Esclavage, coiffure et démocratie

Publié le 20 juillet 2016

De la case de l’Oncle Tom à Scarlett O’Hara. D’Abraham Lincon à Autant en emporte le vent, l’esclavage a été au cœur de la vie et de la culture américaine. Et de la nôtre. Oui, oui, de la nôtre: parlez-en à nos historiens Chevrier, Fortin, Hudon et Ostiguy. Et quels étaient les temps forts de cette époque? Ces moments où maîtres et esclaves parvenaient à transcender leurs statuts respectifs et à se retrouver égaux dans leur condition humaine. Que de grandeur, que de noblesse au cœur de ces échanges!

Autre question d’importance, laissez-moi vous entretenir maintenant de ma chevelure. Savez-vous quand je récolte des compliments en rentrant à la maison? Quand j’ai dit à ma coiffeuse: «Essaie de m’arranger pour que je sois le moins pire possible.» Et dès lors, je la laisse travailler. La morale de l’histoire? C’est quand les gens sont libres qu’ils vous servent le mieux. Il en va de même pour les Conseils de ville. On se choisit des gens qui nous ressemblent et en qui on a confiance. Ensuite, on leur permet de donner leur pleine mesure. L’évaluation, ce sera pour la prochaine élection.

Évoluant dans des contraintes extrêmes, aux prises avec tout ce que les autres gouvernements pellettent dans leur cour, perpétuellement confrontés à la rareté, flirtant avec l’impossible, ces gens se dévouent corps et âme à l’intérêt de leurs concitoyens. Tout ce qu’on est en droit d’exiger, c’est qu’ils soient honnêtes! Et tant mieux s’ils arrivent à faire preuve de créativité pour se dégoter quelque marge de latitude leur permettant de faire des choix qui reflètent nos valeurs, nous leurs électeurs! C’est ainsi que notre Conseil actuel s’efforce de bien faire et de laisser braire!

Quant à vous, chers concitoyens, continuez, je vous en supplie, à me corriger quand vous trouvez que je dérape. Je me considère comme votre serviteur, pas votre esclave.

Mario Bégin, Carignan