L'année 2017, on se la souhaite… à contre-courant

Chronique environnementale Vert l'avenir

Publié le 7 février 2017

Lise Perreault s'improvise, en 2010, militante contre les gaz de schiste à l'instar de nombreux citoyens qui partagent une vision verte de l'avenir.

©Gracieuseté

Bilan environnemental 2016: selon un rapport du Conference Board, le Canada récolte un lamentable «D» appuyé sur neuf indicateurs couvrant les changements climatiques, la pollution atmosphérique et la gestion de l'eau douce. Sur 16 pays évalués, le Canada se retrouve quatorzième, les États-Unis et l'Australie se positionnant juste derrière ce classement déshonorant. Alors qu'au Québec, on clôt funestement l'année 2016 avec l'affligeante Loi 106 adoptée en décembre sous le bâillon.

Un texte de Lise Perreault

Loi qui accueille porte grande ouverte l'exploitation des terriblement polluants gaz et pétrole de schiste. Ces exploitations hautement décriées influent gravement tant sur les changements climatiques, la pollution atmosphérique que sur la gestion de l'eau douce. Nous prenons donc incontestablement la mauvaise direction.  

Dans le susnommé bilan environnemental 2016, le peu reluisant 20,7 tonnes d’équivalents CO² par Canadien est un peu compensé par un «A» à l’indicateur de la production d’électricité à faibles émissions. Je vois un parallèle sidérant du fait que ce soit l'hydroélectricité qui nous empêche assurément de sombrer avec un pitoyable «E». Bien sûr, pétrole et gaz font fonctionner nos sociétés, on carbure, carbure… on brûle; pas étonnant qu'on se réchauffe! Le Québec a pourtant de l'énergie propre, de l'hydroélectricité à revendre! Assez pour opérer un virage vert avec l'électrification massive des transports, assez pour se remonter la cote et le moral.  Branchons notre conscience collective sur nos mégawatts et on l'amorce, la remontée du courant!

Le réchauffement climatique est aussi indéniable que la part qu'on y prend. Naturellement, la Planète a de ces cycles climatiques à son échelle dont on ne voit ni le début ni la fin, mais quoi qu'il en soit, notre Terre se réchauffe, et nous prenons triste part à ce déséquilibre. Nous sommes engagés dans un mauvais courant et il faut ramer très fort pour ne pas être précipités vers une irréversible débâcle, parce que ça fond à fond de train!   

Naviguer à contre-courant, ce serait donner à l'environnement une part entière. L'environnement n'est ni dossier fonctionnarisé ni ne doit être subordonné à l'économie: l'environnement doit s'illustrer comme la base élémentaire de l'économie. L'économie est tributaire de la nature, elle dont nous tirons toutes nos richesses, elle, notre pourvoyeuse, oublions-la et tout part en dérive.