Réfugiés: les Canadiens se montrent généreux

Publié le 26 décembre 2015

Jusqu'ici, un peu plus de 1100 Syriens sont arrivés au pays, sur un objectif gouvernemental de 10 000 d'ici la fin de l'année.

©La Presse Canadienne

HALIFAX. En signant un chèque pour une famille de réfugiés syriens, Gabrielle Horne a ressenti un lien puissant avec ses propres grands-parents.

Cette cardiologue de Halifax fait partie des milliers de Canadiens qui ont versé de l’argent cet automne pour permettre à des réfugiés parrainés par le secteur privé de quitter les camps surpeuplés du Proche-Orient pour se réinstaller au Canada.

Alors qu’elle lisait les informations et regardait les images montrant des milliers de Syriens tentant de gagner l’Europe, elle a eu une pensée pour ses grands-parents maternels, Aaron Belenkie et Rose Friberg.

«Mes grands-parents sont venus au Canda dans les années 1920 en provenance de ce qui était alors l’Union soviétique, alors je connais très bien l’importance de fournir un refuge aux gens qui vivent des situations désespérées», affirme-t-elle.

Ses grands-parents se sont rencontrés à Montréal. Ils se sont mariés, ont ouvert leur entreprise et ont élevé leurs enfants. Mais ils ne parlaient jamais de leur peine de vivre loin de leurs proches et des difficultés qu’ils ont dû traverser pour arriver au Canada après avoir été persécutés parce qu’ils étaient juifs. C’était trop douloureux, croit Mme Horne.

Lorsqu’elle a entendu parler d’un groupe de soutien aux réfugiés à Hubbards, en Nouvelle-Écosse, la cardiologue a contacté les responsables pour leur offrir un chèque de 2000$.

«J’ai apprécié cette occasion de réfléchir à la signification de l’accueil des réfugiés au Canada. Alors ce chèque ne m’a pas fait mal. J’ai senti que c’était un geste personnel.»

Pour parrainer des réfugiés sur une base privée, le gouvernement exige que les groupes fournissent 30 000$ pour accueillir une petite famille. Mais plusieurs groupes ont récolté beaucoup plus d’argent, estimant que ce ne serait pas suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille de cinq personnes durant un an.

L’organisation à laquelle Mme Horne a fait un don a commencé à se former sur le parvis d’une église de cette petite communauté du sud de la Nouvelle-Écosse, avec l’objectif de parrainer une famille. Des dons ont été récoltés par le biais de repas communautaires et de spectacles artistiques, entre autres.

Susy MacGillivray, de l’organisation Bay Refugee Project, a indiqué que des dons de 1000$, 2000$ et 5000$ avaient afflué, permettant au groupe de dépasser ses objectifs initiaux.

«Nous avons récolté suffisamment d’argent pour aider deux familles, et nous allons peut-être en avoir assez pour une troisième. Nous détournons maintenant nos efforts de la collecte de fonds pour nous concentrer sur l’installation (des réfugiés)», a-t-elle expliqué par courriel.

«Néanmoins, plusieurs autres groupes n’en sont pas au même point que nous dans leur collecte de fonds.»

Les motivations des citoyens qui font des dons sont variées, mais pour plusieurs, les difficultés vécues par les réfugiés syriens reflètent celles des autres réfugiés qui les ont précédés.

Jack et Nancy Jefferson, deux retraités qui vivent à Vancouver, ont fait le premier don privé au Bay Refugee Project. Le couple a donné 800$ après avoir lu un article sur le groupe alors qu’ils étaient de passage en Nouvelle-Écosse pour rendre visite à leur fille.

«La guerre a changé la vie des Syriens et changé la vie de leurs enfants. (...) Ce sont des gens qui n’ont aucun endroit où aller et ils sont désespérés, explique Jack. Je voulais faire quelque chose pour les sortir de là et leur donner quelque chose de plus heureux.»

En signant un chèque, «on se sent un peu moins impuissant», affirme-t-il.

Le gouvernement fédéral a indiqué que 10 000 des 25 000 réfugiés syriens attendus au Canada d’ici la fin du mois de février seraient parrainés sur une base privée.

Lors d’une conférence de presse mercredi, le ministre fédéral de l’Immigration, John McCallum, a déclaré que de grandes entreprises comme le Canadien National, la Banque royale du Canada et la Banque Scotia avaient donné 8,5 M$ pour les réfugiés, et que plusieurs autres entreprises contribuaient aussi.

«Nous avons une entreprise anonyme qui vient de promettre un don de 2 M$, mais qui ne veut pas que son nom soit rendu public», a-t-il dit.

Le ministre a également noté que Khalid Usman, un membre influent de la communauté musulmane de la région de Toronto, avait organisé une collecte de fonds ayant permis d’amasser 1 M$, tandis que les mosquées de la région ont récolté 2 M$.

«Nous avons aussi de jeunes enfants à travers le pays qui se sont engagés à tricoter 25 000 tuques pour les réfugiés. Cela a commencé au Québec, mais s’est répandu dans tout le pays», a ajouté M. McCallum.

La Presse Canadienne

En manchette

Projet de loi sur les activités funéraires: encore du chemin à faire

RITES FUNÉRAIRES. Depuis les années 1970, la popularité de l’incinération est montée en flèche. Aujourd’hui, près de 70% des Québécois choisiront de finir dans une urne plutôt que dans un cercueil. Pour encadrer ces pratiques changeantes, Québec a adopté en février le projet de loi 66 sur les activités funéraires, globalement bien accueilli par les thanatologues de la région.

De la force physique pour financer la lutte contre le cancer

PHILANTHROPIE. Pour que Leucan Montérégie puisse poursuivre sa mission de soutien et de recherche en matière de cancer, une compétition hors du commun vient d'être lancée: le Défi des Tout-Puissants Leucan. Le 18 septembre, des équipes devront démontrer leur force physique en tirant des poids lourds! Les porte-paroles de l'événement sont l'homme fort Hugo Girard et le combattant d'un cancer âgé de 5 ans, Louis-David Lessard.

Réfugiés: les Canadiens se montrent généreux

Publié le 26 décembre 2015

Jusqu'ici, un peu plus de 1100 Syriens sont arrivés au pays, sur un objectif gouvernemental de 10 000 d'ici la fin de l'année.

©La Presse Canadienne


HALIFAX. En signant un chèque pour une famille de réfugiés syriens, Gabrielle Horne a ressenti un lien puissant avec ses propres grands-parents.

Cette cardiologue de Halifax fait partie des milliers de Canadiens qui ont versé de l’argent cet automne pour permettre à des réfugiés parrainés par le secteur privé de quitter les camps surpeuplés du Proche-Orient pour se réinstaller au Canada.

Alors qu’elle lisait les informations et regardait les images montrant des milliers de Syriens tentant de gagner l’Europe, elle a eu une pensée pour ses grands-parents maternels, Aaron Belenkie et Rose Friberg.

«Mes grands-parents sont venus au Canda dans les années 1920 en provenance de ce qui était alors l’Union soviétique, alors je connais très bien l’importance de fournir un refuge aux gens qui vivent des situations désespérées», affirme-t-elle.

Ses grands-parents se sont rencontrés à Montréal. Ils se sont mariés, ont ouvert leur entreprise et ont élevé leurs enfants. Mais ils ne parlaient jamais de leur peine de vivre loin de leurs proches et des difficultés qu’ils ont dû traverser pour arriver au Canada après avoir été persécutés parce qu’ils étaient juifs. C’était trop douloureux, croit Mme Horne.

Lorsqu’elle a entendu parler d’un groupe de soutien aux réfugiés à Hubbards, en Nouvelle-Écosse, la cardiologue a contacté les responsables pour leur offrir un chèque de 2000$.

«J’ai apprécié cette occasion de réfléchir à la signification de l’accueil des réfugiés au Canada. Alors ce chèque ne m’a pas fait mal. J’ai senti que c’était un geste personnel.»

Pour parrainer des réfugiés sur une base privée, le gouvernement exige que les groupes fournissent 30 000$ pour accueillir une petite famille. Mais plusieurs groupes ont récolté beaucoup plus d’argent, estimant que ce ne serait pas suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille de cinq personnes durant un an.

L’organisation à laquelle Mme Horne a fait un don a commencé à se former sur le parvis d’une église de cette petite communauté du sud de la Nouvelle-Écosse, avec l’objectif de parrainer une famille. Des dons ont été récoltés par le biais de repas communautaires et de spectacles artistiques, entre autres.

Susy MacGillivray, de l’organisation Bay Refugee Project, a indiqué que des dons de 1000$, 2000$ et 5000$ avaient afflué, permettant au groupe de dépasser ses objectifs initiaux.

«Nous avons récolté suffisamment d’argent pour aider deux familles, et nous allons peut-être en avoir assez pour une troisième. Nous détournons maintenant nos efforts de la collecte de fonds pour nous concentrer sur l’installation (des réfugiés)», a-t-elle expliqué par courriel.

«Néanmoins, plusieurs autres groupes n’en sont pas au même point que nous dans leur collecte de fonds.»

Les motivations des citoyens qui font des dons sont variées, mais pour plusieurs, les difficultés vécues par les réfugiés syriens reflètent celles des autres réfugiés qui les ont précédés.

Jack et Nancy Jefferson, deux retraités qui vivent à Vancouver, ont fait le premier don privé au Bay Refugee Project. Le couple a donné 800$ après avoir lu un article sur le groupe alors qu’ils étaient de passage en Nouvelle-Écosse pour rendre visite à leur fille.

«La guerre a changé la vie des Syriens et changé la vie de leurs enfants. (...) Ce sont des gens qui n’ont aucun endroit où aller et ils sont désespérés, explique Jack. Je voulais faire quelque chose pour les sortir de là et leur donner quelque chose de plus heureux.»

En signant un chèque, «on se sent un peu moins impuissant», affirme-t-il.

Le gouvernement fédéral a indiqué que 10 000 des 25 000 réfugiés syriens attendus au Canada d’ici la fin du mois de février seraient parrainés sur une base privée.

Lors d’une conférence de presse mercredi, le ministre fédéral de l’Immigration, John McCallum, a déclaré que de grandes entreprises comme le Canadien National, la Banque royale du Canada et la Banque Scotia avaient donné 8,5 M$ pour les réfugiés, et que plusieurs autres entreprises contribuaient aussi.

«Nous avons une entreprise anonyme qui vient de promettre un don de 2 M$, mais qui ne veut pas que son nom soit rendu public», a-t-il dit.

Le ministre a également noté que Khalid Usman, un membre influent de la communauté musulmane de la région de Toronto, avait organisé une collecte de fonds ayant permis d’amasser 1 M$, tandis que les mosquées de la région ont récolté 2 M$.

«Nous avons aussi de jeunes enfants à travers le pays qui se sont engagés à tricoter 25 000 tuques pour les réfugiés. Cela a commencé au Québec, mais s’est répandu dans tout le pays», a ajouté M. McCallum.

La Presse Canadienne