Songe d’une nuit d’été

Publié le 17 août 2016

Je me souviens comme si c’était hier de la première fois où je suis tombée amoureuse avec toi. C’était par une soirée chaude du mois d’août.

Tu avais accroché dans ton ciel des grappes de ballons volants multicolores portés par le vent qui planaient juste au-dessus de ma tête. J’avais l’impression que, si je tendais mes bras juste un peu plus haut, j’aurais pu les toucher. Ce soir-là, tu as fait vibrer mon cœur, Chambly. Et puis un an plus tard, je suis déménagée chez toi.

Mes enfants ont vu le jour. Nous avons pique-niqué sous tes arbres. Nous avons arpentés tes rues autant en auto qu’en poussette. Nous avons goûté à tes délices culinaires, fait cadeau de tes petits trésors. Et puis le temps a passé, et j’ai commencé à te tenir pour acquise. Je ne voyais plus vraiment tes atours. Je me suis même surprise à bougonner contre tous ces gens qui te rendaient visite.

Ce soir, six ans plus tard, je rentrais à la maison par une autre chaude nuit du mois d’août. Au détour d’une rue, j’ai vu que tu avais revêtit ta robe du soir avec ses éclats de rose, de gris et de bleu. Tu étais toute calme et tellement belle avec tes bateaux qui flottaient doucement. Soudainement, j’ai entendu quelqu’un qui jouait du piano. Pas très loin, les gens faisait la file pour se rafraîchir à la crèmerie. Encore un peu plus loin, j’ai entendu des applaudissements, car tu t’étais donnée en spectacle Chambly! Et toute la rue grouillante de vie… Et puis je l’ai sentie Chambly, j’ai senti cette petite flamme se rallumer. Ce soir, je suis retombée en amour avec toi et j’ai compris combien j’étais chanceuse de t’avoir dans ma vie.

Mes enfants grandiront ici et finiront sans doute par nous quitter. Mais moi, je vieillirai avec toi et je continuerai à te regarder avec les yeux du premier jour.

Mélanie Trudel