L’art de détruire une rue

Publié le 25 octobre 2016

Gilles Marsolais déplore la construction de condos sur la 1re rue, à Richelieu

©Photo: Gracieuseté - Gilles Marsolais

Comment expliquer que la Ville de Richelieu a autorisé la construction de trois condos sur un terrain de la 1re rue, tout juste assez grand pour y construire une maison unifamiliale? Et ceci en violation de ses propres règlements!

En effet, l’article 15.2.2 du Règlement d’urbanisme est clair: «Toute propriété résidentielle doit être pourvue, dans la cour avant, d’une aire de verdure d’une superficie équivalente à 50% de la superficie de la cour avant.» Or il saute aux yeux que cette exigence ne pourra pas être remplie et que l’asphalte couvrira la presque totalité de la cour avant. Il y a de plus, devant ces constructions, un arbre centenaire tellement dessouché pour creuser les garages souterrains que sa survie est gravement menacée.


Ce triste événement s’inscrit dans une longue suite de décisions des administrations municipales qui n’ont jamais compris la valeur historique, architecturale, patrimoniale et identitaire de la 1re rue. J’y habite depuis 34 ans. J’ai vu la construction des quatorze unités de condos entre la 15e avenue et le chemin de Marieville, en contradiction totale avec la ligne architecturale de la rue. Plus tard, on y a autorisé en catimini la construction de douze unités de condos sur le terrain de l’ancien château, disparu dans un incendie douteux. Fort heureusement, la vigilance citoyenne est parvenue à bloquer ce projet insensé.

Une administration a déjà voulu faire de la 1re rue une «rue gastronomique» (eh oui!). Les citoyens se sont alors mobilisés pour contrer ce projet farfelu. Récemment, le gouvernement provincial, qui est tout puissant, a forcé la Ville à accepter la construction d’une résidence pour les gens souffrant de la maladie d’Alzheimer. C’est encore la 1re rue qui a écopé de cette construction. On comprend que Québec ne se préoccupe pas de la valeur historique d’une rue de Richelieu, mais comment admettre que les cinq administrations qui ont géré la Ville depuis que j’y habite n’ont pas compris la valeur de cette artère principale et n’ont pas tout mis en œuvre pour la préserver?

Lors de la séance du conseil d’octobre, le maire Ladouceur a soutenu que les trois nouveaux condos étaient conformes aux règlements municipaux. Son affirmation est de très mauvais augure pour l’avenir de la 1re rue.

Gilles Marsolais, résident de la 1re rue, à Richelieu