’annexion d’une partie de leur voisine, Carignan. Et puis. Et puis, aussi bien vous le dire: on demeure béat devant l’altruisme qu’il a dû leur falloir pour se taper toutes ces formalités. Et pourtant, pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que cette démarche ultra vires était contraire à tous les principes de démocratie municipale et qu’elle était vouée à l’échec. Ce serait trop beau s’il appartient à Causapscal de passer le torchon sur les problèmes des citoyens de Maniwaki.

Saint-Bruno, Carignan et toutes nos villes de banlieue sont aujourd’hui habitées par des populations de mieux en mieux renseignées. Ces clientèles sont en droit de s’attendre à ce que leurs élus les représentent dignement et fondent leurs actions sur des principes plutôt que sur des exercices de bureaucratie galopante s’adonnant à faire leur affaire. Dans cette question rocambolesque, je laisserai le lecteur départager l’ivraie du bon grain.

Quant à vous, chers amis de Carignan sur le golf, dont les intentions n’avaient certes rien d’illégitime en soi, vous êtes mieux placés que quiconque pour constater qu’on vous a leurrés sur la route à suivre. Toutefois, à quelque chose malheur est bon. Vous vous êtes fait connaître des autres secteurs de votre ville, qui, eux aussi, pourraient avoir des raisons de souhaiter certaines rationalisations. Et puis, nous vous avons vus participant à plusieurs dossiers de Carignan, comme la question du hockey mineur et bien d’autres encore.

Cela me fait dire que c’est en vous impliquant de l’intérieur que vous apporterez au fil du temps une contribution de plus en plus significative et que vous aurez le plus de chance d’influencer vos concitoyens. Les voies du dialogue et de l’action politique sont parfois moins reluisantes que les solutions magiques des marchands d’illusions mais elles seront sans doute à la longue plus fructueuses. À mauvaise fortune, bon cœur! Vos pairs sont sans doute vos meilleurs alliés. C’est en bourlinguant ensemble dorénavant que nous risquons le mieux de trouver un jour réponse à vos aspirations.

Mario Bégin, Carignan