Exclusif: une Haïtienne perd son bébé en Beauce

Publié le 29 décembre 2015

Marie-Suzie Dufresne.

©TC Media - Jean-François Fecteau

SAINT-GEORGES. Un séjour en Beauce a vite tourné au cauchemar pour une Haïtienne de 31 ans, Marie-Suzie Dufresne. Une complication de sa grossesse et une incapacité de payer les frais hospitaliers au Québec ont contribué à la mort de sa fillette le 8 décembre dernier.

L'enfant de Mme Dufresne est mort-né en raison d'un problème avec le cordon ombilical lors de l'accouchement survenu dans un appartement de la 119e Rue, à Saint-Georges, en Beauce. Le médecin s'est présenté à son domicile, mais il était malheureusement trop tard. 

Dévastée, elle ignore ce qu'il adviendra d'elle et quand elle retournera dans son pays d'origine. «C'était toute ma fortune et toute ma vie. Je ne sais plus quoi faire. C'était mon premier bébé», a raconté Mme Dufresne lors d'une entrevue exclusive avec TC Media Nouvelles. 

Elle ne voulait pas accoucher au Québec

Arrivée au Québec le 7 octobre dernier, Mme Dufresne était de passage en Beauce pour voir des amis et acheter différents produits pour son futur enfant. Cependant, la grossesse de cette dernière s'est compliquée au moment où elle aurait pu retourner en avion dans son pays. Après 37 semaines de grossesse, aucune compagnie aérienne ne voulait l'accepter à bord. Elle s'est donc résignée à accoucher au Québec bien qu'elle n'était pas couverte par l'assurance-maladie et de toute assurance privée pour ce type d'intervention. 

D'ailleurs, elle s'est butée à une fonctionnaire qui lui exigeait de fournir un dépôt minimum de 4400 $ à l'hôpital de Saint-Georges. La facture totale s'élevait à près de 6000 $ selon la mère endeuillée. «Elle m'a dit que, sans ce dépôt, c'était impossible de voir un médecin. Je n'avais pas l'argent. C'est à cause d'elle que j'ai commencé à stresser. Je me suis mise à chercher un endroit pour accoucher sur Internet», partage Mme Dufresne. 

Avec l'aide d'un médecin beauceron, elle en a trouvé un à Trois-Rivières, mais son bébé semblait trop gros. Elle devait plutôt se rendre à Sherbrooke, où l'on aurait pu l'accompagner dans la naissance de sa petite Emy. Cependant, le stress engendré en fin de grossesse a déclenché le travail 10 jours plus tôt que prévu. «Cette nuit-là, je n'ai pas pu aller à l'hôpital», affirme-t-elle. Mme Dufresne constate qu'elle n'a pas rencontré les bonnes personnes au bon moment de sa grossesse, ce qui a coûté la vie à son enfant.

Cette histoire a toutefois touché l'entreprise Harmonia Beauce et la Fabrique de l'Assomption à Saint-Georges. Elles ont accepté avec toute humilité et dignité d'offrir gratuitement les services de funérailles et de cérémonie religieuse à cette dernière. «C'était la moindre des choses», admet l'adjoint au directeur de funérailles chez Harmonia Beauce, Gervais Gilbert.

Le consulat n'était pas au courant

Le Consulat général de la République d'Haïti à Montréal n'était pas au courant de l'histoire de Marie-Suzie Dufresne. De hauts responsables se devaient d'entrer en contact avec cette dernière pour lui offrir leur aide. Le responsable des communications du consulat était plus que surpris d'apprendre qu'elle n'a pu accoucher de son enfant à l’hôpital.

En manchette

Exclusif: une Haïtienne perd son bébé en Beauce

Publié le 29 décembre 2015

Marie-Suzie Dufresne.

©TC Media - Jean-François Fecteau


SAINT-GEORGES. Un séjour en Beauce a vite tourné au cauchemar pour une Haïtienne de 31 ans, Marie-Suzie Dufresne. Une complication de sa grossesse et une incapacité de payer les frais hospitaliers au Québec ont contribué à la mort de sa fillette le 8 décembre dernier.

L'enfant de Mme Dufresne est mort-né en raison d'un problème avec le cordon ombilical lors de l'accouchement survenu dans un appartement de la 119e Rue, à Saint-Georges, en Beauce. Le médecin s'est présenté à son domicile, mais il était malheureusement trop tard. 

Dévastée, elle ignore ce qu'il adviendra d'elle et quand elle retournera dans son pays d'origine. «C'était toute ma fortune et toute ma vie. Je ne sais plus quoi faire. C'était mon premier bébé», a raconté Mme Dufresne lors d'une entrevue exclusive avec TC Media Nouvelles. 

Elle ne voulait pas accoucher au Québec

Arrivée au Québec le 7 octobre dernier, Mme Dufresne était de passage en Beauce pour voir des amis et acheter différents produits pour son futur enfant. Cependant, la grossesse de cette dernière s'est compliquée au moment où elle aurait pu retourner en avion dans son pays. Après 37 semaines de grossesse, aucune compagnie aérienne ne voulait l'accepter à bord. Elle s'est donc résignée à accoucher au Québec bien qu'elle n'était pas couverte par l'assurance-maladie et de toute assurance privée pour ce type d'intervention. 

D'ailleurs, elle s'est butée à une fonctionnaire qui lui exigeait de fournir un dépôt minimum de 4400 $ à l'hôpital de Saint-Georges. La facture totale s'élevait à près de 6000 $ selon la mère endeuillée. «Elle m'a dit que, sans ce dépôt, c'était impossible de voir un médecin. Je n'avais pas l'argent. C'est à cause d'elle que j'ai commencé à stresser. Je me suis mise à chercher un endroit pour accoucher sur Internet», partage Mme Dufresne. 

Avec l'aide d'un médecin beauceron, elle en a trouvé un à Trois-Rivières, mais son bébé semblait trop gros. Elle devait plutôt se rendre à Sherbrooke, où l'on aurait pu l'accompagner dans la naissance de sa petite Emy. Cependant, le stress engendré en fin de grossesse a déclenché le travail 10 jours plus tôt que prévu. «Cette nuit-là, je n'ai pas pu aller à l'hôpital», affirme-t-elle. Mme Dufresne constate qu'elle n'a pas rencontré les bonnes personnes au bon moment de sa grossesse, ce qui a coûté la vie à son enfant.

Cette histoire a toutefois touché l'entreprise Harmonia Beauce et la Fabrique de l'Assomption à Saint-Georges. Elles ont accepté avec toute humilité et dignité d'offrir gratuitement les services de funérailles et de cérémonie religieuse à cette dernière. «C'était la moindre des choses», admet l'adjoint au directeur de funérailles chez Harmonia Beauce, Gervais Gilbert.

Le consulat n'était pas au courant

Le Consulat général de la République d'Haïti à Montréal n'était pas au courant de l'histoire de Marie-Suzie Dufresne. De hauts responsables se devaient d'entrer en contact avec cette dernière pour lui offrir leur aide. Le responsable des communications du consulat était plus que surpris d'apprendre qu'elle n'a pu accoucher de son enfant à l’hôpital.