C'est NON à Énergie-Est !

Publié le 2 novembre 2016

Pour mieux illustrer mes propos il est important de mentionner qu’auparavant il y avait ce qu’on appelle la Ligne Borden, qui est la rivière Outaouais et nous à l’est nous n’avions pas le droit d’être approvisionnés en pétrole de l’ouest. Nous étions approvisionnés par l’oléoduc Portland Montréal, qui nous apportait du pétrole léger venant de la Mer de Nord, l’Afrique du Nord, le Vénézuela, etc

Lorsqu’il a été question d’inverser cet oléoduc, pour sortir le pétrole des sables bitumineux, les citoyens de Portland, ont dit NON, il n’en est pas question…..ce pipeline est vieux et le pétrole des sables bitumieux contient du sable, du souffre, des gaz, c’est un produit beaucoup plus toxique que le pétrole léger et il y a plus de risques associés. C’est alors que nous avons perdu cet approvisionnement et qu’il a été décidé d’inverser la ligne 9B de Enbridge qui elle aussi est âgée, et c’est notre approvisionnement actuellement.

Il faut mentionner aussi que le bon gouvernement fédéral a investi 63 G$ dans le développement de l’industrie des sables bitumineux et 23% c’est l’argent du Québec, donc nous avons contribué à hauteur de 15 G$.

Pour ceux qui seraient tentés de nous dire que nous avons besoin de ce pétrole, il faut spécifier que l’oléoduc Énergie Est c’est pour de l’exportation seulement. Ceux qui diraient que nous devons faire notre part pour l’économie, je répondrais que nous y avons contribué et nous continuons de le faire à hauteur de 23% et je soulignerais qu’actuellement les rivières Athabasca et le Lac Athabasca sont contaminés, de même que les Premières Nations Athabasca au nord de l’Alberta.

Il faut mentionner que les agriculteurs ne pourront rien cultiver au-dessus de ce pipeline, ce qui représente une énorme quantité de produits qui ne seront plus jamais dans notre économie. Il faut chiffrer cette perte économique. Comment est-ce que ça peut être un bon développement économique, si les compagnies empoisonnent rivières, lacs, Premières Nations et nous font porter les mêmes risques au Québec…? La Colombie Britannique a dit non en utilisant les arguments qu’il devait y avoir une étude d’évaluation internationale du projet en demandant d’énormes garanties et assurances, ainsi que des fonds de sûreté.

C’est normal d’exiger la même chose….C’est normal d’obtenir les réponses aux 862 questions posées au BAPE, lequel processus a été annulé. Lors de ce BAPE nous n’avions pas le droit de poser de questions en rapport avec le côté économique du projet Énergie Est ! Pourquoi ce manque de collaboration à répondre à de légitimes questions…

Le tracé final du pipeline n’est pas entièrement défini et nous n’avons toujours pas toute la documentation en français. Le CQDE a déposé une injonction afin que nous puissions avoir toute l’information en français et en anglais aussi. Dernièrement j’ai reçu de la documentation en anglais qui diffère d’une version française!

La question des assurances si un déversement a lieu sur une terre agricole, la question de qui nous approvisionnera en eau s’il y avait une contamination à Laval ouTerrebonne - on parle de 3 millions de citoyens touchés et il serait impossible même de les fournir en bouteille d’eau. Tant que toutes ces questions resteront sans réponse c’est NON à Énergie Est!

Ellen Nutbrown, résidente de Mont-Saint-Hilaire