Une contravention malgré la neige

Publié le 11 octobre 2016

Le 12 mars 2014, un policier m'a donné une contravention, indiquant une journée nuageuse et des routes sèches. Il me suivait à 50 km/h (?) et a marqué que j'avais traversé la route sur une lumière rouge. Malgré le constat du policier, qui était très mal rempli, et que le juge n'ait pas tenu en considération toutes les preuves, photos incluses, d'une «tempête du siècle» annoncée par Météomédia à Longueuil, le 12 mars 2014 et qu'il y a eu 26 accidents cette journée-là causés par les routes glacées, le juge m'a quand même rendu coupable d'une infraction.

J'ai expliqué au juge que la lumière était encore jaune et que je regardais la route pour ne pas frapper le lampadaire devant moi. La vitesse n'étant jamais en cause (vitesse permise de 90 km/h), j'ai expliqué au juge que j'arrivais de Saint-Hubert et voyant le gros panneau jaune qui clignotait, j'ai ralenti avant l'intersection et j'ai freiné doucement. J'ai commencé à zigzaguer, je ne voulais pas frapper le lampadaire et causer un accident grave, peut-être le 27e de la journée. Alors j'ai continué, traversant la route avec prudence.

Le juge aurait dû me libérer de toute cause. Je croyais avoir pris la bonne décision de continuer ma route en évitant tout danger. Je croyais vraiment que le juge m'aurait acquitté. J'ai quand même apporté le livre du code de la route et c'est bien indiqué: si tu es en train de traverser la route, la loi le permet sur un feu jaune. Quel jugement a eu le juge?

J'ai demandé au juge ce qu'il ferait à ma place. Il a baissé la tête, la hochant de droite à gauche et il a dit: «je n'aurais pas agi ainsi.» Aurait-il frappé le lampadaire et causé le 27e accident? C'est le silence total.

Le 18 février 2015, il y a eu cinq plaidoyers de non-culpabilité devant le juge. J'étais le dernier. Le procureur de la Couronne avait indiqué et démontré au juge que les quatre cas me précédant étaient dans l'erreur. Ils ont tous été déclarés coupables d'infraction. À mon tour devant le juge, le procureur de la Couronne n'a pas mentionné aucune infraction de ma part concernant ma conduite.

Si vous êtes annonceur à la radio, le 12 mars 2014, et que vous annoncez que la journée d'aujourd'hui est nuageuse et que les routes en asphalte sont sèches, alors qu'en réalité il y a eu la tempête de neige du siècle, comment agira votre patron sachant que les routes sont glacées et enneigées et que la police fait un rapport de 26 accidents? C'est ce qui m'est arrivé.

Quand j'ai demandé au procureur ce qu'il y avait d'écrit sur la contravention, il ne pouvait pas répondre parce que ce n'était pas clair. La contravention aurait dû être rejetée, tout comme un CV, un examen, une adresse ou une demande de prêt mal remplie. La contravention n'était pas claire et précise aux yeux du juge.

Je veux dénoncer cette situation fâchante !

Roland Dionne